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14 août 2015 5 14 /08 /août /2015 09:15
RCA: l'ONU nomme un nouveau chef à la tête de la Minusca

 

 

Centrafrique : les casques bleus en accusation

 

Par Christophe Châtelot   Le Monde.fr • 


Moins de quatre mois après la révélation de graves accusations mettant en cause des casques bleus français, les forces de maintien de la paix déployées en République centrafricaine sont à nouveau au centre d’un scandale portant gravement atteinte à leur image et à leur fonction dans ce pays toujours meurtri.

 

Dans le cas présent, les soupçons de viol d’une fillette de 12 ans ainsi que « deux homicides aveugles », révélés par une organisation de défense des droits de l’homme, semblent suffisamment sérieuses pour avoir poussé le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, à relever de ses fonctions son représentant spécial en République centrafricaine (RCA), deux jours seulement après la publication de l’enquête d’Amnesty International.

 

« Le tourment et la honte »

 

Rompant avec son langage diplomatique habituel, le Sud-Coréen Ban Ki-moon a ainsi laissé poindre son exaspération. « Il m’est impossible de mettre en mot la colère, le tourment et la honte que je ressens après ces accusations, récurrentes au fil des années, d’exploitation sexuelle et d’abus commis par des forces onusiennes (…). Je ne tolérerai aucun agissement de ceux qui remplacent la confiance par la peur (…). Trop, c’est trop », a martelé le secrétaire général. Sous pression, le chef de la mission de l’ONU en Centrafrique (Minusca) a démissionné, mercredi 12 août.

 

Le diplomate sénégalais, Babacar Gaye, 64 ans, « a remis sa démission à ma demande », a déclaré Ban Ki-moon. M. Gaye a lui-même corroboré ces propos, affirmant à la chaîne de télévision France 24 que son départ représentait « la réponse à une attitude qui est tout simplement inacceptable de la part de soldats venus défendre un peuple et le protéger ». Il a été remplacé par un Gabonais, Parfait Onanga-Anyanga.

 

Cette annonce intervient au lendemain de l’ouverture d’une enquête interne sur des accusations de viol d’une fillette et de l’homicide d’un adolescent de 16 ans et de son père, qui auraient été commis par des casques bleus camerounais et rwandais au cours d’une opération armée à Bangui, dans l’enclave musulmane du PK5. Le premier événement ce serait déroulé dans la nuit du 2 août. « Pendant une perquisition effectuée dans une maison, vers 2 heures du matin, la fillette s’était cachée dans la salle de bains. Un homme portant, semble-t-il, un casque bleu et un gilet des forces de maintien de la paix des Nations unies l’a emmenée à l’extérieur et violée derrière un camion », explique Amnesty International, qui dit avoir recueilli, « immédiatement après les faits » les dires de quinze témoins. « L’infirmière qui a examiné la fillette a relevé des éléments qui pourraient être imputables à une agression sexuelle », poursuit l’ONG.

 

A l’aube de ce 2 août, sans que les deux événements semblent liés, une patrouille de la Minusca était la cible d’une attaque alors qu’elle s’apprêtait à interpeller, dans ce même quartier du PK5, un ancien chef de l’ex-Séléka, la milice à dominante musulmane qui avait pris le pouvoir à Bangui en mars 2013, avant d’en être chassée l’année suivante. Un soldat camerounais avait alors été tué, neuf autres blessés, pris sous le feu d’armes automatiques et de lance-roquettes. C’est le lendemain de cet affrontement que le deuxième incident grave dénoncé par Amnesty s’est déroulé.

 

L’immunité des casques bleus

 

« Cela ressemblait à une opération punitive », avance un humanitaire joint sur place. Le 3 août, un contingent de la Minusca est en effet retourné dans le quartier où ils avaient essuyé des tirs la veille. « D’après des témoins, il n’y a pas eu de coups de feu en direction des soldats et ceux-ci n’ont pas été menacés (…) dans le quartier de Yambassa. Les soldats marchaient en deux colonnes, de part et d’autre de la rue, et tiraient fréquemment à mesure qu’ils avançaient », relate Amnesty. Balla Hadji (61 ans) et son fils Souleimane (16 ans) ont été tués lors de cette opération.

 

Dans une affaire séparée, la France enquête sur des allégations d’abus sexuels commis sur des enfants en RCA entre décembre 2013 et juin 2014. Ces accusations visent notamment 14 soldats français qui faisaient partie de l’opération « Sangaris » menée par la France. Celle-ci n’était pas sous le commandement des Nations unies, mais l’ONU a nommé une commission indépendante pour enquêter sur ce cas, et plus précisément sur la façon dont l’ONU a géré l’affaire, après des critiques pointant du doigt la lenteur de sa réaction sur le dossier.

 

Signe de la préoccupation des Nations unies, le secrétaire général s’est entretenu jeudi 13 août avec tous les chefs des missions de la paix présentes dans le monde. La portée de son message destiné à éviter les dérapages risque toutefois de se heurter à un problème structurel. « Les casques bleus bénéficient de l’immunité dans les pays dans lesquels ils sont déployés. Chaque contingent relève de la justice de son pays d’origine », souligne Florent Geel, de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme.

 

Entre 2008 et 2013, 480 cas d’abus ou d’exploitation sexuelle ont été recensés au sein de l’ONU, révélait, un rapport du bureau d’enquête des Nations unies publié en juin. Mais selon ses auteurs, « les rapports sexuels en échange de nourriture, d’argent ou de tout autre bien matériel », bien que « fréquents », sont « rarement signalés ».

 

La Minusca a été établie en avril 2014 pour mettre un terme aux affrontements intercommunautaires qui ravageaient la Centrafrique depuis plusieurs mois. Depuis lors, le pays est resté divisé en deux et le désarmement des milices n’a jamais vraiment eu lieu alors que les autorités de transition entendent toujours organiser des élections générales à l’automne.

 

Christophe Châtelot


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/08/14/viol-en-centrafrique-le-chef-de-la-mission-de-l-onu-limoge_4724544_3212.html#VujyQgRjySpjpPid.99

 

 

Départ de Babacar Gaye de RCA: l'heure des premiers bilans

 

Par RFI  14-08-2015 à 01:55

 

A Bangui, les réactions politiques se succèdent après la démission du général Babacar Gaye à la tête de la mission de l'ONU en République centrafricaine. Le bilan du chef de la Minusca est plutôt nuancé.

 

Au sein de la Minusca, personne ne veut s'exprimer sur le récent limogeage de Babacar Gaye. Les porte-parole de la mission onusienne sont aux abonnés absents. Un conseiller politique confie tout de même que Babacar Gaye est au siège des casques bleus où il fait ses cartons et ses adieux. Hier, il a rencontré la présidente de transition pour lui faire part de sa résignation forcée.

 

Dans la capitale centrafricaine, tous les politiques saluent unanimement l'action de Babacar Gaye à la tête de la Minusca. « Cela a permis de pacifier le pays, cela ne fait aucun doute », détaille-t-on dans l'entourage de la présidente, Catherine Samba-Panza. « C'est un personnage haut en couleur, avec une poigne de fer », témoigne un conseiller politique au sein de la Minusca qui salue la fermeté dont a fait preuve Babacar Gaye.

 

Une fermeté qui n'était pas du goût de tous. L'ancien ministre des Affaires étrangères, Toussaint Kongo-Doudou, parle d'un homme arrogant qui bousculait les autorités en place. Beaucoup de responsables politiques gardent un goût amer de l'opposition claire et nette de Babacar Gaye à la réintégration des ex-FACA, les Forces armées centrafricaines, dans l'armée nationale. « Il avait tendance à s'ingérer dans toutes les affaires du pays », s'insurge l'ex-ministre. « Mais en même temps, c'est en partie le rôle d'un représentant spécial », souligne-t-on dans l'entourage de Gaye.

 

Du côté du Conseil national de transition, on déplore le manque de communication de la Minusca. « Quand il y a des enquêtes, il n'y a pas de suivi, personne n'est tenu au courant. Alors nous, on a du mal à faire confiance ».

 

Babacar Gaye revenait de New York où il avait présenté un rapport sur la situation générale du pays au Conseil de sécurité de l'ONU et son limogeage intervient au lendemain de la visite d'Abdoulaye Bathily, le représentant spécial de Ban Ki-moon en Afrique centrale. Babacar Gaye quittera définitivement la République centrafricaine lundi.

 

 

Affaire de viols par des casques bleus en Centrafrique : l’ONU remplace le chef de la Minusca

 

http://www.france24.com/  14/08/2015

 

Après le scandale de viols présumés impliquant des casques bleus en Centrafrique, le secrétaire général de l'ONU a nommé un nouveau chef pour la Minusca. Parfait Onanga-Anyanga remplace Babacar Gaye, à qui Ban Ki-moon a demandé de démissionner.

 

Le scandale des viols présumés par des casques bleus en Centrafrique continue d’agiter les Nations Unies. Le secrétaire général, Ban Ki-moon, a dû remplacer le chef de la mission de l'ONU en Centrafrique (Minusca), Babacar Gaye. À sa place, il a nommé le Gabonais Parfait Onanga-Anyanga, ont indiqué des diplomates jeudi 14 août.

 

Ban Ki-moon a informé les membres du Conseil de sécurité de son choix lors d'une réunion à huis clos, pendant laquelle il a expliqué sa décision, sans précédent, de demander à M. Gaye sa démission. Ce départ est survenu après une série d'accusations d'abus sexuels contre des enfants commis par des casques bleus de la Minusca.

 

Une enquête a été ouverte mardi 11 août sur des accusations de viol contre une fillette et l'homicide d'un adolescent de 16 ans et de son père qui auraient été commis au cours d'une opération dans la capitale centrafricaine Bangui, début août.

 

Le nouveau chef de la mission, M. Onanga-Anyanga a récemment été l'envoyé spécial des Nations unies au Burundi. Il arrive à la tête d'une Minusca en plein scandale et qui fait face à 57 allégations de fautes, dont 11 concernant potentiellement des cas d'abus sexuels sur des enfants.

 

Ban Ki-moon a par ailleurs rappelé à l'occasion d'une visioconférence avec les envoyés spéciaux des seize missions de l'ONU qu'ils étaient "directement responsables du maintien de la bonne conduite et de la discipline au sein de leur mission", a indiqué son porte-parole Stéphane Dujarric.

 

Avec AFP

 

 

RCA: l'ONU nomme un nouveau chef à la tête de la Minusca

 

Par RFI 14-08-2015 à 06:02

 

Le secrétaire général de l'ONU a nommé Parfait Onanga-Anyanga, un Gabonais, à la tête de sa mission en Centrafrique, après la démission de Babacar Gaye suite au scandale de viols présumés par des Casques bleus. Ban Ki-moon a par ailleurs multiplié les gestes forts pour rappeler sa politique « tolérance zéro » en la matière, alors que les accusations de crimes sexuels à l'encontre des missions onusiennes sont devenues récurrentes ces dernières années.

 

Ban Ki-moon a informé les membres du Conseil de sécurité de son choix de remplacer le Sénégalais Babacar Gaye par Parfait Onanga-Anyanga lors d'une réunion à huis clos, pendant laquelle il a expliqué sa décision sans précédent de demander à Babacar Gaye sa démission. Ce départ est survenu après une série d'accusations d'abus sexuels contre des enfants commis par des Casques bleus de la mission de l'ONU en Centrafrique.

 

Parfait Onanga-Anyanga a récemment été l'envoyé spécial des Nations unies au Burundi. Il arrive à la tête d'une Minusca en plein scandale et qui fait face à 57 allégations de fautes, dont 11 concernant potentiellement des cas d'abus sexuels sur des enfants.

 

« Tolérance zéro »

 

Depuis, la révélation mardi par Amnesty International de nouvelles accusations de viol portées contre des Casques bleus en Centrafrique, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon multiplie les gestes forts : un limogeage sans précédent, une visio-conférence en urgence avec l'ensemble des chefs de mission des Nations-Unis dans le monde pour les rappeler à l'ordre, une réunion spéciale à huis clos au Conseil de sécurité...

 

Tout cela avec pour objectif de rappeler ses troupes à l'ordre et marteler son message : responsabilité et « tolérance zéro ». Il faut dire que ces dernières années, les accusations de crimes sexuels sont devenues récurrentes au point de menacer la crédibilité de l'ONU, très critiquée pour sa mauvaise gestion de ces affaires, son incapacité à prévenir ces crimes et à en punir les auteurs, et à accompagner les victimes, y compris au sein de même de l'institution.

 

Accusations récurrentes

 

Entre 2008 et 2013, 480 cas d’abus ou d’exploitations sexuelles ont été recensés au sein de l'ONU. C'est ce que révélait en juin dernier un rapport du bureau d'enquête des Nations unies. Mais selon ses auteurs « les rapports sexuels en échange de nourriture, d’argent ou de tout autre bien matériel » bien que « fréquents » sont « rarement signalés ». Autrement dit, de nombreux cas, passent au travers des mailles.

 

Autre critique : les failles dans le système de sanction. Les procédures d'investigations prennent « beaucoup trop de temps », « seize mois en moyenne » et sont le plus souvent confiées aux pays d'origine des personnels mis en cause. Ce qui entraîne selon les enquêteurs onusiens un manque « d'indépendance » et « de très grandes disparités » selon les Etats. Ils parlent même de conflit d'intérêt, estimant que « les pays contributeurs sont fortement encouragés à exonérer leur personnel pour éviter la stigmatisation ». De fait, les missions de l'ONU sont très rarement informées sur le déroulement des enquêtes et les crimes restent le plus souvent impunis.

 

Le porte-parole des Nations unies, Stéphane Dujarric a d'ailleurs rappelé les Etats membres à davantage de transparence et de fermeté. « Ils ont une énorme responsabilité », a-t-il expliqué. Face à de telles situations, Stéphane Dujarric souligne que « c’est la responsabilité des chefs de mission sur le terrain d’enquêter, de signaler au siège à New York dés qu’il y a des incidents, de s’assurer qu’il y a un suivi avec les victimes pour arrêter ces abus sexuels ». Et que la démission de Babacar Gaye est un message : « pas de complaisance, pas d’impunité ».

 

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