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18 mai 2015 1 18 /05 /mai /2015 15:11

 

 

 

Bangui (République centrafricaine), de nos envoyés spéciaux Timothée Boutry et Philippe de Poulpiquet | 18 Mai 2015, 07h46

 

Bangui : en patrouille avec les soldats français de l’opération Sangaris

 

Une carte de Bangui déployée devant lui, l'adjudant Christophe entame son briefing. « La situation générale est très calme dans le VI e arrondissement. La population est favorable à nos forces », récite le sous-officier devant la vingtaine de soldats du 1er régiment de tirailleurs d'Epinal (Vosges) qui s'apprête, en cette fin d'après-midi, à patrouiller dans le sud de la capitale à bord de trois imposants véhicules blindés du combat d'infanterie (VBCI).

 

« Des éléments antibalakas peuvent chercher à nous harceler, équipés d'armes légères et de grenades », prévient néanmoins l'adjudant. Ces derniers jours, les attaques sont moins dangereuses mais plus humiliantes : elles sont verbales.

Alors que l'orage du matin a recouvert les pistes défoncées de Bangui d'une couche de boue rouge, le convoi s'ébroue du camp M'Poko où vivent des milliers de réfugiés. Sur le bord de la route, des enfants en haillons agitent les bras et lèvent le pouce. Les premières insultes ne se font pas attendre. « Violeurs », hurle un homme lorsque le convoi traverse le quartier musulman de PK5. Goguenard, son voisin mime l'acte du coït avec ses doigts. Lunettes de soleil sur les yeux, fusil-mitrailleur à la main, le soldat chargé de surveiller l'arrière du blindé reste impassible.


Doigts d'honneur


De fait, pas vraiment de quoi s'alarmer. La mise en place de la patrouille à pied ne provoque aucune émotion particulière dans cette rue animée du quartier Fatima. L'adjudant Christophe instaure le dialogue avec les commerçants. Emeri s'épanche : « Les accusations sont graves, il faut que justice soit faite ! » Le ton reste très courtois.

Deux semaines après la révélation des accusations, c'est d'ailleurs le soulagement qui prédomine au sein du déploiement. « Avec une affaire de ce type, on pouvait craindre un embrasement, admet le colonel Cluzel. On a donc été extrêmement attentifs aux réactions. Heureusement, on n'a ressenti aucune animosité exacerbée et les sourires sont encore nombreux. » Sur le fond, l'officier ne cache pas son dégoût. « Si les faits sont avérés, il faut que les auteurs soient sanctionnés à la hauteur de leur gravité. Mais nous ressentons aussi une certaine injustice. Car si ces faits ont été commis, ils vont jeter une ombre sur le travail remarquable que les quelque 10 000 soldats qui se sont succédé ici ont effectué. »


Le soleil commence à décliner, l'odeur du feu de bois pour la préparation du repas remplace celle de la terre mouillée et le convoi poursuit son chemin. Un contact est établi avec un poste avancé des casques bleus de la Minusca, désormais largement déployés et en première ligne pour assurer la sécurité à Bangui. Sur le chemin du retour, quelques doigts d'honneur sont de sortie, mais la route s'effectue sans encombre.

Centrafrique : à Bangui, les patrouilles entre insultes et indifférence

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