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9 février 2015 1 09 /02 /février /2015 00:33

 

 

 

Alain Barluet Le Figaro 08/02/2015 à 19:25

 

Un récent rapport parlementaire souligne que 12 % des soldats de l'opération « Sangaris » sont atteints de troubles post-traumatiques.

 

En République centrafricaine (RCA), même une patrouille de routine, dans les rues de Bangui ou de Bambari, peut virer au cauchemar. Traits tirés, nerfs à vif, suant sous leur casque: les hommes de l'opération «Sangaris» - environ 2.000 militaires - paient le salaire de la peur à chacune de leurs missions quotidiennes. Et lorsque survient un «accrochage», les effets psychologiques peuvent être pires encore. Selon un récent rapport parlementaire signé par Olivier Audibert-Troin (UMP) et Émilienne Poumirol (PS) «12 % des militaires de retour de RCA présentaient des déséquilibres psychologiques se traduisant par un contact altéré avec la réalité, contre 8 % pour l'opération “Pamir”» (qui s'est achevée en Afghanistan le 31 décembre dernier, NDLR).

 

Blessures invisibles

 

Ce qu'on appelle les «blessures invisibles» ou plus prosaïquement l'«état de stress post-traumatique» (ESPT), n'est pas un phénomène nouveau, pas plus que sa détection et sa - difficile - prise en charge. Mais la nature et l'objectif de l'opération «Sangaris» - empêcher les affrontements communautaires - donnent un relief particulier à cette pathologie sournoise. Un ennemi mal identifié, de brusques spirales de violence avec des phases de combat très rapprochées: les militaires français en RCA sont mis sous pression extrême par des foules indiscriminées, d'où peuvent partir sans prévenir des jets de lances et de grenades. Il faut sans cesse s'efforcer de distinguer les miliciens des manifestants en faisant un usage strictement proportionné de la force. Les atrocités à l'arme blanche, perpétrées de part et d'autre, la confrontation à des enfants équipés d'armes de guerre et à des assaillants n'ayant pas peur de mourir laissent des images qui sont autant de séquelles indélébiles. Les troubles qu'elles entraînent peuvent se manifester «en différé», plusieurs mois ou plus plusieurs années après les faits.

 

Lors de la première phase de «Sangaris», lancée en décembre 2013, «le bilan est très négatif», écrivent les deux députés, en soulignant que «le contexte opérationnel réunissait tous les ingrédients pour que l'impact psychologique soit douloureux». Pour les auteurs du rapport, les blessures psychologiques en RCA ont, dans un premier temps, été insuffisamment prises en compte par le commandement, qui s'est contenté de projeter sur le théâtre des opérations une petite cellule de psychologues. «Beaucoup de personnes, au moins un tiers, n'ont donc pas pu être suivies pour leurs problèmes psychiques», soulignent les auteurs.

 

Ces difficultés ont incité l'état-major des armées (EMA) à activer le «sas» de fin de mission, maillon majeur du dispositif d'accompagnement psychologique des combattants. Ceux-ci passent durant quelques jours par un complexe hôtelier de Dakar (auparavant à Paphos, à Chypre) pour «décompresser» avant de retourner en France. Un moyen très utile pour prévenir, détecter et prendre en charge les troubles psychiques. Mais tous les militaires n'y séjournent pas. Et les troubles peuvent se manifester longtemps après les faits. Le rapport propose notamment de créer un groupe pluridisciplinaire (médecins, acteurs sociaux, administratifs et sportifs…) pour assurer un meilleur suivi des traumatismes psychiques.

Lu pour vous : En Centrafrique, le lourd bilan du stress des militaires

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