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24 avril 2015 5 24 /04 /avril /2015 01:41

 

 

 

Comme tout semble porter à le croire, sauf extraordinaire, l’ex-ministre anti-balaka du tourisme, Romaric Vomitiadé, condamné à deux ans d’emprisonnement ferme et 300.000 f CFA d’amende pour viol, qui a cru devoir s’évader des geôles de la SRI pour pensant trouver refuge en RDC avant de se faire mettre la main dessus par les autorités de Kinshasa, sera vraisemblablement extradé dans les prochains jours  sinon dans les prochaines semaines puisque le ministre centrafricain en a fait la demande à son homologue congolais lequel a déclaré n’attendre que la demande formelle d’extradition.

 

Au-delà de la grave atteinte à l’image de marque de la RCA - qui n’était déjà pas très reluisante - que le feuilleton du scandale de ce ministre anti-balaka et violeur a encore occasionnée, se pose aussi et surtout une fois de plus, la problématique de l’impunité et de la chaîne pénale en Centrafrique. Si Romaric Vomitiadé a osé se faire la belle, c’est parce qu’il savait qu’en Centrafrique cela était parfaitement possible.  Par le biais d’une « permission » bidon pour raison de santé qu’il a sollicitée et obtenue une première fois du parquet, il a pu rentrer chez lui. C’est à l’issue de la seconde autorisation d’absence à lui accordée qu’il n’a plus regagné la SRI mais a directement traversé le fleuve pour se retrouver à la ville de Zongo en RDC, juste en face de Bangui, avant de se faire arrêter par les autorités de RDC pour « entrée irrégulière » sur leur territoire.

 

Que la gendarmerie et le parquet, tous les deux très embarrassés par ce énième cas d’évasion, tentent après coup de se rejeter les responsabilités ne change rien au problème. On ne peut comprendre ni admettre que des délinquants notoires, fussent -ils d’anciens ministres, déjà condamnés dans des affaires sensibles et grandement susceptibles de se soustraire de la chaîne pénale, puissent bénéficier de permissions pour des motifs en réalité fallacieux pour regagner leur domicile et en profiter pour fondre dans la nature. Sous le régime Séléka, le fameux « colonel Daz » pour Danzoumi Yalo, avait réussi à quitter le pays dans des conditions similaires alors qu’on l’avait conduit sous bonne escorte à son domicile pour prendre ses affaires avant de regagner les geôles où il était détenu.

 

Avant de devenir ministre du tourisme dans le gouvernement de transition, Romaric Vomitiadé est surtout un membre et représentant des rebelles anti-balakas, nébuleuse dont la particularité est hélas le grand banditisme, les enlèvements crapuleux de personnes, les braquages et vols des biens d’autrui ainsi que d’œuvrer inlassablement pour que notre pays demeure indéfiniment dans le désordre et l’anarchie, profitant de l’effondrement de l’autorité de l’état pour vivre de rapines de toutes sortes tout en cherchant à exister ainsi, tout en recherchant en permanence l’impunité totale. Les cas du tristement célèbre Rodrigue Ngaibona alias Andjilo et autre « Chocolat » pour ne citer que ces deux bandits qui croupissent depuis quelques mois en prison on ne sait pour combien de temps encore, sont assez édifiants.

 

Alors que la sinistrement célèbre prison de Ngaragba sous le règne de Bokassa s’était surtout distinguée par le nombre de compatriotes qui y ont perdu la vie, cette maison d’arrêt est devenue ces derniers temps une véritable passoire avec des évasions répétées de pensionnaires, les unes aussi rocambolesques que les autres. Actuellement, la présence encore en geôle de certains délinquants dangereux style Andjilo et d’autres criminels ant-balakas et Séléka n’est due qu’à l’appui des soldats de la Minusca. Qu’en sera-t-il après le départ des forces internationales ? Le choix a été porté sur la réhabilitation par la Minusca d’une cinquantaine de geôles au camp de Roux pour y garder des détenus dangereux alors que la question de la construction d’une vraie prison avec un quartier de haute sécurité en bonne et due forme se pose dorénavant avec acuité dans ce pays.

 

Le CNT vient de voter une loi créant la Cour pénale spéciale qu’aussi bien les Centrafricains que la communauté internationale appelaient de leurs vœux mais a-t-on déjà pensé à la structure pénitentiaire qui accueillera les premiers clients de cette Cour pénale spéciale qui seront, à n’en pas douter nombreux ? L’île des singes ou Bongossoua sur le fleuve Oubangui en face de la capitale pourrait abriter par exemple une telle prison répondant aux standards internationaux de nos jours et avec une capacité d’une centaine de places réservées aux premiers condamnés  de la CPS. Cela permettrait de déplacer la prison de haute sécurité du camp de Roux qui a vocation à abriter l’état-major des Faca ainsi que la résidence de standing chef de l’état qui s’y trouve que Bokassa, Kolingba et Djotodia ont occupée, à l’exception de Patassé et Bozizé.

 

Rédaction CAP

 

Problématique de la chaîne pénale et de l’impunité en RCA à la lumière du cas Romaric Vomitiadé

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