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13 mars 2015 5 13 /03 /mars /2015 12:01

 

 

 

http://afriqueactualite.com/politique/afrique/3144-centrafrique-la-terre-des-contingents-de-paix#.VQK4X47gGM8 

 

13/03/15 (Afrique Actualité)

 

La République Centrafricaine qui a accueilli à ce jour 13 missions de maintien de la paix depuis 1997, est l'un des pays africains qui a bat le record des interventions internationales de maintien de la paix sur son sol.

 

De la Misab à la Minusca en passant par la Minurca, les multiples opérations de paix conçues comme des actions visant à contenir la violence et à créer un environnement politique et sécuritaire devant permettre le rétablissement de la paix et, parfois, la reconstruction, n'en soulèvent pas moins de nombreux défis pour les acteurs régionaux et internationaux.

 

Des séjours souvent trop courts, des mandats limités, des déficits capacitaires, des calculs géopolitiques à courte vue, et l'absence de volonté politique des leaders centrafricains expliquent les échecs répétés des opérations de paix.

 

En 1997, alors que la RCA était en proie à des mutineries qui mettaient à mal le régime d'Ange Félix Patasse, la MISAB, Mission interafricaine de surveillance des Accords de Bangui a été créée en janvier par une coalition de pays africains. Elle a été remplacée sur autorisation du Conseil de sécurité de l'ONU par la MINURCA en avril 1998.

 

La MINURCA, Mission des Nations-Unies en République Centrafricaine, elle, s'est terminée en février 2000 cédant la place au BONUCA, Bureau des Nations-Unies pour la consolidation de la paix en République Centrafricaine. Cette mission devait accompagner la RCA dans la consolidation d'une paix éphémère que le pays venait d'acquérir au sortir des élections démocratiques de 1999, portant Ange-Félix Patassé au pouvoir.

 

En 2001, un coup d'Etat manqué replonge la RCA dans la spirale des troubles. La Communauté des États Sahélo-Sahariens (CEN-SAD) à l'issue d'un sommet à Khartoum, décide de l'envoi de la Force de maintien de la paix et de sécurité de la CEN-SAD en Centrafrique. Elle sera donc autorisée par l'Union Africaine, avant de se voir remplacer en décembre 2002 par la FOMUC, Force multinationale en Centrafrique. Cette mission, forte de 350 soldats, a été déployée suite à un accord des États membres de la CEMAC - Communauté économique et monétaire de l'Afrique central.

 

Coopération

 

La FOMUC qui a totalisé 6 années de présence, a été très contestée car elle n'a pas pu le coup d'Etat de François Bozizé contre Patasse en 2003, ni les fraudes à grande échelle ayant permis au chef d'Etat putschiste de gagner l'élection présidentielle de 2005, point de départ du chaos centrafricain qui va occasionner l'accession de l'ex-rébellion Séléka au pouvoir huit ans plus tard.

 

En juillet 2008, une autre mission, la Mission de consolidation de la paix en Centrafrique, MICOPAX placée sous l'autorité de la Communauté économique des États d'Afrique centrale – CEEAC - a officiellement remplacé la Force multinationale en Centrafrique (FOMUC). Elle s'est achevée en 2009.

 

La relève de cette opération a été assurée de 2007 à 2010 par la MINURCAT, Mission des Nations-Unies en République Centrafricaine et au Tchad. Cette mission était créée par le Conseil de Sécurité dans le cadre d'une opération destinée à réunir les conditions de sécurité nécessaires au retour des personnes déplacées par les conflits entre le Tchad, la République Centrafricaine et le Soudan.

 

Parallèlement à la MINURCAT, l'opération de l'Union Européenne au Tchad et en Centrafrique, EUFOR-Tchad–RCA, a aussi été lancée entre 2007-2009 par le Conseil de Sécurité pour assurer les conditions de sécurité dans l'est du Tchad et le nord-est de la République Centrafricaine.

 

En novembre 2011, l'Union Africaine officialise l'Initiative de coopération régionale contre la LRA (ICR/LRA). Elle a été lancée par le Conseil de Paix et de Sécurité de l'UA et avait pour mandat de lutter contre l'Armée de Résistance du Seigneur (LRA), une milice qui sévit en Ouganda, en République Démocratique du Congo, au Sud Soudan et en Centrafrique.

 

Le 17 juin 2013, le Conseil de Paix et de Sécurité de l'UA a décidé de la mise en place d'une Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (MISCA) pour faire face au regain de violences dans le pays. Cette mission a été déployée pour contenir les hommes de la nébuleuse rébellion ex-Séléka qui s'est emparée du pouvoir en mars 2013, mettant un terme au régime de François Bozizé.

 

Echo

 

La Misca devenait ainsi la 10e opération de paix déployée en République centrafricaine (RCA) depuis 1997. Elle se devait d'empêcher les tueries à Bangui et ailleurs depuis le coup d'Etat de mars.

 

Mais devant la montée de violences du fait des affrontements intercommunautaires récurrents opposant pro-Séléka et pro-Antibalaka, deux groupes armés qui ont pris le contrôle du territoire devant la faillite totale de l'Etat, le Conseil de l'Union Européenne a décidé de créer, le 10 février 2014, avec la bénédiction de l'ONU, l'opération militaire EUFOR-RCA qui vise à aider à rétablir la sécurité en République Centrafricaine. Lancée en avril 2014 en soutien à l'opération française Sangaris, elle s'achève ce 15 mars, mais déjà, les différents contingents ont presque tous quitté Bangui.

 

Avec un effectif de 700 militaires, dont des gendarmes contre le millier d'hommes initialement prévu, la mission a trouvé un echo favorable auprès de la population à Bangui. Eufor RCA avait deux missions : d'abord contrôler l'aéroport, puis sécuriser deux arrondissements (3e et 5e) de la capitale centrafricaine, les secteurs les plus sensibles qui ont été le théâtre d'affrontements communautaires.

 

Discontinuité

 

En tant qu'opération de transition, Eufor-RCA a facilité la montée progressive de la MINUSCA, Mission multidimensionnelle intégrée de stabilisation des Nations-Unies en République Centrafricaine. La Minusca a commencé son déploiement de manière effective à compter du 15 septembre dernier. Elle-même a pris le relais sur la MISCA et est constituée en partie des effectifs de cette dernière. Sa pleine capacité est censée atteindre 12000 hommes.

 

Au regard de cette longue liste de missions, il ressort que ces opérations de paix ne reposent sur aucune cohérence politique et stratégique. En revanche, elle provoque une discontinuité dans l'effort de paix et de reconstruction.

 

Les mandats, définis par des organisations différentes (ONU, Union africaine et Union européenne...), couvrent un nombre limité de questions - protection des dignitaires, tentatives de désarmement des milices et de reformatage des forces armées, accompagnement de processus électoraux, protection des réfugiés -, et touchent à peine aux problèmes structurels du pays: pauvreté, développement économique, renforcement des institutions, présence de l'Etat sur l'ensemble du pays.

 

Et pour mettre en œuvre ces mandats, elles disposent d'effectifs dérisoires de 200 à 1500 militaires et policiers civils qui doivent couvrir un territoire quatre fois plus grand que la France.

Dans la réalité, les contingents ou les personnels sont très mal équipés et leurs conditions de vie et de travail sont toujours précaires.

 

Centrafrique, la terre des contingents de paix

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