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9 mars 2015 1 09 /03 /mars /2015 01:31

 

 

Le carnet de Colette Braeckman

 

http://blog.lesoir.be   8 mars 2015

 

 

Le président du Congo Brazzaville, Denis Sassou Nguesso était, aux côtés de ses collègues le président de la Guinée, Alpha Condé, de Sierra Leone Ernest Bai Koroma et du Liberia Ellen Johnson Sirleaf l’un des hôtes de marque de la conférence de haut niveau consacrée à l’épidémie Ebola.

 

A l’issue de la rencontre qui s’est tenue à Bruxelles, il a tenu à souligner « que l’on avait observé des progrès notables dans les pays fortement touchés : en Guinée et au Liberia les écoles vont pouvoir rouvrir leurs portes. Mais il a aussi été souligné que ces progrès ne pouvaient freiner l’élan de solidarité et la mobilisation des moyens. Il ne faut pas que la vigilance s’arrête car on n’a pas encore atteint l’objectif de « zéro cas » dans les pays atteints. Il faut aussi penser au « programme « après Ebola » qui sera économique et financier et mobiliser des moyens importants pour que les Etats les plus touchés, qui étaient en progrès avant la crise, puissent se reconstruire et retrouver leurs taux de croissance antérieurs.

 

Les structures économiques et sociales ont été quasi détruites durant la crise, reconstruire nécessitera un véritable plan Marshall…

 

Le Congo Brazzaville a- t-il été épargné par Ebola ?

 

Oui et non. Il ne faut pas oublier que par le passé, mon pays avait été touché à quatre reprises.. Mais grâce à l’appui de l’Organisation Mondiale de la Santé, dont la section régionale est basée à Brazzaville, nous avons pu rapidement prendre des mesures pour contenir le fléau. Ce dernier s’était manifesté à la périphérie, dans les forêts et nous avons pu éviter que l’épidémie se propage dans les villes.

 

Quelles sont les mesures à prendre avec le plus d’urgence ?

 

Tous les pays touchés souffrent d’infrastructures insuffisantes, qu’il s’agisse d’équipements sanitaires ou de laboratoires. Il nous faudra veiller à ce que ces pays soient désormais dotés, comme les autres pays africains de structures de santé viables. Au Congo Brazzaville, nous avons décidé de construire douze hôpitaux généraux, soit un hôpital par préfecture…Il y aura aussi un hôpital spécialisé et un autre pour les armées, soit quatorze au total…Il nous faudra aussi stimuler le secteur privé, pour que le tissu économique se reconstitue…

 

Nous avons aussi décidé de former des cadres : 1200 jeunes, filles et garçons, ont été envoyés en formation à Cuba pour qu’ils deviennent des techniciens de santé.

 

Votre pays est il affecté par les autres crises de la région ?

 

Tant la Centrafrique que la République démocratique du Congo sont nos voisins…Prenons le cas de la crise dans la région de l’Equateur : de nombreux réfugiés congolais ont traversé l’Oubangui et sont entrés dans le département de la Likwala, où ils se sont retrouvés plus nombreux que les populations locales ! En outre, nous accueillons de nombreux réfugiés venus de Centrafrique. Nous pouvons aussi redouter la contagion islamiste, c’est pourquoi nous avons récemment organisé un sommet des Etats d’Afrique centrale. Boko Haram, en plus du Nigeria, touche désormais le Tchad, le Cameroun, ce qui nous inquiète car si la situation en Centrafrique n’est pas maîtrisée, ce pays pourrait devenir un sanctuaire pour les islamistes… Il nous faut donc élaborer une stratégie régionale commune afin de lutter contre Boko Haram, c’est pourquoi je me suis rendu tant au Nigeria qu’au Ghana afin de proposer la tenue d’un sommet commun, d’un plan de riposte coordonné…

 

Dans un autre domaine, vous avez souvent dit que vous étiez victime d’une sorte de « guérilla judiciaire » d’attaques venant de France en particulier , et visant, tout récemment, votre fils…

 

Nous constatons que la provocation continue, mais nous sommes habitués à cette diffamation permanente qui s’apparente à la volonté de nuire. Mais cela ne nous empêche pas de travailler de poursuivre nos efforts de construction, de solidarité avec les pays de la région…

 

Votre pays prépare-t-il déjà l’ « après pétrole » ?

 

Sans aucun doute : nous avons subi toutes les fluctuations du prix du pétrole, passant de 140 dollars le baril à moins de trente…Nous devons préparer le développement des autres secteurs, l’agriculture, l’élevage, l’exploitation rationnelle de la forêt…Nous avons aussi des mines, du phosphate, du potasse, du gaz… Cette année, les études financées par la Banque africaine de développement et consacrées au pont qui devrait relier Brazzaville et Kinshasa seront terminées et beaucoup de partenaires ont déjà marqué leur désir de participer au financement de ce projet « port, route, rail » d’une importance vitale pour notre économie…
Cette liaison permettra aussi de finaliser la route reliant Tripoli en Libye à Windhoek en Namibie, un axe qui sera vital pour l’avenir du continent…

 

Lu pour vous : Sassou: Ebola nous a épargnés de justesse

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