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9 mars 2015 1 09 /03 /mars /2015 16:23

 

 

 

Par Laurent Correau RFI 09-03-2015 à 14:18

 

En Centrafrique, les consultations populaires à la base ont depuis ce week-end pu atteindre la dernière zone du pays qui leur était restée fermée : l’extrême nord-est. Une équipe de facilitateurs a en effet pu se rendre à Birao, dans la préfecture de la Vakaga. Pour les Centrafricains, ces consultations ont été l’occasion de s’exprimer sur les causes de la crise et les moyens d’y mettre fin.

 

Plusieurs points ont déjà été soulevés par les populations lors de ces consultations. Deux mots reviennent souvent : la sécurité et la paix. A Bria, par exemple, dans l’est, la population a demandé un cantonnement des combattants ex-Seleka. Un cantonnement qui doit être accompagné par la communauté internationale, pour éviter que le dénuement des ex-rebelles ne conduise au racket de la population.

 

C’est une mesure capitale pour Placide Mokosseama, un membre de la société civile de Bria : « Il y a eu une dispersion des membres de la Seleka après qu’ils ont été délogés des bâtiments administratifs par la Minusca et Sangaris. Ils se sont dispersés même dans les villages périphériques. La population est très inquiète et demande que la Seleka soit cantonnée et prise en charge par la Minusca. »

 

L’inquiétude des réfugiés

 

De nombreux réfugiés des pays voisins ont également demandé la mise en place, avant de pouvoir rentrer, d’un processus de DDR (Démobilisation, désarmement, réinsertion) pour neutraliser les groupes armés. Une préoccupation que comprend très bien la ministre de la Réconciliation nationale, Jeannette Dethoua : « Beaucoup de réfugiés réclament que le DDR devienne une réalité et que l’on puisse désarmer de gré ou de force tous les porteurs d’armes illégales afin de leur permettre de rentrer et de vivre paisiblement en République centrafricaine. »

 

A Kaga Bandoro, au nord, les consultations ont évoqué les problèmes de sécurité alimentaire, comme l’explique Eloi Anguimaté, le « ministre résident » qui a conduit les deux jours de consultations sur place la semaine dernière : « C’est une population qui a peur. Les semences ont été consommées ou détruites. Les champs ont très souvent étaient piétinés par les bœufs qui sont en transhumance et la famine menace cette région. »

 

Stopper le cycle de violences

 

A Bossangoa, la grande ville du nord-ouest, les consultations à la base ont notamment soulevé la question du développement économique pour enfin enrayer la mécanique de la crise. Monseigneur Nestor Aziagbia, évêque de Bossangoa, craint que si rien ne change, le cycle de violences ne prenne jamais fin : « La population de Bossangoa a surtout insisté sur la prise en compte des causes réelles de cette crise qui sont la pauvreté et la misère. Donc, comment engager un processus de développement pour occuper utilement la population qui sans moyen et sans ressource va reprendre la rébellion ? »

 

La lutte contre l’impunité a également été largement évoquée par les populations. Des témoignages et des images d’exactions ont été collectés par les équipes.

 

Nouvelle étape : le Forum de Bangui

 

Ces consultations ont représenté un véritable défi logistique et sécuritaire dans un pays comme la Centrafrique. Une partie de l’ex-Seleka avait décrété que les consultations n’auraient pas lieu dans les zones sous son contrôle. La Mission des Nations unies en Centrafrique a du coup largement appuyé le processus. Et suite à une intervention musclée des forces internationales, l’accès à l’est de la Centrafrique a été ouvert.

 

Désormais, les rapports issus des différentes consultations vont être compilés et vont permettre de préparer le Forum de Bangui. Un forum de réconciliation dont la date n’est pas encore connue pour l’instant. Antoinette Montaigne est ministre conseillère de la présidente de la République, chargée du suivi de la réconciliation. « Quand il y a une crise aussi profonde avec un risque de dislocation nationale, il est important d’aller construire un nouveau pacte social pour que le pays puisse redémarrer sur de bonnes bases, explique-t-elle. La commission préparatoire de ce forum est en train de s’organiser pour définir toutes les modalités de participation de manière à ce que ce moment permette à toutes les sensibilités nationales de s’exprimer. »

RCA: les consultations populaires enfin possibles dans le nord-est

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