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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 16:14

 

 

 

http://www.elle.fr   27/03/2015 à 13h30  (ELLE)

 

Elles ont tout abandonné. Centrafricaines, Jamila, Kathy, Sukina et Emma* n’ont eu d’autre choix que de fuir au Cameroun, suite au coup d’Etat du 24 mars 2013 qui a vu la chute du président François Bozizé. Traumatisées et épuisées, elles y ont rejoint les camps de réfugiés, où les bénévoles de l’association CARE leur apportent une aide psychologique précieuse. Organisé par la Seleka il y a deux ans presque jour pour jour, le putsch a bouleversé la vie de milliers de familles. Voici leurs témoignages.

 

Les 450 000 réfugiés centrafricains ont tous vécu les mêmes scènes d’horreurKathy, Sukina et les autres réfugiées, ont elles aussi été attaquées dans leur village par les milices armées de la Seleka, et ont marché pendant des semaines, avec pour seul objectif de rejoindre le Cameroun. Ces événements se sont déroulés ces deux dernières années. « Des hommes armés ont tiré sur moi et mes trois fils », se souvient Jamila, professeure exilée avec son fils de 16 ans. « Paul a vu son petit frère mourir dans ses bras. Mon autre fils a également été tué », raconte-t-elle, éprouvée. Kathy a elle aussi fui son village, « pour sauver [sa ]vie ». « J’ai assisté au meurtre de mes voisins, ma maison a été détruite par ces hommes venus piller, terroriser et massacrer la population », explique-t-elle dans son témoignage, soulignant qu’elle a alors été séparée de ses enfants et son époux.

 

« On se cachait continuellement »

 

Sur les routes qui les mènent au Cameroun, ces réfugiées ne sont jamais en sécurité, constamment interpellées par des rebelles. Akila, qui a marché pendant presque quatre mois avec sa mère Emma, a ainsi perdu ses deux frères, assassinés sous ses yeux. « On se cachait continuellement, on marchait nuit et jour », raconte sa mère, alors qu’elle-même se souvient avoir eu les pieds « brûlés » à force de marcher. Sukina garde elle le souvenir du silence qui régnait, alors qu’elle avançait avec ses six enfants. « On vivait dans l'angoisse d'être trouvés et tués. Après deux mois, nous espérions pouvoir rentrer chez nous, mais des hommes armés occupaient notre maison. Ce jour-là, nous avons compris que nous ne retrouverions jamais la vie que nous avions construite », déplore-t-elle aujourd’hui.

 

« Les cauchemars me hantaient »

 

« A bout de force », Kathy rejoint finalement le site de réfugiés de Timangolo, à l’est du Cameroun, où elle retrouve son frère. « Je sursautais encore à chaque mouvement. Je n’arrivais pas à dormir, les cauchemars me hantaient », se remémore-t-elle aujourd’hui, soulignant que « les premiers échanges avec le psychologue ont été difficiles ». A son arrivée au camp de Timangolo, Emma « n’a que la peau sur les os ». « Elle était à bout de force et les enfants pleuraient tout le temps à cause de la fatigue et du manque de nourriture », se souvient sa fille Akila. De son côté, Sukina, installée depuis avril 2014 à Lolo, est toujours très inquiète pour sa fille de 4 ans. « Elle est terrifiée. Elle pleure sans arrêt depuis qu'on lui a posé un fusil sur la tête et souffre d'incontinence », déclare-t-elle, impuissante.

 
Aujourd’hui, ces femmes endeuillées, blessées et sans ressource tentent de se relever, mais l’incertitude pèse sur leur reconstruction. « J’ai retrouvé le sommeil et l'envie de communiquer, mais je voudrais savoir où sont mes enfants et mon mari. Ne pas savoir ce qu’ils sont devenus est insupportable », confie ainsi Kathy, accablée.

 

*Les prénoms ont été modifiés

 

Laura Boudoux @Laura_Boudoux

Lu pour vous : Des Centrafricaines réfugiées au Cameroun racontent leur histoire

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