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1 juin 2015 1 01 /06 /juin /2015 15:04

 

 

 

Puisque nous passons notre chemin, et que les nécessités nationales nous survivent,  il faut des repères à ceux qui viennent. Ces repères sont les actes que nous posons, mais surtout les leçons à tirer de ces actes.


Parmi les sujets qui habitent ma pensée, il en est un sur lequel je voudrais dire des choses définitives: la cohabitation entre les différentes composantes de la nation.


Je le fais par conviction. Plus qu'à vous, je me suis promis, en m'engageant, d'être moi-même, c'est à dire d'être authentique, au service des idées auxquelles je crois. Si, en défendant ces idées, je rencontre la ferveur populaire, tant mieux. Mais jamais je ne me permettrais de vous être complaisant. Après tout, c'est aux leaders d'opinion de montrer le chemin. Or, ces temps derniers, par lâcheté, ou peur de déplaire dans l'instant, des leaders d'opinion ont soigneusement évité les sujets qui conditionnent notre existence en tant que peuple.


Donc, la cohabitation entre les différentes communautés religieuses de notre pays.


J'ai le sentiment qu'une meilleure connaissance de  notre histoire nous aurait
permis d'éviter certains pièges que l'ignorance et les sanglantes bêtises de certains extrémistes ont exacerbées.


Un peu plus de trois siècles plutôt, des tribus s'étendant des confins du Soudan au Tchad ont été islamisées par la force. Cette islamisation s'est prolongée à l'intérieur des terres devenues centrafricaines. Et si du coté de l'Est, dans les royaumes de Bangassou, Rafai, Zemio, Obo, nos aïeux n'avaient pas stoppé  militairement ces velléités, aujourd'hui nous serions également musulmans dans cette partie de notre pays. Résultat, avant même l'arrivée des occidentaux, nous avons commercé avec l'empire ottoman, dans le respect de l'intégrité territoriale de ces royaumes, dont certains seront plus tard rabaissés au rang de sultanats après la domination occidentale.


Nous avons donc, au sein du corpus national, dès l'origine de l'Etat moderne, des compatriotes de confession musulmane.


Il convient de former davantage l'esprit national, pour une coexistence plus harmonieuse. Cette intégration dans la République passe par une acceptation mutuelle. 


 

Après avoir dit ça, il importe de préciser que la République ne saurait se transformer en un lieu de convergence de tous les criminels étrangers qui profitent de la faiblesse de l'Etat pour s'imposer, piller et violer.


La nation doit être suffisamment forte dans sa cohésion  et son expression militaire pour dissuader et éventuellement  châtier et renvoyer ceux qui n'ont rien à voir avec la République.


Après cet acquis, à consolider sans cesse, notre pays doit être accueillant vis-à-vis des étrangers qui vivent chez nous et apportent leur contribution à l'édification nationale. Aucun pays ne s'est développé durablement en s'enfermant sur lui-même. Et le Code de nationalité doit être suffisamment clair pour permettre à ceux qui désirent devenir citoyens Centrafricains, de le devenir.


Nous devons donc organiser la vie nationale en tenant compte de ces réalités.
Et toujours nous souvenir qu'aucune communauté ne peut être suffisamment forte pour dominer en permanence une autre dans un même pays. C'est d'ailleurs pour cette raison que les Irlandais, Catholiques et Protestants, ont fini par faire la paix après des décennies de massacres.


Souvenons-nous également du cas rwandais. L'immédiat après-indépendance avait été marqué par le massacre des Tutsis, dont une grande partie s'était éparpillée dans les pays voisins, et même au delà. Ils se sont organisés et sont revenus dans leur pays. Plus de dix ans après, ils sont encore au pouvoir.

  
Nous l'avons rappelé plus d'une fois: nul ne vient relever une nation qui s'abandonne  si ce n'est pour la mettre à son service. Michel Jobert l'a dit.
Les déclarations d'altruisme de certains dirigeants et membres de la communauté internationale ne trompent qu'en République Centrafricaine. Il y a au sein de ce peuple qui est mien comme une sorte d'infantilisme et de complexe d'infériorité. Ces tares sont d'abord le fait de nos élites, ombres portées qui n'existent par procuration. 


Je crois intimement que que le problème Centrafricain ne peut  être réglé que par les Centrafricains, avec l'aide sincère de certains. Pas l'inverse. 


Aujourd'hui que la Sangaris est pressée de repartir,  que nous connaissons certaines  vilenies que cette présence implique, que nous savons que la MINUSCA n'est pas éternelle  en Centrafrique, que se passera t-il quand les Centrafricains se retrouveront face à eux-mêmes, sans une armée digne de ce nom, tant les reformes militaires prennent du temps?


Faisons la paix maintenant, sans mascarade comme au forum de Bangui, en s'asseyant avec tous les acteurs concernés.



Me Crépin Mboli-Goumba

 

Président du PATRIE

REFLEXION SUR LES NECESSITES NATIONALES par Me Crépin MBOLI GOUMBA

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