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28 septembre 2015 1 28 /09 /septembre /2015 13:08
Centrafrique: Bangui, sous haute tension, paralysée par des barricades
Centrafrique: Bangui, sous haute tension, paralysée par des barricades
Centrafrique: Bangui, sous haute tension, paralysée par des barricades

 

 

 

28/09/15 (AFP)

 

Bangui était paralysée lundi par des barricades érigées sur les principaux axes de la ville, dans un climat d'extrême tension après un week-end de violences meurtrières accompagnées de pillages.

 

La circulation était quasi-inexistante lundi matin sur les boulevards de la capitale centrafricaine. Les forces française Sangaris et de l'ONU (Minusca), toujours présentes pour tenter de stabiliser le pays après les massacres intercommunautaires de 2013-2014, étaient positionnées en différents points de Bangui.

 

En fin de matinée, plusieurs centaines de personnes étaient rassemblées non loin de la présidence, demandant notamment à la communauté internationale de "ramener la paix" en Centrafrique, a-t-on appris de source militaire.

 

Craignant, comme les chauffeurs de taxis, d'être agressés ou dévalisés, la plupart des commerçants n'ont pas ouvert leurs échoppes lundi matin à la levée du couvre-feu instauré la veille par le gouvernement de transition pour rétablir le calme.

 

Le couvre-feu n'a d'ailleurs pas été respecté, des pillages ont été signalés pendant la nuit dans divers quartiers et des tirs ont retenti à plusieurs reprises.

 

"La gendarmerie, le ministère de la Défense et la radio d'Etat ont été attaqués cette nuit par des individus armés", a indiqué à l'AFP sous couvert d'anonymat une source militaire centrafricaine. "L'attaque a été repoussée, faisant des victimes parmi les assaillants", a ajouté cette source, sans pouvoir fournir de bilan précis, ni d'identification des assaillants.

 

Dans la journée de dimanche, des barricades avaient déjà été érigées dans plusieurs quartiers de la ville par des groupes de manifestants. La plupart de ces barricades avaient été démantelées par les forces de sécurité centrafricaines qui ont fait usage de gaz lacrymogène, avant d'être réinstallées par ces manifestants.

 

- Un assassinat comme détonateur -

 

Face à cette situation, le Premier ministre Mahamat Kamoun a décidé de rétablir le couvre-feu dans la capitale. La présidente de transition, Catherine Samba Panza, se trouve actuellement à New York pour l'assemblée générale des Nations unies.

 

Un assassinat - dont les motifs ne sont pas établis - a servi de détonateur à cette nouvelle explosion de violences dont la capitale centrafricaine est coutumière depuis deux ans.

 

Selon des habitants, un conducteur de moto-taxi a été égorgé samedi matin au PK-5, ce qui a déclenché des violences dans ce quartier majoritairement musulman. Le PK-5 fut l'épicentre des massacres intercommunautaires à Bangui et il représente le dernier bastion des musulmans chassés des autres quartiers par les milices chrétiennes anti-balaka.

 

Violences et pillages de commerces, d'entrepôts et de maisons se sont ensuite étendus aux quartiers limitrophes, faisant plus de 20 morts et une centaine de blessés, selon des sources médicale et hospitalière.

 

Le renversement en mars 2013 du président François Bozizé par la rébellion Séléka a plongé l'ex-colonie française, déjà très instable et un des pays les plus miséreux au monde, dans sa plus grave crise depuis son indépendance en 1960, déclenchant des tueries de masse entre communautés musulmanes et chrétiennes en 2013 et 2014.

 

Le niveau des violences a depuis considérablement baissé, mais des groupes armés sévissent toujours dans certaines parties du territoire. De très nombreuses armes de guerre circulent dans le pays et sont régulièrement utilisées pour des actes de banditisme.

 

C'est dans ce contexte d'insécurité persistante que des élections présidentielle et législatives doivent en principe être organisée avant la fin 2015.

 

Avant ces dernières violences, un referendum sur l'adoption de la nouvelle Constitution - préalable à toute élection - était fixé au 4 octobre. Or les opérations de recensement électoral ne sont toujours pas achevées, alors que le 1er tour de la présidentielle avait été fixé au 18 octobre.

 

C'est également dans ce contexte de troubles persistants que le pape François est attendu les 29 et 30 novembre à Bangui, dernière étape d'une tournée africaine.

 

par Patrick FORT

 

 

Pillages et tirs nocturnes à Bangui malgré le couvre-feu

 

28/09/15 (AFP)

 

Des scènes de pillages de commerces et d'habitations ont eu lieu dans la nuit de dimanche à lundi à Bangui, où des tirs ont également été entendus malgré le couvre-feu décrété par le gouvernement centrafricain après les violences du week-end, a-t-on appris auprès d'habitants.

 

Aucun bilan de ces tirs n'était disponible lundi matin à Bangui où des barricades érigées par des groupes de protestataires étaient toujours visibles dans plusieurs quartiers, a constaté un correspondant de l'AFP.

 

Selon des habitants, des tirs ont notamment été entendus pendant la nuit aux abords d'une gendarmerie du centre-ville. Des bandes de pillards ont ignoré le couvre-feu instauré de dimanche 18H00 à lundi 06H00 (17H00 à 05H00 GMT) et ont attaqué des maisons et de commerces, selon les mêmes sources.

 

Dans la journée de dimanche, des barricades avaient déjà été érigées dans plusieurs quartiers de la ville par des groupes de manifestants. La plupart de ces barricades avaient été démantelées par les forces de sécurité centrafricaines avant d'être réinstallées par ces manifestants.

 

Cette vague de violences a été provoquée par l'assassinat samedi d'un conducteur de moto-taxi dans le quartier du PK-5, dans le centre de la capitale.

 

Selon des habitants, le conducteur de moto-taxi a été égorgé samedi matin, pour une raison encore inconnue, ce qui a déclenché des violences dans ce quartier majoritairement musulman qui fut l'épicentre des massacres inter-communautaires à Bangui de fin 2013 à début 2014.

 

Selon des sources médicales, ces violences ont fait samedi plus de 20 morts et une centaine de blessés.

 

Le renversement en mars 2013 du président François Bozizé par la rébellion musulmane Séléka a plongé l'ex-colonie française, un des pays les plus pauvres du monde, dans sa plus grave crise depuis son indépendance en 1960, déclenchant des tueries de masse entre communautés musulmanes et chrétiennes en 2013 et 2014.

 

Le niveau des violences a depuis considérablement baissé. Mais des groupes armés sévissent toujours dans certaines parties du territoire.

 

Des élections présidentielle et législatives sont prévues avant la fin 2015, mais l'organisation des scrutins a pris beaucoup de retard, rendant vraisemblable un nouveau report des scrutins.

 

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