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4 février 2015 3 04 /02 /février /2015 19:15

 

 

 

04/02/2015 à 18:33 Par Vincent Duhem Jeune Afrique

 

Cela fait maintenant près de dix jours qu'Armel Sayo, ministre de la Jeunesse et des sports, est détenu par des membres d'une milice anti-balaka. Les négociations pour obtenir sa libération bloquent toujours. Explications.

 

Nous sommes le dimanche 25 janvier à Bangui. Il est environ 9 heures (heure locale). Comme chaque semaine, Armel Ningatoloum Sayo, accompagné de son épouse, Nicaise-Danielle, et de son frère cadet, Martial Louba, vient d'assister à la messe donnée par l'église protestante de Galabadja dans le 8e arrondissement de la capitale centrafricaine, quand son véhicule est bloqué par un taxi. Quatre hommes armés en sortent. Tirs de sommation. Le ministre, un capitaine des Forces armées centrafricaines (Faca) et ancien rebelle, tente de les raisonner. Rien n'y fait, les ravisseurs l'emmènent non sans avoir récupéré son téléphone et des effets personnels appartenant à sa famille.

 

L'enlèvement intervient deux jours après la libération de la travailleuse humanitaire française et d'un religieux centrafricain. Les autorités prennent la chose à bras le corps. Un conseil de sécurité se réunit autour de la présidente de transition Catherine Samba-Panza. 

 

Dix jours plus tard, les négociations - menées à Bangui par le ministre de la Sécurité, l'archevêque de Bangui et Monseigneur Nzapalainga, et Ngaissona se poursuivent, mais n'ont guère avancé. Le ministre de la Jeunesse et des sports est détenu dans la banlieue de Bangui. "Il est difficilement localisable parce que ces ravisseurs changent de planquent régulièrement", raconte un proche des négociations.

 

Les ravisseurs, auxquels serait liés un membre de la famille du général autoproclamé "Andilo", exigent une rançon (4,5 millions de FCA selon nos informations) beaucoup trop importantes aux yeux de l'ensemble des parties prenantes. Mais, les choses sont plus complexes. "Ceux qui ont commandité l'enlèvement prennent leur ordre de Nairobi", où se tiennent depuis décembre des négociations informelles entre leaders des groupes armés centrafricains, explique un conseiller de Catherine Samba-Panza. Après avoir sollicité son homologue kenyan pour accueillir ces pourparlers, le président congolais, Denis Sassou Nguesso, a fait marche arrière et s'est opposé à l'accord signé.

 

Cette volte-face, couplée par le rejet de l'Afrique centrale, a contraint les participants à revoir leurs demandes. Certains représentants anti-balaka présents à Nairobi conditionneraient maintenant la libération du ministre des Sports à la nomination de nouveaux représentants au sein du gouvernement…

 

Autre difficulté, le cas Sayo semble diviser la délégation des anti-balaka présente dans la capitale kenayane. L'un d'entre eux, Joachim Kokaté, le connaît bien, les deux sont issus de la même promotion de l'École des officiers de Bangui. Ce dernier, qui occupe le poste de ministre conseiller à la Primature chargée du DDR (Désarmement, démobilisation et désarmement) et à récemment effectué un rapide aller-retour à Paris, tente de faire pression sur les ravisseurs. Pas facile quand, si l'on croit les informations des autorités centrafricaines, c'est un autre membre de la délégation qui aurait téléguidé l'enlèvement…

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Par Vincent DUHEM

Lu pour vous : Centrafrique : pourquoi les négociations pour la libération d'Armel Sayo piétinent ?

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