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3 avril 2015 5 03 /04 /avril /2015 11:19

 

 

MESSE CHRISMALE À LA CATHÉDRALE NOTRE DAME DE BANGUI

 

(Is 61,1-9 ; Ps 88 ; Ap 1,5-8 ; Lc 4,16-21)

 

Mercredi 1er Avril 2015

 

HOMÉLIE

 

Chers frères et soeurs dans le Christ,

 

« Que la grâce et la paix vous soient données de la part de Jésus Christ, le Témoin fidèle, le Premier-né d’entre les morts, le Souverain des rois de la terre » (Ap 1,5).

 

Selon Mgr Pierre JOUNEL, « le Pape Paul VI a voulu faire de la Messe chrismale la fête du sacerdoce : sacerdoce du Christ qui offrit son sacrifice sur l’autel de la croix et en institua le mémorial à la dernière Cène ; sacerdoce des ministres qu’il a appelés à continuer son oeuvre, les Évêques et les prêtres auxquels il a légué la mission d’annoncer l’Évangile, de conduire son peuple et de célébrer les sacrements, avec le pouvoir exclusif de célébrer son sacrifice et de remettre les péchés en son nom ; sacerdoce du peuple chrétien, chargé lui aussi, de faire connaître Jésus Christ, d’être « dans le monde un ferment de sainteté » et d’ « instaurer le Royaume de Dieu en accomplissant ses tâches temporelles ». En cette fête du Sacerdoce, la Parole de Dieu que nous venons d’écouter mentionne trois personnages qui ont reçu l’onction de l’huile sainte : 1) le Serviteur de Dieu dans la première lecture (Is 61,1-9) ; 2) le Roi David dans le Psaume (Ps 88) ; 3) Jésus de Nazareth notre Seigneur dans l’Évangile (Lc 4,16-21). L’onction de ces trois personnages fait d’eux les serviteurs des pauvres et des prisonniers, des malades et des opprimés.

 

Parmi les trois personnages qui ont été sacrés avec l’huile, Jésus est l’Envoyé de Dieu par excellence. Selon l’Évangile (Lc 4,16-21), pour son premier enseignement dans la Synagogue de Nazareth le jour du Sabbat, Jésus ne dit rien de nouveau. Ces premiers mots sont ceux du prophète Isaïe au début du chapitre 61 de son livre. Écoutons encore cette lecture officielle extraite du rouleau de la Synagogue

:

« L’Esprit du Seigneur est sur moi

parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction.

Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres,

annoncer aux prisonniers qu’ils sont libres,

et aux aveugles qu’ils verront la lumière,

apporter aux opprimés la libération,

annoncer une année de bienfaits accordée par le Seigneur ».

 

Après la lecture de l’Écriture, Jésus commente cette prophétie d’Isaïe en une seule phrase : « Cette Parole de l’Écriture que vous venez d’entendre, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit ». Cette phrase évoque l’introduction aux 10 commandements en Dt 5,1 « Écoute, Israël, les lois et les règles que je commande à tes oreilles aujourd’hui ». Le Décalogue en Dt 5,6-21 est centré sur les commandements du Sabbat et de l’honneur dû au père et à la mère. Ces deux commandements articulent la table des commandements envers Dieu qui a libéré son peuple de l’esclavage d’Egypte et la table des commandements envers le prochain qu’il faut, à l’image de Dieu, libérer de la servitude du travail le jour du Sabbat.

 

L’aujourd’hui de Jésus à Nazareth est celui du Sabbat, jour de la lecture de l’Écriture, mémorial de l’ancienne et de la nouvelle alliance. Le Sabbat rappelle la libération opérée par Dieu. Par conséquent il appelle l’homme à libérer les autres de l’esclavage, et à se soustraire soi-même à toute servitude. Dans les Évangiles, Jésus guérit souvent le jour du Sabbat pour libérer les hommes des servitudes de la maladie et de la faim, de l’esclavage du péché et de la mort, à l’image du Seigneur qui fit sortir son peuple de l’Egypte, pays de servitude.

 

L’aujourd’hui décisif de Jésus en cette Semaine Sainte est sa mort sur la croix et sa résurrection pour libérer tout homme et répandre les bienfaits de Dieu à chacun.

 

Chers frères et soeurs ? Que dire de l’aujourd’hui de Jésus en Centrafrique ? L’aujourd’hui de Jésus en Centrafrique est l’intervention de Dieu en faveur des pauvres et des opprimés, des marginalisés et des pécheurs. Cette intervention est faite par la bonne action de l’Église et celle des hommes et des femmes de bonne volonté. Pour cela, on reconnaît un bon prêtre et un bon chrétien à sa façon de servir le peuple de Dieu en touchant les réalités de sa vie quotidienne : ses peines et ses joies, ses peurs et ses espérances. Serviteurs des mystères de Dieu, prêtres et évêques partagent les mêmes ministères d’enseignement, de sanctification et de gouvernement. Lorsque le peuple ressent le parfum du Christ à travers l’évêque ou le prêtre, il n’hésite pas à lui confier ce qu’il veut dire au Père céleste : « prie pour moi, monseigneur, car je veux faire telle chose, ou j’ai tel problème…» ; « Bénis-moi mon père, car je suis malade » ; «Écoute-moi monsieur l’abbé car j’ai des choses à te confier… »  

 

Chers frères dans le sacerdoce, nous ne pouvons pas minimiser le pouvoir des grâces qui se répandent sur les fidèles lorsque nous célébrons les sacrements et annonçons la Bonne Nouvelle. Dans les sacrements, le Seigneur lui-même touche ses enfants et les transforme par le biais des éléments de la création. Le pain et le vin sont des fruits de la terre choisis par le Seigneur comme porteurs de sa présence. L’huile est le symbole de l’Esprit qui nous met en communion avec le Père et le Fils. Par les sacrements, Jésus est capable de donner à notre pays, la guérison, la réconciliation, la paix et le développement intégral.

 

Bientôt, je vais consacrer le saint Chrême et bénir les saintes huiles, l’huile des catéchumènes, et l’huile des malades. Ces huiles sont bénies une fois par an et seulement pendant la Messe Chrismale. Elles manifestent l’unité qui existe dans le peuple de Dieu entre laïcs, prêtres et Évêque. Chaque prêtre repartira avec ces huiles pour alimenter la vie sacramentelle de l’Église. Ces huiles saintes sont utilisées dans la célébration de 4 des 7 sacrements : le Baptême, la Confirmation, l’Ordre et le Sacrement des malades. L’onction avec le saint Chrême plus particulièrement est toujours faite en référence au Seigneur Jésus Christ dont le nom Christ en grec signifie l’oint ou « consacré par l’onction ». Le Saint Chrême donne aussi l’Esprit Saint pendant la Confirmation, les Ordinations sacerdotales et épiscopales. Au baptême, le saint Chrême est répandu sur le sommet de la tête du nouveau baptisé pour signifier que le Chrétien est « pour toujours membres de Jésus Christ prêtre, prophète, roi ». À la Confirmation, l’onction chrismale est reçue sur le front en tant que « marque de l’Esprit Saint ». À l’ordination sacerdotale, on fait l’onction chrismale est reçue sur les mains, et à l’ordination épiscopale, elle est reçue sur la tête. On use aussi du saint Chrême dans la dédicace des églises et des autels.

 

Les huiles saintes représentent aussi notre entrée dans la vie de grâce et d’Église par le Baptême, la Confirmation et la Consécration spéciale pour le ministère sacerdotal ou épiscopal. Elles montrent la communauté qui porte l’amour et le soin de Dieu aux malades et à ceux qui sont à la fin de leur vie. Les huiles saintes nous rappellent que l’Église est la communauté dans laquelle nous réalisons comment notre vie entière est soutenue par l’amour miséricordieux de Dieu. La bénédiction des huiles atteste que notre unité dans le diocèse est bâtie par la vie sacramentelle de l’Église.

 

Pour célébrer les sacrements, nous avons besoin de ministres ordonnés. Bientôt, les prêtres vont renouveler leur engagement au ministère sacerdotal. Chers frères dans le sacerdoce, je vous exhorte à laisser l’Esprit saint toucher votre foi et votre ministère. Il est important que tous les prêtres se rappellent l’imposition des mains de l’Évêque par laquelle ils partagent le sacerdoce du Christ. Avec le Christ, prenez un nouveau départ.

 

Je félicite tous ceux qui continuent à servir fidèlement le Christ au risque de leur vie. Je rends grâce à Dieu pour tous ceux qui vont célébrer la fête jubilaire de leur ordination cette année. J’exhorte les prêtres à s’entraider, à s’unir aux autres prêtres par les liens de la fraternité de la charité, de la prière. Je remercie sincèrement tous les prêtres qui ont accepté de servir non seulement leurs frères et soeurs, mais aussi de collaborer avec moi, votre évêque.

 

Je salue tous les séminaristes qui sont avec nous. Vous êtes encore jeunes. Dieu vous appelle à participer à son oeuvre de salut. N’ayez pas peur de répondre oui à l’appel de Dieu. Ayez le courage de reconnaître qu’il n’y a rien de plus beau que de connaître le Seigneur, et comme prêtre, de se mettre à son service.

 

Chers frères et soeurs, n’ayons pas peur ! Ne nous décourageons pas ! Prêtres et laïcs, ne négligeons pas nos responsabilités. Avec la grâce de Dieu, continuons à semer dans le coeur de nos frères et soeurs : la Bonne Nouvelle du salut, l’amour, le respect, la connaissance de Dieu, la parole qui ouvre à la joie du Christ. En cette période incertaine, soyons convaincus que le Seigneur est toujours à l’oeuvre pour nous susciter en nous le désir de justice, de réconciliation et de paix. Que le Seigneur vous soutienne dans les difficultés que vous rencontrez dans l’exercice de vos responsabilités.

 

Que le Christ qui nous a aimés jusqu’à la fin, nous inspire non pas à nous faire servir mais à servir nos frères et soeurs jusqu’au don de notre propre vie.

 

Que Notre Dame de l’Oubangui soit la Mère protectrice de tous les prêtres et des centrafricains en quête de paix !

 

Mgr Dieudonné NZAPALAINGA

 

Archevêque de Bangui

HOMÉLIE DE MGR DIEUDONNE NZAPALAINGA A LA MESSE CHRISMALE

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