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3 septembre 2015 4 03 /09 /septembre /2015 17:55

 

 

 

03/09/15 (AFP)

 

La Centrafrique s'achemine vers un report de la présidentielle et des législatives en raison des difficultés financières et sécuritaires rencontrées par les agents du recensement électoral dans des régions toujours en proie aux violences intercommunautaires.

 

Après deux précédents reports dans un pays toujours instable, les autorités de la transition ont fixé au 18 octobre le premier tour de la présidentielle et des législatives. Auparavant, le 4 octobre, doit avoir lieu un référendum sur le projet de nouvelle constitution qui vient à peine d'être adopté dimanche par le Conseil national de transition (CNT, parlement).

 

"Le CNT estime que l'Autorité nationale des élections et le gouvernement doivent prendre leur responsabilité pour revoir le calendrier électoral, en raison des réalités évidentes constatées", a déclaré à l'AFP Alexandre-Ferdinand Nguendet, président du parlement.

 

"Nous constatons avec beaucoup d'autres que les élections ne pourront se tenir à bonne date. Le 18 octobre, il n'y aura pas d'élection (...) il y a une sorte d'instabilité et de vacance qui se pointe à l'horizon", affirme Crépin Mboli-Goumba, ancien ministre, président du parti africain pour la transformation radicale et l'indépendance des Etats.

 

Même constatation pour Aurélien-Simplice Zingas, ancien ministre, membre du parti Kélemba: "Les dates fixées ne peuvent être tenues. Le collectif des partis politiques, associations et personnalités indépendantes souhaitent qu'un consensus puisse être trouvé sur des proposition de nouvelles dates".

 

"C'est totalement irréaliste voire suicidaire, que de vouloir coûte que coûte aller aux élections le 18 octobre. Les cartes d'électeurs ne sont pas disponibles, ni les urnes", déplore Grégoire Fithy, étudiant.

 

"C'est impossible. Beaucoup de paramètres exigent encore que certaines choses soient faites pour réajuster le processus. Donc un report est tout à fait sage", confirme Jean-Marie Koyagnilo, sociologue.

 

Pour le président de l'Autorité nationale des élections, Dieudonné Kombo Yaya, qui se veut optimiste, "la dynamique des élections" est toujours d'actualité mais force est de constater les difficultés. "Le retard accusé aujourd'hui dans le processus électoral est imputable en grande partie à l'insuffisance des disponibilités financières, et d'un niveau acceptable de la sécurité dans certaines régions".

 

L'Autorité table sur des prévisions de 1,9 million à 2,1 d'électeurs potentiels, et indique qu'elle a en déjà enregistré 900.000, dont 314.000 à Bangui.

 

Elle a enregistré la grande majorité des électeurs dans le sud-est, l'ouest et le nord-ouest mais pas encore dans les régions du centre, du nord, du nord-est et de l'est.

 

Ces régions, éloignées de Bangui, sont sous la coupe de milices et de bandits. Au moins 20 personnes ont été tuées et de nombreuses blessées au cours d'affrontements intercommunautaires qui ont éclaté le 20 août à Bambari (centre), provoquant des déplacements importants de populations.

 

Il reste aussi à enregistrer les centaines de milliers de réfugiés dans les pays voisins: République démocratique du Congo, Soudan, Cameroun et Tchad.

 

- Pas de sécurité, pas d'élections -

 

"S'il n'y a pas la sécurité, on ne peut parler d'élections libres, transparentes, démocratiques. Car, comment les candidats vont battre campagne dans la situation actuelle?", interroge Michèle Sanzé, membre du CNT.

 

Autre facteur de tension dans les semaines à venir: le nombre de postulants à la présidentielle qui ne pourront se présenter car inéligibles, la Cour constitutionnelle ayant exclu des scrutins toutes les personnalités liées au régime de transition.

 

Mais, pour Arthur Moyenzou, enseignant, la "triste réalité" de son pays, classés parmi les plus pauvres au monde, surpasse la question électorale: "Les gens ne voient que les élections, mais la situation du pays est catastrophique. Non seulement nous comptons encore nos morts, mais le peuple souffre. Presque tout le monde est réduit à un seul repas par jour. Et les maladies déciment hommes, femmes et enfants".

 

Le renversement en mars 2013 du président François Bozizé par une rébellion à dominante musulmane, la Séléka, a plongé l'ex-colonie française, déjà très instable, dans sa plus grave crise depuis son indépendance en 1960, déclenchant des tueries de masse entre communautés musulmanes et chrétiennes en 2013 et 2014, dont le pays peine toujours à se relever.

 

par Christian PANIKA

 

 

RCA: vers un nouveau réaménagement du calendrier électoral

 

Par RFI 03/09/15

 

Il y aura très probablement un nouveau report des élections présidentielles et législatives ainsi que du référendum en République centrafricaine. Plusieurs membres du gouvernement l'ont confirmé, sans pour autant se prononcer sur de nouvelles échéances. Mais il reste indispensable, selon eux, de respecter le code électoral en ne dépassant par la date du 31 décembre, qui marque la fin de la période de transition.

 

Les élections vont très certainement être une nouvelle fois repoussées. Les élections présidentielle et législatives étaient fixées au 18 octobre et un référendum constitutionnel était prévu le 4 octobre prochain. Mais le gouvernement n'a toujours pas convoqué le corps électoral.

 

Le ministre de l'Administration du territoire Modibo Bachir Walidou, n'exclut pas un report des élections mais pour lui il faut impérativement respecter le code électoral et tenir l'ensemble du processus avant la fin de la transition.

 

« Les dates qui importent vraiment c’est le 31 décembre, le terme de la transition, les autres dates se font en fonction du calendrier prévu par le code électoral révisé. Il prévoit des dates incompressibles et d’autres qui sont extensibles. L’essentiel c’est qu’on tienne dans l’intervalle de temps, arrêté de façon consensuel et international, au 31 décembre. Mais il faut absolument que le code électoral soit respecté. Je crois pouvoir dire que nous tiendrons bien le coup jusqu’au 31 décembre », assure le ministre.

 

Le porte-parole du gouvernement Dominique Saïd Paguindji le confirme, sans se prononcer sur de nouvelles échéances. Il y aura bien un report des élections, mais lui aussi insiste : tout le processus sera terminé avant la fin de la période de transition.

 

« Eu égard au retard enregistré ans les opérations d’enrôlement des électeurs, il va de soi qu’il y aura un glissement du chronogramme. Toujours est-il qu’il ne pourra pas dépasser la durer de la transition qui a été repoussée exprès pour préparer les élections dans un environnement sécurisé, apaisé. L’Autorité nationale des élections est en train de se pencher sur ce nouveau chronogramme et je pense qu’il est trop tôt pour se prononcer sur les délais, sur l’écart », avance Dominique Saïd Panguindji.

 

Récemment, le président du Conseil national de transition (CNT) estimait que les dates prévues n’étaient pas « tenables ». Une position sur laquelle semble donc aussi s’aligner le gouvernement. Seule l'Autorité nationale des élections (ANE) affirme que le chronogramme est encore d'actualité. Son porte-parole, Julius Ngouadébaba, admet qu’il y a des difficultés, mais que l’ANE tente de tenir les délais.

 

« Les élections de sortie de crise s’organisent dans un contexte particulier, fait d’absence de ressources, l’absence de l’administration sur toute l’étendue du territoire, de l’insécurité malgré les efforts faits par ailleurs. C’est pour ça que nous avons dû faire les reports. Ceci dit, le dernier chronogramme rendu public par l’ANE a tenu compte de plusieurs paramètres. Il est vrai qu’on aurait peut-être besoin de beaucoup plus de temps mais ce chronogramme est là et nous travaillons à la mettre en œuvre. Et donc je pense que nous pourrons le tenir », maintient Julius Ngouadébaba.

Centrafrique: vers un report des élections en raison de l'insécurité

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