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3 février 2015 2 03 /02 /février /2015 15:39

 

 

 

 

          « Unité, Dignité, Travail » : telle est la devise de la République Centrafricaine, conçue par Barthélémy Boganda, Père fondateur de la Nation.

 

          Malheureusement, depuis sa tragique disparition, cette devise a été sévèrement mise à mal.

 

NI DIGNITE, NI TRAVAIL

 

          Les pouvoirs successifs ont opté, volontairement ou par incompétence, pour une gouvernance qui a entraîné le pays vers le chaos : déstabilisation des structures fondamentales de l’état ; incompétence des services administratifs ;  mépris et intimidation de la population. 

 

          Depuis l’indépendance, une pauvreté endémique a plongé le peuple centrafricain dans une misère chronique, tandis qu’une petite élite s’est enrichie avec cynisme, trahissant le mandat que lui avait confié le peuple et ne brillant que par son appétit du gain.

 

          Une jeunesse diplômée est sortie de l’université mais s’est retrouvée sans emploi. Un pays tout entier s’est transformé en terrain de jeux  pour des malfrats, mercenaires et autres états voyous, attirés par les abondantes ressources naturelles de son sous-sol. Les dirigeants centrafricains ont abdiqué.

 

          La terre des Bantous est devenue un état fantôme.

 

          Un état sous tutelle de l’étranger.

 

OÙ EST L’UNITE ?

 

          En Centrafrique, la voie des urnes est rarissime. Ce sont les armes qui se font entendre, celles des coups d’états financés depuis l’étranger.

 

          Le surgissement de la Séléka n’est que l’explosion de la bombe dont les ingrédients ont été évoqués précédemment. Il a entraîné la destruction de  l’unité du pays.

 

           Car l’intrusion brutale de ce mouvement, initié par des mercenaires venus du Soudan et du Tchad et sa tentative d’instituer la charia ont poussé la population à majorité chrétienne à  organiser sa résistance grâce aux Anti-balakas.

 

          On assiste d’ailleurs aujourd’hui à une sorte de dérive de ce mouvement de résistance : il vient de basculer dans la prise d’otages en enlevant un prêtre centrafricain et une humanitaire française. C’est une première. Car la prise d’otage n’est pas dans le gène centrafricain. Le Gouvernement de Transition devrait observer de près cette nouvelle donne. Mais, au lieu d’être en première ligne, il n’a curieusement livré qu’une communication à minima…

 

LA BALKANISATION DU TERRITOIRE EST EN MARCHE

 

          Depuis le congrès, insultant pour la nation centrafricaine, de la Séléka à Bambari, le nord, l’est et le nord-est du pays sont devenus les prémices d’une balkanisation du territoire.

 

          L’ex-Séléka  y lève des impôts et des taxes agricoles. Elle terrorise et dépouille la population de ces régions abandonnées, au vu et au su de tous les acteurs de la débâcle centrafricaine.

 

          Où est donc passée l’armée ? Qui empêche sa reconstitution ? A-t-on déjà vu un pays sans armée nationale ? Sur quoi reposerait la légitimité d’un état qui en serait dépourvu ? 

 

          Le Gouvernement de Transition ne devrait-il pas être intransigeant sur la refondation des Forces Armées Centre-Africaines (les F.A.C.A.) ?  La sécurisation du territoire et l’unité de la Nation ne seront garantis que par une Armée Nationale.

 

          Ajoutez à cela les gesticulations des ex-Présidents François Bozizé et Michel Djotodia qui  n’ont jamais renoncé au pouvoir.

 

          Et le comportement de la France, pièce maitresse de la situation à Bangui, qui cherche, désormais, à se désengager du marigot centrafricain…

 

QUEL AVENIR POUR LE FORUM DE RECONCILIATION NATIONALE ?

 

          Il est à craindre que ce forum, attendu par la majorité des Centrafricains, ne puisse être organisé dans un tel climat d’instabilité. Aucune élection ne saurait être mise en place sans que la sécurisation du territoire, à l’intérieur de frontières sûres, ne soit établie. 

 

          La population et, en particulier, la jeunesse centrafricaine, attendent du Gouvernement de Transition des actions vigoureuses contre tous les factieux qui défient et humilient la République Centrafricaine. Madame Samba-Panza et son Gouvernement de Transition doivent  monter au front pour garantir l’unité du territoire. La relative  sécurisation de Bangui  ne doit pas faire oublier qu’en dehors de la capitale, le pays est balkanisé. Que la création de Califats est en gestation dans les régions occupées par les sécessionnistes de l’ex-Séléka.

 

          Le Centrafrique a disparu des écrans radars des médias occidentaux, alors que l’armée française est toujours militairement engagée dans le pays. Des négociations secrètes ont-elles eu lieu sur le dos des Centrafricains ? Vont-ils avoir à accepter l’éclatement de leur territoire ?

 

          Les responsables politiques centrafricains, qui ne dénoncent pas dès maintenant, avec force et détermination, les tentatives de balkanisation du pays, devront rendre des comptes à la nation tout entière.

 

          Aujourd’hui, le temps presse, il faut réagir rapidement. Sinon, c’est la population qui se lèvera pour résister et défendre l’intégrité de son territoire.

 

 « ALLA  GBOU  NI NGANGOU ! ALLA  ZIANI  A TI  PEPE

 

(Tenez bon ! Ne laissez pas tomber !)

 

  1. DE KITIKI  (1 février 2015)
RÉPUBLIQUE  CENTRAFRICAINE :  UNITÉ, DIGNITÉ, TRAVAIL (1)

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