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30 septembre 2015 3 30 /09 /septembre /2015 00:37

 

 

INVITÉ AFRIQUE

 

Par Christophe Boisbouvier RFI : mardi 29 septembre 2015

 

Y a-t-il un chef d'orchestre derrière les violences inter-communautaires qui ont fait plusieurs dizaines de morts ces trois derniers jours dans la capitale centrafricaine ? En ligne de Bangui, le Premier ministre centrafricain Mahamat Kamoun répond aux questions de Christophe Boisbouvier.

 

RFI : Depuis deux jours, la ville de Bangui est couverte de barricades, des milices motorisées circulent. Est-ce que vous n’avez pas perdu le contrôle de la situation ?

 

Mahamat Kamoun : La situation n’est pas totalement perdue comme vous le dites. C’est vrai que la majorité des quartiers observent le calme dans Bangui et les barricades ont été enlevées afin de permettre la reprise des activités. Cependant, nous reconnaissons qu’il y a encore des circulations de quelques milices à moto, ce que nous tentons de juguler.

 

Mais il n’empêche, dans la nuit de dimanche à lundi la Radio nationale a été attaquée non ?

 

C’était plutôt la Gendarmerie nationale qui a dû repousser une attaque d’une bande armée et qui a fait trois morts dans les rangs des assaillants, parmi lesquels il y a le tristement célèbre anti-balaka Mazimbele.

 

Vous parlez de Guy Mazimbele qui était membre de la Garde présidentielle de François Bozizé, c’est cela ?

 

Tout à fait.

 

Et ce lundi matin n’est-ce pas la radio qui a été attaquée à son tour ?

 

Non, il y a eu une marche des jeunes désœuvrés, des délinquants, avec comme objectif d’aller prendre la radio. Ils n’ont pas pu puisque les forces internationales, la Minusca, les ont repoussés. La radio est en ce moment sous contrôle du gouvernement.

 

Par ailleurs, on signale ne fusillade qui aurait fait trois morts devant la présidence de la République.

 

Non, il s’agit d’une action des forces de la Minusca pour rétablir l’ordre au centre-ville. Je ne suis pas en mesure de vous confirmer ce bilan, mais ce qui est sûr, c'est que grâce à cette action de la Minusca, la foule qui s’est amassée au Point zéro a été dispersée.

 

Et s’il n’y avait pas ces quelque 12 000 casques bleus de la Minusca et ces quelque 1 000 soldats français de la force Sangaris, est-ce que vous seriez encore Premier ministre à l’heure où nous parlons ?

 

Mais justement, c’est parce que les 12 000 casques bleus sont venus pour appuyer les autorités de la transition. Nous savons que ces forces opèrent aux côtés des forces de sécurité intérieure pour rétablir la paix et la sécurité sur toute l’étendue du territoire centrafricain.

 

Donc si vous êtes encore au pouvoir à l’heure qu’il est c’est grâce aux forces internationales ?

 

Oui, on peut le dire comme ça.

 

Et n’est-ce pas le signe que madame la présidente Samba-Panza et vous-même, vous avez peut-être perdu la confiance de la population centrafricaine ?

 

Le peuple centrafricain s’est exprimé majoritairement lors du Forum national de Bangui. Et à travers les recommandations issues de ce Forum, il était dit que les autorités de la transition doivent être maintenues en poste jusqu’aux nouvelles élections. Et donc, il est hors de question qu’une poignée d’individus puissent se lever pour remettre en cause les acquis du Forum national de Bangui.

 

Qu’est-ce qui est à l’origine de ces violences intercommunautaires depuis trois jours ?

 

Ce serait exagéré de parler de violences intercommunautaires maintenant, dans la mesure où cette recrudescence de violence relève d’un plan, d’un plan de déstabilisation orchestré par les ennemis de la paix. Si vous vous souvenez, en 2014, c’était le même schéma.

 

Dans son appel depuis New York, la présidente Catherine Samba-Panza a déclaré ce lundi : « Je condamne cette montée de la violence intercommunautaire qui replonge le pays dans l’insécurité ». Est-ce qu’il n’y a pas tout de même des violences entre communautés chrétiennes et musulmanes ?

 

Il y a eu meurtre d’un jeune musulman, un taxi-moto, et il y a eu les représailles qui s’en sont suivies et ayant coûté la vie à quelque 21 personnes, parmi lesquelles il y a certainement des chrétiens et des musulmans. Ça a pris l’allure d’une violence intercommunautaire, mais on ne peut pas aujourd’hui raisonner en termes de violence intercommunautaire.

 

Vous dites que tout cela est orchestré par des ennemis de la paix. Mais apparemment, il s’agit au départ d’un assassinat qui a déclenché un cycle de représailles. Où sont les ennemis de la paix dans tout cela ?

 

Mais justement, les auteurs de cet assassinat. Parce que c’est un plan qui a marché en octobre 2014 et qu’ils ont remis en selle : donc, aller tuer et susciter la colère de l’autre camp pour qu’il y ait des actions de représailles afin de paralyser le pays. Voilà un peu le plan de déstabilisation de la transition qui est en ce moment en cours.

 

Et ces ennemis de la paix qui sont-ils ? Des hommes politiques qui sont sur place à Bangui ou qui sont en exil à l’étranger ?

 

C’est un mélange de tout, tous ceux qui sont poursuivis pour diverses raisons par la Cour pénale internationale ou bien les instances judiciaires nationales sont exclus du jeu. Donc vous comprenez pourquoi nous assistons à ce cycle de violences.

 

Donc vous pensez à François Bozizé et Michel Djotodia, les deux anciens présidents ?

 

Ce n’est pas nécessaire de citer X ou Y, mais je pense que vous savez de qui je parle.

 

Un référendum était prévu le 4 octobre, le premier tour de la présidentielle le 18 octobre. Evidemment, tout cela n’est plus possible aujourd’hui. Quand les Centrafricains vont-ils pouvoir aller voter ?

 

Ce que je peux dire, c’est que le processus électoral a connu un retard de près de deux mois, tout simplement parce que nous avons connu quelques difficultés dans le cadre des opérations d’enregistrement des électeurs. Aujourd’hui, nous sommes presque en train de boucler cette opération d’enregistrement des électeurs et bientôt le fichier électoral sera mis sur pied. Nous travaillons, nous faisons ce que nous pouvons faire pour atteindre donc cet objectif d’organiser les élections d’ici la fin de l’année. Et au cas où il y a un glissement, ce serait un glissement maîtrisé de quelques semaines pas plus.

 

Un glissement par rapport au 31 décembre prochain ?

 

Par rapport à la fin de l’année. Un glissement qui ne saura dépasser quelques semaines.

 

Mais le mandat de madame Samba Panza ne prend-il pas fin le 31 décembre ?

 

Sur cette question, je crois que le moment venu il y aura un arrangement politique avec toutes les forces vives de la Nation.

 

M. Kamoun: pas question de remettre en cause le forum de Bangui en RCA

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