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2 juillet 2015 4 02 /07 /juillet /2015 12:12

 

 

 

http://www.diaspora-magazine.com   Jeudi 2 Juillet 2015 à 11:16

 

Diaspora magazine / Dans une interview accordée à Diaspora Magazine, après avoir participé au Forum national de Bangui, Eric Neris Massi, ancien Directeur Général de l’Autorité Nationale de l’Aviation Civile (ANAC) et ancien porte parole de la coordination Seleka jusqu’au 24 Mars 2013, explique les enjeux de cette rencontre historique.

 

Diaspora magazine : Bonjour monsieur. Voulez-vous vous présenter pour ceux qui ne vous connaissent pas ?


Eric Neris Massi (ENM) : Je suis Eric Neris Massi. J’ai été porte parole de la coordination Seleka jusqu’au 24 mars 2013, date de notre entrée à Bangui. J’ai été Directeur Général  de l’Autorité Nationale de l’Aviation Civile jusqu’au mois de décembre 2014 et aujourd’hui, je suis un citoyen indépendant qui essaie de se rendre utile au retour de la paix dans le pays.


Etes-vous toujours Seleka ?


La Seleka en tant que coalition, aujourd’hui, n’existe plus. Je suis toujours attaché aux objectifs qui étaient d’avoir un changement positif pour le peuple. Je suis toujours un ex-Seleka mais avant tout un citoyen centrafricain au service de son pays. C'est-à-dire que j’ai  participé au Forum de Bangui en tant que ex-Seleka citoyen, car avant de s’engager dans une lutte, on est avant tout  citoyen. Donc nous avons des droits et des devoirs.


Vous avez participé au forum. Quels ont été les enjeux de cette rencontre ?

Les enjeux étaient multiples. Je dirai que le premier enjeu était que le forum a déjà eu lieu, car il y avait beaucoup de spéculations sur le non tenu du forum et grâce à la volonté de la présidente de transition, le forum a pu se tenir. Le comité préparatoire a œuvré vraiment de manière très efficace pour permettre la tenue du forum, ce qui a permis de consolider les consultations à la base. Les travaux en commission ont permis, à mon avis,  l’aboutissement du pacte républicain à l’issue du forum qui a permis de dégager les grandes lignes, les grands chantiers  pour sortir définitivement de la crise. Donc, je pense qu’on a pu entendre pour une fois la base, ce qui était très positif. Maintenant, il y avait le DDRR dans la commission paix et sécurité, un enjeu majeur qui était de s’engager dans le désarmement, de marquer la volonté d’aller au désarmement. Je crois que tout le monde a été unanime là-dessus. Maintenant je dirais que le point faible reste le financement et, dans la commission politique, il y a eu la nécessité de constater que la tenue des élections ne pourrait pas se faire dans le délai actuel de la transition, pour des raisons d’abord techniques et pour des problèmes financiers. Tout le monde a compris que la transition devra être prolongée. Maintenant, il a été demandé le maintien des autorités et des institutions jusqu’aux élections pour éviter une instabilité institutionnelle. Je crois que c’est une décision de bon sens. Evidemment, on a vu que ce poids particulier est un consensus qui a généré des frustrations mais je crois que le sens de la responsabilité  l’a emporté sur la volonté de recommencer une nouvelle transition, c'est-à-dire de partir à zéro dans une nouvelle transition dont on ne connaîtrait pas le délai réel. Des acteurs qui nous entraineraient dans une transition encore plus lente que celle qu’on peut espérer puisqu’on attend maintenant l’organisation des élections.

Certains groupes armés, que ce soient les ex-Seleka ou les Antibalaka, sont en train de rejeter l’accord du Forum de Bangui. Vous, en tant que ex-Seleka,  qu’est ce que vous en pensez ?


J’ai la chance de connaitre les acteurs de ces groupes qui constituent l’ex-Seleka qui est d’une nouvelle tendance telle que le FPC, l’UPC de FPRC, le RPRC et Seleka rénovée.   Je connais également les acteurs de terrain, des officiers pour les avoir déjà tous rencontrés. Il est évident que sur le terrain, il faudra faire la promotion  du DDRR avec des moyens. L’objectif à atteindre étant que ce soit du côté ex-Seleka et toutes les tendances sur le terrain où du côté des Antibalaka que les routes soient libérées pour permettre la reprise économique. Le processus du DDRR est un processus long. On ne pourra pas insérer d’anciens combattants et des non combattants des groupes armés dans la vie civile sans moyen et surtout sans la reprise économique des activités économiques. Donc, je pense que la prochaine étape et l’étape primordiale à atteindre c’est de pouvoir regrouper rapidement les éléments, libérer les enfants soldats mais surtout libérer les routes pour permettre le retour  de la paix, de la confiance et de l’activité économique.


Quelles solutions envisagez-vous pour une sortie de crise ?


La solution sera toujours politique. La crise que nous connaissons aujourd’hui est née il y a bien longtemps du fait d’un divorce, je dirais d’une certaine hostilité des hommes en armes et des hommes politiques. Je les situe déjà au moment des mutineries de 96. Il faut se rappeler également que le général François Bozizé avait lui-même fait une tentative de coup d’Etat radiophonique en 1982. La crise vient du fait que les militaires et les politiques ont confondu leurs rôles et ne se sont pas faits respectés. Ça été dit au forum et c’est vraiment essentiel que si un militaire s’engage dans la vie politique, qu’il quitte une vie militaire. Il est important que nous ayons une armée républicaine et nationale repartie sur l’ensemble du territoire et  représentative de toutes les communautés.

 

Herve Serefio

 

Lu pour vous : Eric Neris Massi « Je suis un ex-seleka mais avant tout un citoyen Centrafricain au service de son pays »

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