Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

28 septembre 2015 1 28 /09 /septembre /2015 20:09

 

 

CENTRAFRIQUE 

 

 

http://observers.france24.com/  28/09/2015

 

La capitale centrafricaine connaît un cycle de violence sans répit depuis samedi. À l’origine : la mort d’un ressortissant musulman, qui a entrainé des affrontements entre membres de milices armées. Cette situation confuse a provoqué la fuite de plusieurs habitants et des pillages d’ONG. Un enchaînement d’événements qui a surpris nos Observateurs, tant le calme semblait être revenu à Bangui ces derniers mois.


Bangui a connu 48 heures très agitées, qui rappellent que le pays reste dans une longue transition politique encore inachevée. Les violences ont débuté samedi avec la mort d’un conducteur de taxi-moto de confession musulmane, tué dans des circonstances encore floues. Cette mort a entraîné des représailles dans certains quartiers, faisant au moins 35 morts et une centaine de blessés. En réponse, le gouvernement a décrété samedi soir un cessez-le-feu provisoire. 

 

Un nouvel épisode a eu lieu dans la nuit de dimanche à lundi. Profitant du désordre ambiant, des hommes armés ont tenté d’attaquer la gendarmerie et le siège de la radio nationale. L’opération a échoué et cinq des assaillants ont été tués. Un acte a été décrit comme une "tentative de coup d’État" par des proches de la présidence. Selon le ministre de la Sécurité publique, joint par le correspondant de France 24 à Bangui Anthony Fouchard, deux des assaillants appartenaient aux Forces armées centrafricaines (FACA). Des soldats décriés car considérés comme politisés et impliqués dans des coups d'État qui ont porté des chefs militaires centrafricains au pouvoir. Une réforme des FACA a d'ailleurs été plusieurs fois évoquée.


Pour autant, hier, de nombreux manifestants de la société civile ont appelé au retour des FACA et au départ des forces internationales en manifestant à Bangui. 

 

Les violences ont entraîné la fuite de très nombreuses personnes, comme on peut le voir dans la vidéo ci-dessus. Marcel Ngonzila, agent commercial dans la téléphonie, a filmé l’exode des habitants du quartier Gbakondjia dimanche après-midi.

Ce sont des images qu’on espérait ne plus voir à Bangui. L’enchaînement des événements est très surprenant, surtout parce que cela faisait des mois qu’il n’y avait plus eu de violences. La fête de Tabaski s’était déroulée sans aucun problème, elle avait pour la première fois depuis 2013 été décrétée "jour férié" par les autorités de la transition. 

Ces derniers mois, les initiatives inter-religieuses se multipliaient. Ici, on a le sentiment que les anciens mouvements à l’origine de la crise en Centrafrique [les anti-balaka et les Seleka, NDLR] attendaient un incident, même isolé, pour créer le désordre. Bangui retombe dans ses travers et nous risquons de devoir repartir de zéro une nouvelle fois.


Profitant du désordre et de l’absence des personnels évacués dans la soirée, d’autres hommes armés ont attaqué et pillé les bureaux de nombreuses ONG comme la Croix-Rouge, War Child ou Première Urgence. Ce matin, des civils leur ont emboités le pas, volant les derniers objets encore sur place.

 

Dans la nuit de dimanche, et tôt lundi, des civils ont pillé la base de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Beaucoup de matériel destinés aux travaux de voirie, comme des planches en bois, des bidons ou encore des bottes ont été volés. Ces pillages ont été très bien organisés hier, par des personnes qui avaient décidé de viser des organisations humanitaires, peut-être pour forcer leur départ. Ce matin, les pillages étaient plus spontanés et tous azimuts. Pour moi, c’est de la bêtise. C’est le recommencement d’une même situation, comme si les Centrafricains, en particulier les civils qui profitent de la situation, n’avaient rien appris du passé récent.

Tout porte à croire que les assaillants visent les symboles de l’Occident, avec en tête les associations humanitaires. Des symboles de la réconciliation, pilier du gouvernement de transition, ont aussi été attaqués : la mosquée de Lakouanga, détruite en mai 2014, était en cours de reconstruction grâce à des chrétiens et des musulmans qui travaillaient ensemble, a de nouveau été détruite ce matin.


La Centrafrique et sa capitale Bangui en particulier sont en proie depuis 2013 a une instabilité chronique. Le pays a connu des massacres de masse entre communautés chrétiennes et musulmanes entre 2013 et 2014, faisant au moins 3 000 morts et plus de 1 million de déplacés. Des élections présidentielles et législatives doivent en principe être organisées avant la fin 2015, mais les opérations de recensement n’ont toujours pas pu être achevées.

Violences, pillages et exode de population : "Bangui retombe dans ses travers" (France 24)

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com