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4 juin 2015 4 04 /06 /juin /2015 11:50

 

 

 


Nations unies (Etats-Unis) AFP / 03 juin 2015 19h27 - Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon prévoit de mettre en place une enquête externe indépendante sur les agressions sexuelles présumées d'enfants par des soldats français et africains déployés en République centrafricaine, a indiqué son porte-parole mercredi.

Son intention avec la mise en place de cette enquête est d'assurer que les Nations unies n'abandonnent pas les victimes d'abus sexuels, particulièrement lorsqu'ils sont commis par ceux qui sont censés protéger les populations, a expliqué le porte-parole Stéphane Dujarric.

Les Nations unies ont été vivement critiquées pour leur lenteur à répondre aux allégations d'abus sexuels très graves sur des enfants, qui font actuellement l'objet d'une enquête des autorités françaises.

L'ONU a notamment été accusé d'avoir temporairement sanctionné un fonctionnaire qui avait de sa propre initiative transmis un rapport aux autorités françaises pour les alerter.

L'affaire a été révélée en avril par le quotidien britannique The Guardian sur la base d'un rapport de l'ONU contenant des témoignages d'enfants affirmant avoir été violés par des militaires français au début de l'intervention française en Centrafrique, entre décembre 2013 et juin 2014, en échange de nourriture.

La France a annoncé le mois dernier que 14 soldats français sont mis en cause dans cette affaire potentiellement désastreuse pour l'image de la France et de son armée en Afrique.

Les enfants, âgés de 8 à 13 ans, auraient également été violés par des soldats du Tchad et de Guinée équatoriale.

Pour Aids Free World, qui a publié un rapport interne de l'ONU, de hauts responsables onusiens étaient au courant des allégations de viols mais n'ont rien fait.

Il y a des procédures qui ont échoué ici, a reconnu M. Dujarric devant les journalistes. Cela n'a pas été géré comme le secrétaire général l'aurait voulu.


(©)

 

 

Viols présumés en Centrafrique : l'ONU va lancer une enquête

 

·  Alain Barluet 03/06/2015 à 20:22 04/06/15 (Le Figaro)

 

L'ONU demande une enquête indépendante sur les agressions sexuelles présumées d'enfants par des soldats français et africains déployés en République centrafricaine. Le ministre français de la Défense a, lui, donné son feu vert à la déclassification de l'enquête menée par l'armée.

 

Ban Ki-Moon va engager des investigations complémentaires après les accusations de viols d'enfants portées l'an dernier dans un rapport de l'ONU à l'encontre de soldats français et africains. Il s'agit, dans la terminologie onusienne, d'une «enquête externe indépendante», qui «ne concerne pas les faits mais la manière dont cette affaire, ainsi que d'autres informations importantes de cette nature, ont été gérées par l'Organisation». Voilà ce qu'a indiqué au Figaro le porte-parole du secrétaire-général, le Français Stéphane Dujarric, précisant que cette initiative n'aurait «pas d'impact sur l'enquête criminelle que (nous) soutenons totalement».

 

L'intention de Ban Ki-Moon, avec la mise en place de cette enquête, est «d'assurer que les Nations unies n'abandonnent pas les victimes d'abus sexuels, particulièrement lorsqu'ils sont commis par ceux qui sont censés protéger» les populations, a ajouté Stéphane Dujarric. Un rapport de l'ONU contenant des témoignages d'enfants centrafricains du camp de déplacés de M'Poko, à Bangui, était parvenu aux autorités françaises, en juillet 2014.

 

L'enquête de l'armée va être déclassifiée

 

Une pièce essentielle va être fournie à la justice dans le cadre de l'information ouverte par le parquet français, le 7 mai dernier, concernant les viols présumés d'enfants africains par des militaires français en République centrafricaine. Ainsi que l'a annoncé son entourage, ce mercredi, Jean-Yves Le Drian a donné son feu vert à la déclassification de l'enquête interne diligentée par le ministre et le chef d'état-major des armées (Cema), le général Pierre de Villiers, le 29 juillet 2014, sitôt que leur est parvenu le rapport de l'ONU.

 

«Le ministre a répondu favorablement à la demande de la justice» après «avis favorable» de la Commission consultative du secret de la défense nationale, a-t-on précisé. Selon une source judiciaire, 14 militaires français ont été mis en cause, dont trois sont identifiés, par les témoignages de six enfants de 9 à 13 ans dénonçant des faits commis entre fin 2013 et fin mai-début juin 2014, au début de l'opération Sangaris en Centrafrique.

 

Aucun enfant interrogé par la justice française

 

Dès qu'ils ont eu connaissance du rapport de l'ONU, Jean-Yves Le Drian et le général Pierre de Villiers, choisissant de ne pas communiquer publiquement sur cette affaire, ont engagé le même jour deux actions de nature distincte. En premier lieu, une démarche judiciaire, en saisissant le procureur de la République, en vertu de l'article 40-1 du Code de procédure pénale. Il s'en est suivi, dès le début du mois d'août, une enquête préliminaire, sous l'autorité du parquet de Paris, menée à Bangui par des gendarmes prévôtaux, eux-mêmes placés sous la tutelle du ministère de l'Intérieur. «Ils ont procédé à un certain nombre de vérifications», selon le parquet, mais aucun enfant, ni aucun militaire mis en cause, n'a été entendu.

 

En second lieu, le Cema a engagé simultanément une démarche de contrôle interne, sous la forme d'une enquête dont la vocation n'est pas de se substituer à la justice, mais de détecter d'éventuels dysfonctionnements. Fixé par une instruction de 2013, le but d'une enquête de commandement vise en effet à «dégager la portée réelle des faits, d'en établir les causes, les circonstances, les enchaînements (…) pour permettre au commandement de prendre les mesures correctives nécessaires…».

 

L'armée n'a pas décelé de dysfonctionnement

 

Dirigée au début du mois d'août 2014 à Bangui par l'inspecteur général des armées Patrick Lefevbre, cette enquête «n'a pas décelé de dysfonctionnement» dans la chaîne de commandement de Sangaris, selon une source militaire française. «La mission a été exécutée conformément aux ordres donnés par la hiérarchie», constate-t-on encore à l'état-major des armées où l'on s'en remet à la justice pour faire la lumière sur cette affaire aux effets potentiellement dévastateurs.

 

Une semaine après la révélation publique des viols présumés par le quotidien britannique The Guardian, le parquet de Paris a annoncé l'ouverture d'une information judiciaire, le 7 mai. C'est à ce moment-là que la justice a demandé à avoir accès à l'enquête interne de l'armée, et que le processus de déclassification a été lancé. Par ailleurs, l'auteure du rapport incriminant les soldats français n'a pu être interrogée que par écrit, son immunité garantie par l'ONU ne pouvant être levée que si elle était traduite devant un tribunal. Ses réponses, sollicitées en janvier dernier, ne seraient revenues au parquet qu'au bout de trois mois, le 29 avril, le jour même de la publication de l'article du Guardian. Or, selon le porte-parole de Ban Ki-moon, le questionnaire a été complété et retourné aux autorités françaises dès le 30 mars 2015, ce qui laisse entendre que cette pièce n'aurait cheminé que très lentement dans les arcanes de l'administration française.

 

 

L’ONU ordonne une enquête externe sur les viols en RCA

 

Par Marie Bourreau (New York, Nations unies, correspondance) et Cyril Bensimon

 

LE MONDE

 

La pression était devenue trop forte sur le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, chantre de la « tolérance zéro », qui a été contraint d’annoncer un prochain « examen externe et indépendant » pour expliquer la lenteur de son organisation à répondre aux allégations d’abus sexuels commis sur de jeunes enfants en Centrafrique. D’après des sources onusiennes, il aurait reçu le vendredi 29 mai un courriel de Barbara Tavora-Jainchill, la présidente du syndicat des employés de l’ONU, représentant 7 000 personnes au siège à New York et 20 000 sur le terrain.

 

Dans ce message, elle lui aurait demandé de faire toute la lumière sur cette affaire et de prendre les mesures disciplinaires qui s’imposent contre les responsables onusiens qui auraient failli à rendre compte de la gravité des allégations en Centrafrique. Cette demande intervenait quelques heures après un communiqué de l’ONG Aids Free World, qui avait fait fuiter le rapport de l’ONU dans le Guardian, le 29 avril, et rendait publics de nouveaux documents, courriels internes et mémorandum, censés prouver les tentatives d’étouffement de cette affaire par de hauts responsables onusiens.

 

Les quatorze soldats français visés appartenaient à la force « Sangaris » et les cinq soldats tchadiens et équato-guinéens étaient déployés par la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (Misca). « Mais l’ONU n’a pas le droit de se dédouaner de cette affaire. Nous avons une responsabilité morale », assure un employé.

 

Lorsque les premières rumeurs de crimes sexuels circulent à Bangui, au printemps 2014, c’est le bureau des droits de l’homme et l’Unicef qui mènent l’enquête. Entre mai et juin 2014, six entretiens sont réalisés auprès d’enfants victimes et de témoins qui accusent les militaires de viols aux abords du camp de déplacés de M’Poko. Le Bureau des Nations unies en Centrafrique dispose alors à Bangui d’une équipe appartenant au « mécanisme de contrôle et de rapport » des violences contre les enfants dans les conflits armés.

 

En neuf mois, ni la France, dont l’armée est accusée d’avoir commis ces crimes, ni les Nations unies, à la source de l’enquête, n’ont montré d’empressement à assumer leurs responsabilités

 

Cet organisme a été créé en 2005, et il est géré conjointement par l’Unicef et les plus hauts représentants de l’ONU dans le pays, c’est-à-dire le représentant spécial du secrétaire général en Centrafrique pour cette affaire. La procédure précise que le rapport d’enquête doit ensuite être remis à Genève à la commission des droits de l’homme, au chef du bureau de l’ONU à Bangui, au siège de l’Unicef et au secrétariat général à New York.

 

C’est là que les responsabilités se perdent dans l’organisation complexe et pyramidale des Nations unies. De sources onusiennes, le Bureau des Nations unies en Centrafrique à Bangui a reçu le rapport ainsi que le bureau de Genève. « Les spécialistes ont fait leur travail. Le fiasco a eu lieu plus haut dans les arcanes du pouvoir », assure une source à New York. « Il y a des procédures qui ont échoué ici, a reconnu Stéphane Dujarric, le porte-parole de l’ONU. Cela n’a pas été géré comme le secrétaire général l’aurait voulu. »

 

« Examen de conscience »

 

En neuf mois, ni la France, dont l’armée est accusée d’avoir commis ces crimes, ni les Nations unies, à la source de l’enquête, n’ont montré d’empressement à assumer leurs responsabilités. Du côté de l’ONU, seul Anders Kompass, le directeur des opérations de terrain pour la commission des droits de l’homme à Genève a fait l’objet d’une mesure disciplinaire pour avoir court-circuité sa hiérarchie en remettant le rapport directement aux autorités françaises en juillet 2014. « L’ONU ne pouvait pas faire l’économie de son examen de conscience sur la gestion de cette crise, assure un diplomate. Il en va de notre crédibilité sur le terrain. »

 

Côté français, selon les informations du Monde, trois des ­quatorze soldats mis en cause ont été identifiés en août 2014 par la ­Direction de la protection et de la sécurité de la défense alors qu’ils étaient toujours en mission en Centrafrique. Rapatriés, ils n’auraient pas été interrogés depuis par la justice. Le ministre de la défense a par ailleurs donné son vert à la déclassification de l’enquête interne menée début août 2014 à Bangui, en parallèle à la démarche judiciaire. Selon l’état-major des armées, celle-ci « n’a pas décelé de dysfonctionnement dans la chaîne de commandement » de « Sangaris ».

 

Marie Bourreau New York, Nations unies, correspondance


 

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/06/04/l-onu-ordonne-une-enquete-externe-sur-les-viols-en-rca_4647171_3212.html#ludlrhwteD0AzJjt.99

 

Centrafrique: l'ONU va enquêter sur les agressions sexuelles présumées sur des enfants

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