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8 mai 2015 5 08 /05 /mai /2015 05:23

                                                         

 

   Il y a deux cent vingt six ans, le roi Louis XVI se résolvait à convoquer les Etats Généraux face à la déliquescence de l’Etat français ( déficit du trésor royal, crise économique, mauvaise collecte des impôts, incapacité de la police à sécuriser les rues etc…) . Des cahiers de doléances ont été préalablement rédigés par les trois ordres qui ont envoyé les mille cent quarante cinq députés (270 pour la noblesse, 291 pour le clergé et 584 pour le Tiers-Etat ) .

 

    Lundi dernier, 4 mai 2015, le pouvoir de Bangui est contraint de réunir lui aussi six cent délégués centrafricains eux aussi précédés des résultats des consultations populaires qui ressemblent furieusement aux cahiers de doléances français . Quatre thèmes sont retenus en RCA : Paix et Sécurité, Justice et Réconciliation, Gouvernance, Développement économique et social .  

 

     A Versailles, les représentants des deux ordres privilégiés sont accueillis avec faste et apparat, tandis que ceux du Tiers-Etat sont ignorés et relégués dans la salle des menus plaisirs . Pire, prétextant des travaux d’entretien dans la salle, les représentants du Tiers-Etat sont purement et simplement exclus . Ce traitement désinvolte provoque l’ire de ces derniers qui sont rejoints par quelques représentants du clergé et quelques nobles . Ces mécontents vont « squatter » la salle de jeu de paume . Sur proposition du député Mounier, ils prêtent le fameux serment du Jeu de paume, à savoir  « ne jamais se séparer avant d’avoir donné une Constitution à la France » . Furieux, Louis XVI envoie le marquis de Deux-Brézé pour dégager la salle et le marquis s’entend répondre par le député Bailly :

        

                « Allez dire à votre maître Monsieur, que la nation assemblée

                    n’a d’ordre à recevoir de personne » .

 

Cette réplique extraordinaire pour l’époque sera suivie par celle de Mirabeau :

 

                  « Nous sommes ici par la volonté du peuple et nous ne partirons

                      que par la force des baïonnettes » .

 

Nous n’en sommes pas là sur les bords de l’Oubangui, mais Radio Ndéké Luka nous apprend que certains délégués commencent à trouver injuste le placement sélectif au premier plan de certains candidats à l’élection présidentielle .  D’autres délégués se retrouvent dans une salle devant un écran noir alors qu’on leur avait promis autre chose . Un autre fait remarquer que tout le matériel concernant les préparatifs du Forum est confectionné au Cameroun ou soumissionné aux Camerounais …

 

    Si la période de maturation de la crise est d’environ dix ans en France, c’est depuis l’indépendance que la RCA patauge dans la sienne sans véritable perspective d’avenir démocratique . Son horizon politique reste désespérément bouché . Le Forum de Bangui, précédé de celui de Brazzaville, d’un autre à Libreville, d’un sommet à Ndjaména plus d’autres, donne l’impression que le serpent centrafricain continue de se mordre la queue dans une ronde infernale et sanglante .

 

    Alors pourquoi établir cet audacieux corollaire entre les Etats Généraux français du 5 mai 1789 et le Forum de Bangui du 4 mai 2015 ? Pour constater que « comparaison n’est pas raison » ? Ou pour rêver les yeux ouverts ? C’est selon !

 

Une chose est certaine et historiquement établie : pendant les Etats Généraux, la majorité des députés a pris conscience qu’elle est le peuple en mouvement et que rien ne peut l’arrêter . Alors qu’ils étaient partis pleins de bonnes intentions pour le « bon roi Louis XVI », cette prise de conscience politique les a transcendés pour en faire un peuple souverain, capable de prendre son destin en main . C’est ainsi qu’ils ont mis fin à l’Ancien Régime de monarchie absolue, remplacée par une monarchie constitutionnelle, puis par la première République . La société d’ordres et les privilèges sont abolis le 4 Août 1789 et les Révolutionnaires ont pondu une « Déclaration des droits de l’homme et du citoyen » . Bref, ils ont démontré que la loi est l’expression de la volonté générale et que la souveraineté réside dans le peuple . Or le peuple c’est vous, chers délégués au Forum de Bangui .              

LA SIMILITUDE DES FORMES : BANGUI 4 MAI 2015 - VERSAILLES 5 MAI 1789 par David KOULAYOM-MASSEYO

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