Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

30 juin 2015 2 30 /06 /juin /2015 13:25

 

 

 

30/06/15 (Afrik.com)

 

En décembre dernier, l’ex-chef de guerre tchadien Mahamat Baba Laddé a été arrêté par des Casques bleus dans le nord de la Centrafrique. Il a été ensuite emmené à Bangui avant d’être transféré à N’Djamena, la capitale tchadienne. Il est accusé d’association de malfaiteurs, assassinats, vols à main armés avec violences et menaces, détention illégale d’armes, viols, incendies volontaires et rébellion. Six mois après son arrestation, Afrik.com a joint son avocat, Maître Emmanuel Ndjaha, pour faire le point.

 

Après des études à l’université du Tchad, l’avocat de Baba Laddé, Maître Emmanuel Ndjaha, a débuté sa carrière judiciaire en collaborant avec un Français qui habitait dans ce pays d’Afrique Centrale. En 2002, Emmanuel Ndjaha intègre un cabinet d’avocat où il est resté jusqu’en 2013, année du décès du propriétaire. Par la suite, il est appelé à gérer seul l’entreprise. Actuellement, l’avocat entame des démarches afin que le cabinet soit à son nom. Avocat au barreau de N’Djamena, depuis 2006, Maître Emmanuel Ndjaha a été contacté par un des parents de Baba Laddé ainsi qu’un collectif d’avocats pour prendre l’affaire en main.

 

Afrik.com : Pouvez-vous revenir sur les conditions d’arrestation de Baba Laddé en Centrafrique ?


Emmanuel Ndjaha : Baba Laddé a été nommé par le Président tchadien Idriss Déby, préfet de la Grande Sido, le 19 juillet dernier. Lors de sa mission, il a remis de l ‘ordre dans les lieux. Toutefois, un décret ministériel l’a démis de ses fonctions, quatre mois plus tard. Il a par la suite quitté la région pour se rendre à Bangui. C’est là-bas que des militaires de la mission de l’ONU en Centrafrique (MINUSCA) se sont rendus chez lui pour l’arrêter. Interpellé, il a ensuite été transféré au Tchad.

 

Afrik.com : Pour quelles raisons a-t-il été transféré à N’Djamena ?


Emmanuel Ndjaha : Baba Laddé a été extradé à la demande des autorités tchadiennes. Il a été remis aux services de sécurité du Tchad à la suite d’un mandat international émis par le pays. Nous n’avons pas le choix compte tenu des conventions signées entre le Tchad et la Centrafrique.

 

Afrik.com : Que reproche-t-on à votre client ?

 

Emmanuel Ndjaha : Baba Laddé est accusé d’association de malfaiteurs. Il aurait commis en Centrafrique des assassinats, des vols, viols ainsi que des incendies volontaires.

 

Afrik.com : Justement, pourquoi n’a-t-il pas été jugé en Centrafrique, d’autant que c’est là-bas où il aurait commis des crimes ?

 

Emmanuel Ndjaha : Compte tenu du fait que c’est un homme issu d’un autre pays, le droit prévoit qu’il soit jugé dans son pays d’origine d’autant plus que le Tchad a demandé son extradition.

 

Afrik.com : Depuis six mois, Baba Laddé est détenu. Dans quel état d’esprit se trouve votre client ?

 

Emmanuel Ndjaha : Baba Laddé a une santé fragile, il souffre d’hémorroïde. Craignant pour sa santé, j’ai saisi le juge d’instruction pour pouvoir le transférer à l’hôpital pour des soins. C’est désormais au parquet de décider s’il y a une possibilité de transfert. En attendant, il garde le moral, malgré le fait qu’il soit traqué. Je m’indigne contre cela. Il considère qu’on ne le traite pas comme il le mérite, compte tenu de son rang. Il ne jouit pas de droits normaux.

 

Afrik.com : A votre avis, pourquoi la justice tchadienne refuse-t-elle de se prononcer sur ce dossier ?

 

Emmanuel Ndjaha : Parce qu’il existe une instruction préparatoire qui doit examiner le dossier. Par ailleurs, il faut que les choses soient clarifiées. En réalité, la justice tchadienne n’a aucun élément contre Baba Laddé, le dossier est vide. Il faut du temps pour juger ce genre d’affaire. J’espère seulement que la justice sera équitable.

 

Afrik.com : Quelles sont vos voies de recours ? Qu’envisagez-vous de faire si la situation n’évolue pas ?

 

Emmanuel Ndjaha : La situation va évoluer, le délai de la justice va être respecté. Dans le cas contraire, je procéderai à la saisine d’une juridiction compétente, notamment la Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples.

 

Lu pour vous : Affaire Baba Laddé : "Le dossier est vide", selon son avocat

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com