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19 mars 2015 4 19 /03 /mars /2015 18:12

 

 

 

19-03-2015 à 15:02 RFI Avec nos envoyés spéciaux, Pierre Pinto, Par Bertrand Haeckler

 

Le quartier de Boy-Rab dans le nord de Bangui est l'un de ceux qui donne le plus de fil à retordre aux forces internationales ainsi qu'à la police et à la gendarmerie centrafricaine. C'est à Boy-Rab qu'une patrouille française et des hommes armés se sont affrontés pendant plusieurs heures lundi 16 mars. Rencontre avec un habitant de ce quartier rongé par le banditisme.

 

A Boy-Rab les armes sont partout et la délinquance est endémique. C'est là souvent que les braqueurs viennent cacher leurs véhicules volés. Les habitants de ce quartier sont les premières victimes de ce banditisme. 

 

Franklin, la quarantaine vit à Boy-Rab depuis toujours. Il y a quelques jours au beau milieu de la nuit, alors qu’il sort de sa maison, ce père de famille tombe nez à nez avec six hommes sur deux motos. Le braquage commence.

 

« Ils m’ont demandé de leur donner la clé de la voiture, je leur ai dit : moi, j’ai vendu ma voiture il y a au moins quatre ans aujourd’hui, je n’ai plus de voiture, je n’ai que ma moto de service. Ils ont dit, ils s’en foutent pas mal de ma moto de service, c’est la voiture qu’ils veulent. Que je leur montre là où j’ai caché le véhicule et que je donne la clé pour qu’ils aillent la récupérer. »

 

Le ton monte, Franklin, 1m90, champion d’arts martiaux prend un coup derrière le crâne.

 

« Là, j’ai réagi. J’ai renversé l’autre par un coup de poing, le deuxième je l’ai atterri, le troisième je l’ai atterri et le quatrième, tenant une kalache, c’est lui qui m’a pointé et j’ai mis les mains en l’air. Il y avait deux dans le noir qui ont donné un coup. Ce coup a permis aux autres de se replier mais celui qui m’a frappé en premier et que j’ai frappé, il est tombé. On l’a ramassé pour le mettre sur la moto et ils sont partis avec. »

 

Franklin s’en tire bien. C’est la première fois que l’on s’en prend à lui dans son quartier mais ce genre d’incident est devenu monnaie courante à Boy-Rab et l’exaspération monte.

 

« Les gens en ont marre ! Ils ne peuvent plus supporter mais ils ne peuvent pas parler parce que quand ils parlent, on va leur donner la mort, c’est ça le problème. C’est pas possible, ça c’est du terrorisme. Ils prennent les gens en otage. Même l'Afghanistan a terminé par la paix, mais pas nous, c’est pas possible... »

 

Chaque soir, il ressent une certaine appréhension à quitter son travail pour rentrer chez lui. Mais pas question pour autant de partir.

 [Reportage] RCA: portrait d'un habitant de Boy-Rab à Bangui

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