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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 16:12

 

 

 

http://www.levif.be    26/03/15 à 15:29 - à 15:29  Wided Bouchrika

 

Le silence est tombé sur le conflit en Centrafrique qui a fait des milliers de victimes civiles. "L'état veut faire croire que le calme est revenu" explique Peter Bouckaert de Human Rights Watch. "Mais entre-temps, les musulmans meurent de privations dans les enclaves de la République centrafricaine (RCA) surveillées par des troupes internationales".

 

Depuis son indépendance, survenue en 1960, la République centrafricaine est marquée par le chaos et les coups d'État. En 2003, François Bozizé a lancé une insurrection contre le président de l'époque, Ange-Félix Patassé. En représailles, les rebelles se sont réunis sous le nom de Seleka, qui signifie "alliance". Fin 2012, les milices rebelles associées ont lancé une offensive. En mars 2013 elles ont pris la capitale Bangui abandonnée par la France. Assermenté en août 2013, l'ancien rebelle Djotodia a dissous Seleka, créant l'illusion d'un retour au calme.

 

Une illusion, car la progression de Seleka - qui a tout brûlé sur leur passage - a entraîné l'éclosion de groupes d'autodéfense réunis sous le nom d'anti-bakala et responsables de massacres de musulmans. "On entend souvent qu'il s'agit d'une confrontation entre musulmans et chrétiens, mais c'est un malentendu" explique le prêtre Bernard Kinvi. "La croyance la plus représentée est l'animisme". Les anti-bakala visent les musulmans du pays par colère du coup d'État par les Seleka. "Alors que Seleka, bien que principalement islamique, compte également d'autres croyances dans ses rangs".

 

La spirale mortelle de violence et de représailles a fait entre 3.000 et 6.000 victimes civiles. Lorsque fin 2013 la violence a atteint la capitale Bangui, un quart de la population - plus de 100.000 personnes - a pris la fuite. En dehors de la capitale, beaucoup d'habitants ont fui vers le Congo, le Tchad et le Cameroun.

 

"Dans l'ouest du pays, la situation s'est plus ou moins stabilisée grâce à l'aide des troupes internationales" déclare le prêtre Bernard Kinvi, qui a accueilli des musulmans pendant la guerre . Lorsque début décembre 2013 le leader de Seleka, Michel Djotodia, a démissionné et que la maîtrise de la violence sectaire a été laissée à Catherine Samba-Panza, les Seleka sont partis vers l'est. "Traditionnellement, cette région connaît une importante population musulmane, mais -malgré la présence de quelques troupes multinationales - il y a encore régulièrement des confrontations violentes".

 

"Évidemment que la violence dans l'ouest du pays a diminué" déclare Peter Bouckaert, directeur de la division Urgences de Human Rights Watch (HRW). "Les musulmans de cette région ont fui le pays en masse, vers le Cameroun et le Tchad. C'est comme si tous les Flamands quittaient Bruxelles et qu'après on dit que la paix est rétablie".

 

Grenades à vendre pour 50 cents

 

"Le pire a été évité grâce à l'aide de la communauté internationale, mais le retrait des troupes survient à un moment très critique" estime Kinvi.

 

Le prêtre invoque l'urgence de désarmer les habitants. "Tous les foyers ont des armes à leur disposition, on trouve des grenades à 50 cents sur les marchés" témoigne-t-il. "La population a été confrontée à la violence, a appris à tuer et a toujours des armes à sa disposition. Les conflits de voisinage se 'résolvent' facilement par un assassinat".

 

Cependant, il y a de plus en plus d'accusations de sorcellerie en RCA. "Une victime a été enterrée vivante, les incidents sont incessants" raconte Kinvi. "Dans ces cas-là, nous devons agir rapidement, afin que les accusés ne soient pas exécutés par les milices anti-balaka".

Centrafrique : "Les musulmans meurent de privation sous les yeux de troupes internationales"

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