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15 juin 2015 1 15 /06 /juin /2015 13:05

 

 

 

http://blog.coopi.org   9 giugno 2015 da COOPI

 

Ericsson B. « était un enfant normal », explique son grand-père, jusqu’à l’âge de deux ans quand il a souffert d’une maladie, qu’ils ont pris pour un paludisme cérébral, mais qui très probablement a été une méningite mal soignée, d’après un médecin consulté par COOPI. L’enfant a survécu mais avec des séquelles très graves. Il a gardé des lésions cérébrales et motrices irréversibles qui ont fait de lui « presqu’un bébé », précise le grand-père, la personne qui, avec sa femme, la grand-mère de l’enfant, s’occupe de lui, en l’absence des parents qui l’ont abandonné.

 

Ericsson, aujourd’hui âgé de 13 ans, est un grand handicapé : il ne peut ni parler ni marcher et souffre d’incontinence urinaire et fécale. L’adolescent ne contrôle pas ses mouvements et ses muscles sont spastiques (très rigides). Malgré tout, on dirait qu’il parvient à reconnaître son prénom et sourit souvent à son grand-père quand il l’appelle.

 

La famille d’Ericsson, étant modeste, n’a pas pu lui fournir un traitement adéquat et rapide quand il a attrapé la maladie. Après, les médecins leur ont dit que la seule chose qu’on pouvait faire pour l’enfant était de lui fournir de la réhabilitation pour améliorer sa qualité de vie. Un docteur leur a ensuite adressés au Centre de Réhabilitation pour Handicapés Moteurs (CRHAM) de Bangui, une institution fondée grâce à COOPI, où l’adolescent profite trois fois par semaine des soins d’un kinésithérapeute. Les séances de réhabilitation sont payées par le projet de Soutien à Distance (SAD) de COOPI, financé avec des fonds apportés par des particuliers en Italie: les parrains. Entre autres progrès, la réhabilitation a permis à Ericsson, souligne son grand-père, de plier ses jambes rigides pour s’asseoir, une position qu’il n’était pas capable d’adopter avant et qui lui permet de quitter le lit pendant le jour.

 

Le cas d’Ericsson n’est pas le seul d’un enfant gravement handicapé dans la salle de réhabilitation du CRHAM. Â côté de lui et de son grand père, une dame âgée d’une soixantaine d’années tient dans ses bras sa fille Ruth. On dirait une enfant, vu sa très petite taille et son corps enfantin, mais elle est âgée de 19 ans.

 

Atteinte d’une maladie difficile à déterminer, vu qu’elle en souffre depuis l’âge de 5 mois et qu’elle n’a jamais été l’objet d’un suivi médical, Ruth a gardé elle-aussi des séquelles effroyables. Comme dans le cas d’Ericsson, l’absence des moyens économiques de sa famille a empêché cette enfant de recevoir un traitement précoce qui, peut-être, aurait pu éviter ou au moins réduire la gravité de ses séquelles. Ruth, elle aussi parrainée dans le projet SAD depuis 2006, se rend au CHRAM pour des séances de réhabilitation dont le seul but est de lui rendre la vie un peu moins difficile.

 

Témoignage d’un ex-enfant associé : « Ils m’ont appris à tuer sans vaciller »

 

Le Forum de Bangui s’est clôturé avec une très bonne nouvelle : la libération de 357 enfants associés aux forces et groupes armés en Centrafrique. COOPI se félicite de cette libération, survenue grâce au travail de plaidoyer et sensibilisation d’UNICEF auprès des milices. À l’occasion, COOPI reproduit un témoignage d’un des quelques 1.000 ex-enfants associés qui ont bénéficié de nos projets de réinsertion, financés par l’UNICEF. En Centrafrique, il y a encore entre 6.000 et 10.000 enfants associés aux forces et groupes armés.

 

Voici l’histoire que cet enfant nous a raconté: « Je suis originaire d’un village du nord et, à l’âge de 15 ans, j’étais déjà le seul soutien de ma mère et de mes quatre sœurs, car notre père nous avait abandonnés quand j’étais petit pour partir avec une autre femme. Malgré mon jeune âge, j’étais l’homme de ma famille. Je gagnais notre pain en achetant des munitions à Bangui qu’après je revendais aux chasseurs de ma région. Un jour, dans un barrage de l’Armée centrafricaine (FACA), je me suis fait voler toute la marchandise par les soldats. Du coup, j’ai perdu mon moyen de subsistance et l’argent de mon oncle qui m’avait fait un prêt pour acheter les cartouches. J’étais très frustré par l’injustice dont j’avais été victime et furieux parce que les militaires avaient battu un membre de ma famille très peu de jours avant. C’est pourquoi j’ai décidé d’intégrer un groupe armé pour me venger des FACA et aussi améliorer mes conditions de vie. Mais, une fois que j’y suis entré, je me suis rendu compte tout de suite que les choses n’étaient pas comme je les avais imaginées et que j’avais fait une terrible erreur. Presque immédiatement on m’a obligé à tuer des personnes. Maintenant, je me rends compte que j’ai changé : avant de m’enrôler au groupe armé, je n’étais pas capable de tuer une mouche. L’idée de tuer une personne ne me serait jamais venue à l’esprit. Dans le groupe armé, ils m’ont appris à tuer sans vaciller ; j’étais connu parce que j’étais capable d’enfoncer un couteau dans le ventre de quelqu’un pour la moindre raison. Quand je pense à cela, je sais que j’ai fait beaucoup de mal et je le regrette du fond du cœur ».

 

Quand cet enfant, Albert (prénom modifié) est arrivé au Centre de Transit et Orientation (CTO) tenu par COOPI à Bangui en 2014 et financé par UNICEF, il était sévèrement traumatisé : il faisait des cauchemars dans lesquelles il voyait les visages de ses victimes. L’adolescent croyait qu’il s’agissait des fantômes des personnes qu’il avait été forcé de tuer qui revenaient pour se venger. Il a fait l’objet d’un suivi de la part d’un de nos psychologues qui l’aidé à faire un parcours de guérison et d’assomption de sa condition de victime en tant que mineur.

 

On lui a appris à lire et à écrire (il n’avait presque pas fréquenté l’école et était pratiquement analphabète) et on l’a formé pour gérer un petit commerce. Malgré tout ce travail, Albert a peur; peur de la violence qu’on a semée dans son cerveau. Quand il a fait ce témoignage, il a avoué que la peur de perdre le contrôle l’accompagnait toujours. C’était un des dégâts permanents que cet enfant gardera peut-être pour le reste de sa vie.

Lu pour vous : Les enfants cassés des maladies cérébrales en Centrafrique

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