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26 septembre 2015 6 26 /09 /septembre /2015 22:27

 

 

 

(RFI ) 26/09/15

 

Le général Ali Darass, chef de l'Union pour la paix en Centrafrique (UPC), une branche de l'ex-coalition Seleka, a répondu dans son fief de Bambari aux questions de RFI sur le désarmement, les élections et les affrontements du mois dernier.

 

RFI : L'UPC a signé les accords de DDR (désarmement, démobilisation, réinsertion) ou en est le processus ?

 

Général Ali Darass : L'UPC a signé, c'est vrai. De notre côté, nous avons avancé énormément dans ce processus. Nos avons prouvé notre bonne volonté, notamment avec la libération des enfants soldats en mai dernier. Aujourd'hui, je vous garantis que nous avons des hommes chargés du suivi du DDR. En interne, nous avons aussi des hommes qui sensibilisent aussi nos éléments à la nécessité de ce processus.

 

Le 20 août et les jours qui ont suivi, il y a eu des affrontements entre la population musulmane et la population chrétienne. L'UPC et les anti-balaka se sont aussi affrontés. Est-ce que cet événement a entravé le processus de désarmement ?

 

C'est vrai, il y a eu quelques difficultés après les événements. Aujourd’hui, on se rend compte que les anti-balaka ne respectent pas ce qu'ils ont signé, mais ce n'est pas la première fois. Mais ça n'empêche pas notre détermination à rester dans le processus pour que la paix revienne.

 

Mais les deux partis ont été impliqués dans les affrontements. L'UPC a progressé très loin et repris des positions que n'aviez plus depuis des mois ?

 

L'UPC agit toujours en légitime défense. On sécurise tout le monde sans distinction de race ni d'ethnie. Ce sont les anti-balaka qui n'ont pas respecté ça et qui sont venus nous tirer dessus sur nos bases alors qu'il y avait déjà des violences entre les communautés civiles. Je dis bien civiles. Nous avons riposté et chassé les anti-balaka et établi un poste avancé pour éviter que cela ne se reproduise. Les casques bleus nous ont demandé de retirer nos hommes après une semaine et demie. On a obéi.

 

Quels sont les préalables, les conditions que vous posez au DDR ?

 

Il y a des difficultés. Le DDR, c'est d'abord un processus politique. Plusieurs groupes armés ne respectent pas les accords signés. Le gouvernement a traîné. Le comité de suivi a été mis en place tardivement. Pour l'instant, on est au stade du pré-DDR. Rien n'est fait. Que voulez-vous qu'on fasse de plus ? On est dans le processus, on est engagé en faveur de ça. Mais avant tout le désarmement, il faut que la sécurité revienne. C'est l'unique préalable.

 

Le chargé d'affaires américain David Brown a demandé votre arrestation. Vous avez eu écho de cela ? Y a-t’il eu des réactions sur le terrain ?

 

J'en ai entendu parler oui. Je pense que le chargé d'affaires est sous-informé. Il n'a aucune connaissance du bienfait de l'UPC pour la sécurité de la population de Bambari. Il y a beaucoup de rumeurs, c'est le mal centrafricain. Il voit ce qu'on raconte dans les médias, surtout nationaux. Un responsable comme lui ferait bien d'avoir les informations exactes sur les actions de l'UPC.

 

Après les affrontements, Hervé Ladsous, le secrétaire général chargé des opérations de maintien de la paix pour les Nations unies, a décrété l'instauration d'une zone sans armes entre le PK0 et le PK12. C'est à dire du centre-ville jusqu'à l'aérodrome. Que pensez-vous de cette mesure ?

 

Lorsque la décision a été prise d'établir la zone sans armes, on a été informé par la Minusca. On a demandé à nos hommes de respecter cette zone.

 

La Minusca estime que le PK0 se situe au niveau de la gare routière, mais on voit vos éléments armés qui circulent devant les casques bleus à cet endroit sans aucun problème...

 

Pour nous, le PK0 c'est au niveau de la cour d'appel, plus haut on est déjà sorti de la zone. Nous, on s'aventure rarement avec nos armes sur cette zone. Il y a quelque temps déjà que nos éléments n'y vont plus, la zone regorge de braqueurs anti-balaka. L'UPC ne s'aventure plus là-bas.

 

Le décret qui vous nommait commandant de la 5e région militaire et qui vous protégeait en quelque sorte a été rapporté par le gouvernement de transition. Qu'en est-il aujourd'hui ?

 

J'ai été nommé ici par l'ancien président Djotodia comme commandant de la 5e région militaire. Il y a toujours eu un manque de volonté de la part du gouvernement de transition. Catherine Samba-Panza n'a jamais amorcé le dialogue avec nous à ce sujet. Même si le décret a été rapporté, ça ne me fait ni chaud ni froid.

 

Est-ce que vous vous sentez ignoré par le gouvernement de transition ?

 

La communauté musulmane de Centrafrique est ignorée et marginalisée. On est dans une logique d'exclusion de ce que beaucoup maintenant désignent comme « étrangers »... les Peuls, les nomades, les musulmans...

 

Sur la question des élections, quelle est la position de l'UPC ?

 

L'UPC en tant que mouvement pense que les élections sont la solution vers la sortie de crise. L'UPC est en train d'aider pour qu'il y ait la tenue d'élections libres et transparentes. Ici, je crois pouvoir dire que les gens s'enregistrent librement. Quant aux délais, on n'a pas notre mot à dire, il y a des experts pour ça

 

L'UPC est indispensable pour protéger Bambari et le reste de la préfecture ?

 

La sécurité, ça dépend du peuple centrafricain. La communauté internationale est là pour aider. Il faut une prise de conscience nationale, que les gens acceptent de vivre ensemble. Nous on est là pour protéger la population.

 

Les casques bleus déployés à Bambari ne suffisent pas ?

 

On travaille avec la communauté internationale, on suit la feuille de route et on respecte leurs décisions.

 

RCA: pour le général Darass, «la communauté musulmane est ignorée»

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