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20 mai 2015 3 20 /05 /mai /2015 23:16

 

 

 

mercredi 20 mai 2015 (Le Temps.ch) Richard Werly  

 

Le haut commandement français reconnaît que le fait d’avoir gardé le silence durant des mois sur les enquêtes en cours a sans doute été une erreur

 

Soudain, leurs visages se ferment et les mots employés le sont avec la plus grande prudence. Depuis que le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a invité, le 11 mai, les soldats qui se seraient rendus coupables de violences sexuelles sur des enfants en Centrafrique «à se dénoncer», les officiers supérieurs de la «Grande muette» savent qu’à tout moment, le pire peut remonter à la surface. Sauf que, pour l’heure, personne n’a parlé: «Il ne se passe rien, explique une source militaire de haut rang. Est-ce par solidarité de groupe ou parce que nous ne comptons pas de coupables dans nos rangs? Pour l’armée, en tout cas, plus l’épilogue de cette tragique affaire interviendra, mieux ce sera.»

 

Révélées en avril par le quotidien britannique The Guardian, les accusations portées par des enfants centrafricains mineurs contre plusieurs soldats français déployés dans leur pays, qu’ils accusent de les avoir violés lors de leur séjour dans le camp de réfugiés de Mpoko, à la périphérie de Bangui, font aujourd’hui l’objet de deux enquêtes. La première, dite «enquête de commandement», porte sur les responsabilités éventuelles de la hiérarchie militaire de l’opération Sangaris en Centrafrique, lancée début décembre 2013 et à laquelle ont déjà participé plus de 9000 soldats français. La seconde, placée sous l’autorité d’un magistrat instructeur depuis l’ouverture d’une information judiciaire contre X le 7 mai par le procureur de Paris, est diligentée par la «prévôté», c’est-à-dire par les gendarmes. Ces deux enquêtes, précisent le haut commandement français, ont été automatiquement déclenchées dès la réception du rapport de l’ONU relayant ces accusations, en juillet 2014.

 

Crédibilité de l’ONU

 

«Il est important de comprendre ce que veut dire cette ouverture automatique, poursuit cette source militaire. Nous sommes partis du principe que toute information en provenance de l’ONU est crédible. Nous n’avons donc pas cherché à revérifier les dires des uns ou des autres, comme nous l’aurions peut-être fait dans le cas d’un rapport émanant d’une organisation humanitaire.» Fait important: les militaires français justifient le fait qu’ils n’ont pas auditionné les rédacteurs dudit rapport: «D’emblée, ces informations ont été prises très au sérieux», poursuit notre source.

 

Les retards très problématiques dans la communication officielle du lancement de ces enquêtes continuent en revanche d’interroger. L’armée a-t-elle dissimulé ces informations aux autorités civiles, jusqu’à ce que les révélations du Guardian changent la donne? Ou est-ce au contraire le Ministère de la défense qui, préoccupé par la dangerosité de l’opération Sangaris (trois morts, 260 blessés) et la volatilité politique de la Centrafrique, a préféré jouer la montre en espérant que l’affaire serait finalement étouffée? Cette absence initiale de transparence, contrairement à d’autres affaires de violences survenues par exemple en Côte d’Ivoire, nourrit en tout cas les soupçons et a déjà des conséquences sur le terrain. La semaine dernière, l’un des PC de Sangaris à Bangui a été tagué d’un «soldats Français = violeurs».

Lu pour vous : L’armée française attend la vérité sur les viols en Centrafrique

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