Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

17 juin 2015 3 17 /06 /juin /2015 08:19

 

 

 

En choisissant le silence comme sa seule stratégie de défense dans les graves accusations de massacre de ses compatriotes il y a plus d’une trentaine d’années, Hissène Habré aura montré le peu de considération qu’il réserve jusqu’au bout à ses victimes, quant à la procédure de sa poursuite

 

Qui même eut cru qu’un jour le tortionnaire de N’djamena aurait à s’expliquer un jour devant la barre de la justice ! Que de salives versées ! Que d’efforts déployés pour le traîner à la barre ! Que de patience et de détermination dont ont fait preuve les avocats et les associations de la société civile tchadienne !

 

Commis dans l’exercice de ses fonctions de chef de l’Etat tchadien, les crimes dont on accuse aujourd’hui Hissène Habré devraient lui paraitre d’une extrême banalité, tant la volonté d’un règne par la violence et la brutalité l’obsédait dans le seul but de préserver son pouvoir.

 

Qu’il continue de se retrancher derrière son silence ou s’il change d’avis et se mette à parler, le procès annoncé de Dakar aura le mérite de donner la preuve pour l’histoire et à certains gouvernants qui en douteraient encore, qu’aucun crime, qu’aucune violation des droits humains ne passera plus par pure perte.

 

Le rappel de ces douloureux souvenirs pour les parents des victimes tchadiennes n’est pas sans lien avec la situation au Burkina Faso où 28 ans plutôt, Blaise Compaoré et ses acolytes ont assassiné et enterré précipitamment Thomas Sankara et 12 de ses compagnons d’infortune. Vingt-huit ans plus tard, leurs restes sont exhumés pour être soumis à des examens scientifiques pour confirmer que c’est bien d’eux qu’il s’agit et tenter de nous situer en partie sur les circonstances de leur assassinat. Blaise Compaoré et ses acolytes doivent croiser les doigts.

 

Ces deux exemples permettent d’affirmer sans risque de se tromper que le temps viendra aussi pour l’élucidation des circonstances de l’assassinat et de l’identification des bourreaux de la voix des sans voix, Floribert CHEBEYA et son chauffeur BAZANA en RDC et du colonel Charles MASSI en Centrafrique.

 

Si au Burundi quelques commis de l’Etat assènent au continent africain, voire au monde, l’exemple de courage politique en démissionnant de leurs fonctions ou en refusant d’apposer leur signature au bas d’un texte illégal qui heurte leur conviction et qui ne va pas dans le sens des intérêts du peuple, il en va tout autrement en Centrafrique. Le fac simile du document que nous publions ci-dessous où un procureur de la République naguère instrumentalisé et aux ordres d’un pouvoir exécutif prédateur, dictatorial et sanguinaire, en est la preuve patente. Or c’est bien d’un crime de sang qu’il s’agit et c’est un magistrat qui parle !

 

En prenant la lourde responsabilité de maquiller l’assassinat de Charles MASSI par une banale « présomption d’absence », l’auteur de ces arguties se rend passible de poursuites pour complicité d’assassinat au même titre que le commanditaire principal et les exécutants de ce meurtre. S’il a fallu patienter 28 ans pour Thomas SANKARA, il suffit de prendre aussi son mal en patience dans le cas de Charles MASSI. Ne dit-on pas plus prosaïquement que « quelle que soit la durée de la nuit, le soleil apparaitra ».

 

La fonction présidentielle, contrairement aux apparences, est la plus strictement cadrée par la constitution. S’imaginer que parce qu’on est Chef d’Etat on puisse tout se permettre, c’est ne rien comprendre à la plus élémentaire conception de cette fonction et de sa pratique. Faute de l’avoir compris, François BOZIZE se rend passible tôt ou tard, de poursuites judiciaires. Viendra alors le temps de la réflexion et peut-être du regret.

 

Gouverner, c’est-à-dire gérer les affaires publiques de l’Etat, se fait dans l’intérêt principal des hommes et des femmes d’un pays. Qui ne comprend pas cette maxime ne mérite pas d’exercer la fonction suprême et doit être frappé d’indignité si par le pur des accidents il y parvient. En tout état de cause, l’implacable jugement de l’histoire est là pour rappeler que la justice est aussi la même pour tout le monde et que tôt ou tard son épée s’abattra sur tous ceux qui s’imaginent qu’ils en sont hors de portée. Comprenne qui pourra !

 

Rédaction CAP

 

 

Crimes politiques en Afrique et temps judiciaire
Crimes politiques en Afrique et temps judiciaire
Crimes politiques en Afrique et temps judiciaire

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com