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9 août 2015 7 09 /08 /août /2015 20:15

 

 

 

http://www.lagazette.sn/   par PAPE AMADOU FALL · 9 AOÛT 2015

 

Le chantier de la reconstruction et de la réhabilitation de l’école sera très difficile en Centrafrique. Le constat est de Mohamed Malick Fall, le coordonnateur de l’Unicef en Centrafrique, qui, dans cet entretien, met également l’accent sur la prise en charge des filles et des femmes.

 

La Gazette : Le processus paix et réconciliation est lancé, on peut considérer cependant que l’Unicef, en obtenant de plusieurs groupes armés qu’ils libèrent les enfants, a réussi sa partition. On parle de plus de 10 000 enfants à libérer, où en êtes-vous quelques jours après la fin du sommet de Bangui ?

 

Mohamed Malick Fall : L’accord est très important sur le plan politique, parce que les groupes se sont engagés solennellement à libérer les enfants. Auparavant, il y avait déjà des libérations d’enfants régulièrement (2800 en 2014) mais elles étaient organisées au coup par coup.

 

Cette fois l’accord a été conclu au niveau national, ce qui implique que l’on doive se préparer à de nombreuses libérations d’enfants dans les prochains mois (en tenant compte des contraintes logistiques, très compliquées en Centrafrique, et de la saison des pluies qui va rendre les conditions encore plus difficiles).

 

Le 14 mai dernier, soit à peine plus d’une semaine après la signature de cet accord, 357 enfants ont été libérés par les groupes de Bambari (Ex-sélékas et anti-balakas) ce qui constitue un premier pas. Les libérations devraient se poursuivre et s’accélérer dans les semaines et les mois à venir.

 

Au plan psychologique, ses enfants armés et ceux qui ont été des esclaves sexuels, auront-ils un traitement approprié. Quelle est la stratégie de l’Unicef ?

 

A leur sortie, les enfants sont pris en charge de façon multiforme. Ils sont confiés à des ONG partenaires de l’UNICEF, formées à ces problématiques. Ils passent des examens médicaux, reçoivent un appui psychologique. Ensuite il y a la question de la réunification familiale : certains enfants ont leurs parents près d’eux et peuvent donc rentrer chez eux en restant en lien constant avec les partenaires pour toutes les activités de « reconstruction ». D’autres sont accueillis par des familles d’accueil ou dans des centres de transit temporaires, le temps que l’on prépare la réunification familiale (il faut s’assurer que les enfants soient acceptés dans leur communauté) ; dernier cas de figure enfin, les enfants pour lesquels la recherche des familles est problématique ou compliquée (parents introuvables, grandes distances, voire famille réfugiée à l’extérieur du pays) sont accueillis dans des centres de transit qui peuvent les recevoir pour une durée plus longue.

 

Tout cela s’accompagne évidemment d’évaluation sur le niveau d’éducation et d’un accompagnement au retour à l’école, lorsque cela est possible, ou dans la recherche de solutions alternatives lorsque le retour à l’école est impossible.

 

Activités de «reconstruction» et cours de rattrapage

 

Reconstruire l’école centrafricaine ne sera pas facile, le Ministère de l’Education Nationale et de l’Enseignement Technique centrafricain a développé et adopté un plan de transition pour les années 2015 à 2017. Quel sera le rôle de l’Unicef dans la mise en œuvre de ce plan ?

 

L’UNICEF coordonne toutes les actions menées par les Partenaires techniques et financiers dans le domaine de l’Education. Le plan de transition sur trois ans a été validé en septembre dernier. L’UNICEF travaille en coordination étroite avec le Ministère de l’Education, les partenaires nationaux et internationaux, les parents, les communautés, les élèves et les enseignants.

 

L’appui consiste notamment en formation des enseignants (recrutement et formation de nouveaux enseignants, et formation pour les maîtres-parents), formation continue pour les enseignants dans des domaines comme le psychosocial, la vie en société et l’éducation à l’hygiène. Il y a également la construction de nouvelles écoles dans les endroits où il n’y en n’a pas en nombre suffisant. Notre souci est également de réhabiliter les écoles détruites pendant la crise, de leur fournir du matériel pédagogique et des fournitures scolaires. Enfin il y a l’appui au Ministère pour le suivi et l’évaluation des enseignants et l’appui en fournitures pour le Ministère et ses entités décentralisées. Nous avons prévu de soutenir les cours de rattrapage pour les enfants avant la rentrée académique 2015/2016 et concernant la transition des enfants des espaces d’enseignement temporaires aux écoles, au fur et à mesure de leur réouverture, en fonction des conditions de sécurité, un appui est prévu.

 

Quelle place sera réservée aux filles dans ce processus par rapport à leur maintien ?

 

L’UNICEF travaille en coordination étroite avec le Ministère et les partenaires pour promouvoir l’éducation des filles. L’UNICEF a soutenu des groupes de sensibilisation, organisés au niveau local, qui ont mené des campagnes actives de sensibilisation dans huit préfectures. Ces groupes sont composés des aînés, des sages de la communauté, ainsi que des leaders d’opinion qui insistent auprès de la population sur l’importance d’envoyer les filles à l’école. Une campagne est prévue en prélude à l’année académique 2015/2016, qui insistera sur l’importance de la scolarisation de tous les enfants déscolarisés, en particulier les filles. Cette campagne sera menée au travers de communications dans les médias, mais aussi de sensibilisation au niveau local. Elle consistera également en la distribution de matériel pédagogique et de fournitures scolaires. Dans le même temps, l’UNICEF soutient la mise en place de toilettes séparées dans les écoles ; en effet des études ont montré que leur absence est l’une des raisons pour lesquelles les filles les plus âgées cessent d’aller à l’école. Dans les écoles que l’UNICEF aide à construire ou à réhabiliter, des latrines non mixtes sont installées. La promotion de la parité pour le recrutement et la formation des enseignants : l’UNICEF s’efforce d’appuyer le recrutement de femmes enseignantes. Cela donne un modèle auquel les petites filles peuvent s’identifier, c’est aussi un moyen de renforcer la sécurité dans les écoles pour les filles.

 

«Que la crise centrafricaine ne devienne pas une crise oubliée»

 

La prise en charge des femmes est également préoccupante, il y a eu de nombreux cas de viols et de tortures. Que comptez-vous faire à ce niveau ?

 

La violence basée sur le genre, notamment celle faite sur les femmes, est aussi une des caractéristiques du conflit en RCA. L’UNICEF en partenariat avec le gouvernement et les ONG membres du réseau de protection travaillent sur la question. Les formes d’appui sont multiples: identification et vérification des victimes, appui psychosocial dans les centres d’écoutes, soins médicaux d’urgence, appui pour l’accès à la justice, médiation sociale pour l’acceptation et la réintégration dans les familles et les communautés.

 

Tout est urgence en Centrafrique alors qu’au plan financier, l’Etat est exsangue.

 

Est-ce que cette situation ne pourrait pas compromettre vos programmes ?

 

La recherche de financement est toujours problématique, le contexte international fait que les urgences humanitaires se multiplient dans le monde, et il est important que la crise centrafricaine ne devienne pas une crise oubliée. Les processus de libération et de réintégration des enfants associés aux groupes armés vont nécessiter des ressources additionnelles, dans un contexte financier déjà très tendu pour l’UNICEF en République Centrafricaine. A la date du 30 avril, seuls 17 million de dollars US avaient été reçus sur les 73.9 nécessaires pour les opérations de l’UNICEF en RCA cette année.

Lu pour vous : «Seuls 17 millions de dollars US reçus sur les 73,9 nécessaires pour les opérations de l’UNICEF» Mohamed Malick Fall, coordonnateur de l'Unicef en République Centrafricaine

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