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31 mars 2015 2 31 /03 /mars /2015 19:34

 

 


Abuja AFP / 31 mars 2015 23h30 - L'ancien putschiste Muhammadu Buhari a remporté mardi la présidentielle au Nigeria contre le sortant Goodluck Jonathan, lors de l'élection la plus serrée de l'histoire du pays le plus peuplé d'Afrique.


La victoire de M. Buhari, reconnue par M. Jonathan, constitue la première alternance démocratique au Nigeria, marquant un tournant majeur dans l'histoire politique agitée de ce pays qui a connu six coups d'Etat militaires depuis l'indépendance, en 1960, et qui a été gouverné par le même parti depuis la fin des dictatures militaires, il y a 16 ans.

Avec l'annonce tard dans la soirée de mardi au siège de la Commission nationale électorale indépendante (Inec) de sa victoire écrasante dans l'Etat de Borno, épicentre de l'insurrection islamiste de Boko Haram, M. Buhari remporte 21 Etats des 36 que compte la fédération nigériane. Il compte 2,57 millions de voix d'avance sur Jonathan.

Sans tarder, l'Union européenne a chaleureusement félicité mardi soir la victoire du candidat de Buhari.


Dans un pays où les dissensions politiques attisent souvent des tensions ethniques et religieuses, entraînant de sanglantes émeutes post-électorales, le vote, qui s'est déroulé dans le calme, n'a pas donné lieu à des violences majeures pour l'instant qui pouvaient être craintes.


Et le groupe islamiste Boko Haram, qui a multiplié les attentats-suicides dans le nord, ces dernières semaines, et qui avait juré de perturber cette élection, n'est pas parvenu à empêcher le processus électoral.


Des milliers de Nigérians sont descendus dans les rues de Kano, la plus grande ville du nord musulman, pour célébrer la victoire de celui qu'ils ont plébiscité avec près de deux millions de voix --contre un peu plus de 200.000 pour Jonathan dans cet Etat--, a constaté un journaliste de l'AFP.


Une nuée de scooters et de voitures tous feux allumés faisaient des rodéos avec leurs engins, dans un nuage gaz d'échappement. Des femmes voilées scandaient Juste Buhari! en choeur dans la foule.


Nombre d'entre eux brandissaient des balayettes, le symbole du parti de Buhari, le Congrès progressiste (APC), qui s'est engagé à lutter contre des années de mauvaise gouvernance et de corruption.


Des jeunes écrasaient des fédoras noirs- le chapeau que M. Jonathan porte en toute occasion - portant des valises sur leurs têtes alors que des gens chantaient Pars de Aso Rock!, la villa présidentielle nigériane.


A Kaduna, dans le centre du Nigeria, où des affrontements entre chrétiens et musulmans avaient fait près d'un millier de morts lors de la défaite de M. Buhari à la présidentielle de 2011, la foule exultait elle aussi, mardi soir, après avoir retenu son souffle tout le week-end dans l'attente des résultats de la présidentielle.


- Première alternance démocratique –


Le Nigeria, première économie du continent, qui compte 69 millions d'électeurs inscrits sur 173 millions d'habitants, a voté ce week-end pour élire, outre le président, les 109 sénateurs et les 360 députés du pays que compte le Parlement.

Malgré les couacs techniques, dûs à l'utilisation de lecteurs de cartes électorales biométriques pour la première fois, qui ont engendré de longues files d'attente devant les bureaux votes, et la menace d'attentats islamistes, les Nigérians ont été voter en masse pour faire entendre leur mécontentement, notamment sur les questions de sécurité et sur la corruption.


A Lagos, la capitale économique et la plus grande ville du pays, où Buhari a remporté la présidentielle, des feux d'artifices ont été lancés dans le quartier populaire d'Obalende, et les partisans du nouveau président ont laissé exploser leur joie dans les rues, à pied, dans des triporteurs et même à cheval.


A Abuja, une foule compacte dansait devant le QG de campagne de l'APC.


Il s'agit de la première alternance démocratique de l'histoire du Nigeria. Il n'est pas question de musulman ou de chrétien, ou même de parti politique. Cela montre aux politiciens que s'ils ne font pas leur job, on peut les mettre dehors, s'est enthousiasmé Anas Galadima, qui faisait partie de la fête.


Pour le commentateur politique Chris Ngwodo, la victoire de M. Buhari instaure une suprématie (...) de l'électorat, dans un pays où bien souvent, la bataille était gagnée d'avance pour le président sortant.


La dynamique entre les gouvernés et le gouvernement a changé pour de bon, a-t-il poursuivi.

Selon M. Ngwodo, si M. Buhari a remporté cette élection, c'est parce, soutenu par une opposition unie, il a réussi à fédérer l'électorat au niveau national, s'assurant d'une importante réserve de voix dans la moitié nord, majoritairement musulmane, mais remportant aussi des soutiens clé dans le sud, principalement chrétien --avec notamment un appui stratégique à Lagos.


Les récentes avancées de l'armée contre Boko Haram, dans le nord-est, grâce à l'intervention militaire des pays voisins, le Tchad en tête, ont finalement peu profité à M. Jonathan, les électeurs considérant sûrement que cette opération arrivait trop tard, l'insurrection islamiste ayant fait plus de 13.000 morts en six ans.


M. Jonathan a téléphoné à M. Buhari dès 17h15, mardi, pour le féliciter et reconnaître sa défaite, selon l'opposition, un geste qui a été salué par les politiciens de tous bords.


Au nom des Nigérians, je veux remercier le président Jonathan d'avoir été l'homme d'Etat qu'il a été, a réagi l'ancien dirigeant militaire Abdulsalami Abubakar.

C'est la première fois que l'opposition chasse un gouvernement par la voie des urnes dans l'histoire du Nigeria, s'est réjoui à l'AFP Lai Mohammed, porte-parole de l'APC dans l'après-midi.


Aisha Buhari, l'épouse de Muhammadu Buhari, fière de son mari, a renchéri: Nous allons construire un nouveau Nigeria, comme mon mari l'a promis. Puis, réaliste, elle ajoute: Ca va être dur. Les attentes sont immenses.



(©)

 

 

Nigeria : l’opposant musulman élu président

 

Sophie BOUILLON Libération 31 mars 2015 à 20:06

 

REPORTAGE

 

Les Nigérians ont préféré le général Buhari au sortant chrétien, Goodluck Jonathan.

 

«Nous sommes en train d’assister à un grand moment de notre histoire», commentaient mardi soir les journalistes de la télévision d’Etat NTA, alors que les derniers décomptes de l’élection étaient annoncés. Cela ne fait plus de doute désormais, le général Buhari, candidat de l’opposition, a remporté le scrutin présidentiel.

 

Les rues de Kano, vides depuis samedi, jour du vote, se sont remplies peu à peu. Les commerçants rouvraient leurs échoppes, les marchés ont repris des couleurs. Dans la mégalopole du nord du pays, le parti de l’APC (All Progressive Congress) a remporté un score digne d’un dictateur : 89,8% contre 10,2% pour le parti de Goodluck Jonathan. Le soutien pour le général Buhari est passionnel dans cette capitale de l’islam nigérian où, en fin de journée, le soulagement a gagné les rues.

 

Revers. Muhammadu Buhari, 76 ans, est un fils de la région. Musulman, comme l’immense majorité des habitants de Kano, il a promis de venir à bout de l’insurrection de Boko Haram. Les terroristes hantent le quotidien de la mégalopole depuis six ans, perpétrant des attentats dans les lieux publics bondés. La dernière attaque dans la mosquée centrale, en novembre, a fait 200 morts, selon les autorités. «Goodluck Jonathan a laissé Boko Haram ravager le Nord, déclare le Dr Aliu Dauda, professeur des études d’islam à l’Université de Kano. Ça l’arrangeait bien que nous soyons tués. Il savait que l’on ne voterait jamais pour lui !»

 

C’est un revers terrible pour le président sortant. Après seize années de démocratie, c’est la première fois qu’un parti d’opposition fait basculer la présidence. Le général Buhari a fait campagne sur la lutte contre Boko Haram, mais aussi sur les nombreux scandales de corruption qui ont secoué le pays. Selon Transparency International, le Nigeria se place au 136e rang sur 174. Quelque 20 milliards de dollars manquaient au budget de l’Etat en 2013, sans qu’aucune sanction n’ait été prise au sein du gouvernement. Au Nigeria, premier producteur de pétrole du continent, l’or noir coule à flots, mais deux tiers des habitants vivent toujours sous le seuil d’extrême pauvreté.

 

Le général Buhari n’est pourtant pas un nouveau venu sur la scène politique nigériane. Il fut d’ailleurs à la tête du Nigeria entre 1983 et 1985, après avoir pris le pouvoir par un coup d’Etat. Sa fermeté et son passé militaire sont vécus comme un retour dans les heures les plus sombres du passé récent du pays. «Ils nous ramènent en arrière ! clame Jones, jeune chrétien de Kano, militant du PDP (People’s Democratic Party). Goodluck nous a ouverts sur le monde. Grâce à lui, on est devenu la première puissance économique d’Afrique, nous voulons un jeune président !»

 

Sourires. Alors que la victoire de leur candidat se faisait imminente, les musulmans de Kano sont sortis célébrer dans les rues. Qu’importe son passé de dictateur, Buhari a changé, selon eux. Il est arrivé au pouvoir par les urnes, après avoir déjà échoué à trois élections présidentielles. La quatrième fut la bonne. Les résultats officiels devraient être annoncés dans la nuit mais, à Kano, en fin d’après-midi, les sourires sont déjà sur toutes les lèvres et on remercie Allah d’avoir enfin apporté un président musulman à la tête du Nigeria. Dans le Sud chrétien, et notamment dans l’Etat de Rivers, les violences ont commencé à éclater. Pour ne pas accentuer les tensions religieuses et politiques, il faudra que Goodluck Jonathan accepte officiellement sa défaite. Ce sera alors le vrai test pour la démocratie nigériane.

 

Envoyée spéciale à Kano Sophie Bouillon

 

 

Présidentielle au Nigeria: l'UE félicite chaleureusement Muhammadu Buhari pour sa victoire


Bruxelles AFP / 31 mars 2015 23h29 - La chef de la diplomatie de l'Union européenne, Federica Mogherini, a chaleureusement félicité mardi soir la victoire du candidat de l'opposition Muhammadu Buhari lors de l'élection présidentielle au Nigeria et remercié le président sortant, Goodluck Jonathan, pour sa grande contribution à la démocratisation du pays.


Je félicite chaleureusement le général Buhari en tant que candidat victorieux du Congrès progressiste (APC), et tous ceux qui ont gagné un siège au Sénat ou à la Chambre des représentants, de tous les partis, a déclaré dans un communiqué Mme Mogherini, alors que la victoire du candidat de l'opposition n'avait pas encore été confirmée officiellement par la commission électorale.


La représentante de la diplomatie européenne a également salué les candidats qui ont reconnu leur défaite avec grâce et souligné que ceux qui veulent contester les résultats devraient le faire par les procédures appropriées.


Je remercie le président sortant, Goodluck Jonathan, pour sa grande contribution à la construction du pays et à la consolidation de la démocratie au cours des cinq dernières années, et je me réjouis de travailler avec le président nouvellement élu et son gouvernement, a ajouté Mme Mogherini.


Les observateurs électoraux de l'UE resteront au Nigeria pour examiner le déroulement des élections pour les gouverneurs le 11 avril, dont nous espérons qu'elles se déroulent dans le même esprit pacifique et démocratique, précise le communiqué.

Muhammadu Buhari, un ancien putschiste qui aime à se présenter en converti à la démocratie, a revendiqué mardi une large victoire à la présidentielle la plus serrée de l'histoire du Nigeria, suscitant l'immense joie de ses partisans.



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APA-Abuja (Nigeria) 2015-03-31 18:20:44 Le candidat de l’opposition nigériane (All Progressives Congress), le général Muhammadu Buhari, a remporté l'élection présidentielle au Nigeria avec plus de 15 millions de voix en attendant les résultats de l’Etat de Borno.


Le président Goodluck Jonathan a appelé son adversaire pour le féliciter et reconnaitre sa défaite, a-t-on appris.


C'est la première fois qu'un parti d'opposition remporte une élection présidentielle au Nigeria, un scrutin considéré comme étant la plus disputée de l'histoire du pays depuis l'indépendance en 1960.


Le candidat Buhari a réagi sur son compte Twitter demandant à ses électeurs « d'attendre » les résultats officiels (ndlr).


Selon les derniers chiffres de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) publiés cette après-midi, l'ancien dirigeant militaire a obtenu environ 15 millions de voix devant le président sortant, Goodluck Jonathan du People's Democratic Party qui a recueilli un peu plus de 13 millions voix.


Buhari a remporté dix-neuf Etats dont Jigawa, Katsina, Zamfara, Kano et Yobe dans le nord et Oyo, Ogun Osu et Ondo à l'ouest, tandis que Jonathan remporté quatorze Etats notamment Plateau, Nasarawa et les territoires de la capitale fédérale et Ekiti.

Ces élections présidentielle et législatives sont considérées comme les plus disputées depuis que le le pays le plus peuplé d'Afrique (173 millions d'habitants) est revenu à la démocratie en 1999.

 

http://www.apanews.net/news/fr/article.php?id=820699#sthash.zghlVFT9.dpuf

 

 

 

L'opposant Buhari très confiant dans sa victoire à la présidentielle


Abuja AFP / 31 mars 2015 18h03 - Le principal parti de l'opposition nigériane a revendiqué mardi la victoire de son candidat à la présidentielle, l'ex général Muhammadu Buhari, qui s'est déclaré très confiant, alors que l'annonce des derniers résultats officiels se poursuivait.


Le porte-parole du Congrès progressiste (APC), Lai Mohammed, a déclaré à l'AFP que son candidat, M. Buhari, avait pris une telle avance, qu'il pouvait désormais être sûr d'avoir remporté le scrutin face au président sortant Goodluck Jonathan.

C'est la première fois que l'opposition chasse un gouvernement par la voie des urnes dans l'histoire du Nigeria, a déclaré Lai Mohammed.


M. Buhari a lui-même déclaré peu après à l'AFP qu'il était très confiant dans sa victoire, au moment où les résultats partiels de la Commission électorale indépendante (Inec) --dans 33 des 36 Etats nigérians auxquels s'ajoute la capitale fédérale-- lui donnaient une avance de plus de 2,75 millions de voix sur M. Jonathan.

Nous avons les chiffres, même si (le parti au pouvoir) revendique 100% des voix dans les Etats (restants) qu'il contrôle, nous pouvons les absorber, a pour sa part déclaré le directeur de campagne de M. Buhari, Shehu Garba.


Nous oeuvrons pour créer un nouveau Nigeria, comme mon mari l'a promis a affirmé l'épouse du candidat de l'opposition, Aisha Buhari.


Ca va être dur, les attentes sont immenses, a-t-elle déclaré.


L'ancien général, âgé de 72 ans, a axé sa campagne électorale sur la lutte contre la corruption endémique au Nigeria, pays à la croissance dynamique devenu l'an dernier la première puissance économique d'Afrique, riche de son importante production de pétrole mais aux inégalités sociales criantes.



(©)

Muhammadu Buhari remporte la présidentielle nigériane
Muhammadu Buhari remporte la présidentielle nigériane

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