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6 mai 2015 3 06 /05 /mai /2015 00:46

 

 

 

05/05/15 (La Croix)

 

Huit chefs des principaux groupes armés de Centrafrique se sont engagés à démobiliser leurs enfants-soldats. Entre 6 000 et 10 000 enfants centrafricains sont concernés par cette mesure.

 

C’est la première grande annonce du forum de Bangui, cette réunion sur la réconciliation et l’avenir de la Centrafrique qui rassemble, depuis lundi 4 mai, les principaux acteurs du pays. Elle concerne les enfants-soldats. La quasi-totalité des groupes armés se sont engagés à relâcher ces derniers.

 

Dans ce pays déchiré par une épouvantable guerre civile depuis deux ans, l’enrôlement des enfants par ces groupes est général, aussi bien parmi la Séléka, la coalition à majorité musulmane qui s’est emparée du pouvoir en mars 2013 jusqu’à l’intervention française en décembre de cette année, que parmi les anti-balaka, ces milices d’autodéfenses constituées contre la Séléka.

 

L’accord a été négocié par l’Unicef. « C’est l’aboutissement de plus d’un an de travail avec le ministère des affaires sociales et les différents groupes armés », explique de Bangui, Donaig Le Du, la responsable de la communication de l’Unicef en RCA. « Ces groupes se sont engagés, à libérer les enfants qu’ils détiennent, à s’abstenir d’en mobiliser dans le futur et à nous donner un libre accès aux zones sous leur contrôle », précise-t-elle.

 

Entre 6 000 et 10 000 enfants-soldats

 

Rien n’a été épargné à ces mineurs, garçons et filles, estimés entre 6 000 et 10 000. Ils ont été envoyés au combat. Ils ont tenu les check-points et les barrières sur les routes afin de contrôler les passages, éliminer les indésirables et assurer la sécurité des quartiers.

 

Ils ont été transformés en tortionnaires, en bourreaux, en violeurs, en serviteurs, en cuisiniers, en espions, en esclaves sexuels. Pour Mohamed Malick Fall, représentant de l’Unicef en RCA, « ce pays est un des pires au monde pour les enfants ». 

 

Repérer, comptabiliser et enregistrer ces enfants ne sera pas une tâche facile compte tenu de leur nombre, de leur éparpillement sur un territoire aussi grand que la France et la Belgique réunies, et de la pauvreté des infrastructures pour les atteindre.

 

Pas de date de libération

 

En attendant, aucun calendrier n’a été fixé pour leur libération. « Soyons prudents, mais c’est un point de départ », a admis le porte-parole de l’Unicef à Genève, Christophe Boulierac. « Nous allons, maintenant, nous pencher sur les conditions de la démobilisation avec les groupes armés : pouvoir accéder à ces enfants, les recenser avant de les intégrer dans un programme de réinsertion », poursuit Donaig Le Du.  

 

Le programme de réinsertion compte deux volets. Médical, d’abord. Depuis deux ans, ces enfants vivent dans des conditions extrêmement précaires : ils ont vécu dans la forêt sans hygiène et sans soins. Ils doivent être examinés, soignés, accompagnés psychologiquement.

 

Ensuite, ils seront réintégrés dans leur communauté d’origine. « C’est le plus délicat, note Donaig Le Du. Ces enfants ne sont pas nécessairement les bienvenus : ils ont pu attaquer leur communauté. Il arrive que des familles ne veuillent plus les voir. Il faut du temps pour renouer des liens. »

 

Une démobilisation coûteuse

L’objectif ? Leur permettre de redevenir des enfants, de réintégrer l’école, de suivre une formation professionnelle : « tout faire pour qu’ils n’aient plus envie de rejoindre un groupe armé à la prochaine crise », précise-t-elle.

 

Depuis l’année dernière, 2 800 enfants ont été démobilisés en RCA. Le coût n’est pas négligeable pour l’Unicef. « Il faut compter 2 500 dollars par enfants (environ 2 250 €), assure Donaig Le Du. Il va falloir une vaste mobilisation de la Communauté internationale sur ce sujet. »

 

Qu’obtiennent les groupes armés en échange de cet accord ? Une amnistie  ? « Non, répond Donaig Le Du. L’engagement pris n’assure en aucun cas l’impunité à ces groupes armés. Mais une fois la démobilisation réalisée, ils pourront disparaître de la liste des groupes armés utilisant des mineurs établie par les Nations unies. »

 

L’amnistie, ces groupes l’espèrent plutôt de la nouvelle Constitution présentée et débattue cette semaine à Bangui. Si elle est adoptée en l’état, elle permettra aux auteurs de violations de droits humains d’échapper à la justice et donc de pouvoir se présenter à l’élection présidentielle prévue cet été. Une perspective qui n’a pas échappé à ces groupes armés.

 

LAURENT LARCHER

Lu pour vous vous : Accord sur la libération des enfants-soldats en Centrafrique

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