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24 février 2015 2 24 /02 /février /2015 16:17

 

 

 

http://afrikarabia.com   24 fév 2015  par Christophe RIGAUD

 

Un accord est en passe d’être signé entre François Bozizé et Michel Djotodia afin de respecter la fin des hostilités, signée en juillet 2014. Les deux belligérants sont-ils sincères et quelles conséquences sur le terrain ? Explications.

 

Retour à la case Brazzaville. En quelques articles négociés discrètement à Nairobi, les deux ex-présidents centrafricains, Michel Djotodia et François Bozizé affirment s’engager dans « l’accord de cessation des hostilités signés à Brazzaville en juillet 2014 ». Les deux signataires appellent ensuite « tous (leurs) partisans et sympathisants à soutenir le processus de sortie de crise résultant de l’application effective de la feuille de route de la transition ». Et expriment leur « disponibilité à participer dans l’immédiat à tous les organes et structures en charge de la préparation du Forum politique inclusif de Bangui ». Un accord qui ramène un certain consensus sur l’arrêt des hostilités entre ex-Séléka et anti-Balaka, l’accord devant être signé par Nourredine Adam pour les anciens Séléka et Joachim Kokaté pour les anti-Balaka

 

Bonne nouvelle ?

 

Le premier « vainqueur » (en apparence) de cet accord au forceps, est le président Denis Sassou Nguesso. Son hasardeuse aventure kényane ne se termine pas si mal pour le médiateur congolais. Convoquée par ses soins, sans l’aval de Bangui, de Paris et de l’ONU, la « négociation Sassou » de Nairobi avait soulevé une levée de boucliers internationale – voir notre article. Dans une première version, les belligérants imposaient une amnistie générale et l’ouverture d’une troisième transition, écartant de fait, la présidente Catherine Samba-Panza. Inacceptable, notamment pour la France. Le nouveau texte fait désormais l’impasse sur les deux articles litigieux, passés à la trappe.

 

Condamnés à signer

 

Si Sassou Nguesso sauve son honneur de « patron de la sous-région » et continue, grâce à cet accord, à tenir les cartes centrafricaines éloignés de son rival Idriss Déby… que peut-on attendre de ce texte sur le terrain ? A entendre mes interlocuteurs : pas grand chose. Pour un proche des négociateurs, Michel Djotodia et François Bozizé « ne sont pas sincères » et « ce texte n’aura aucun effet » sur l’insécurité qui prévaut encore en Centrafrique. « Personne n’y croit », me confie-t-il. « Ces deux personnes veulent revenir aux affaires et n’avaient pas d’autre choix que de signer ».  L’ex-Séléka est militairement affaiblie, sous pression de Sangaris et financièrement exsangue. François Bozizé est, quant à lui, très isolé, surestime son poids sur les anti-Balaka et croit dur comme fer à son retour aux manettes. « Boz » aurait donc signé le texte de Nairobi « uniquement pour rentrer en RCA et se présenter aux élections, qu’il est sûr de gagner ».

 

Un « deal » Bozizé-Djotodia ?

 

Ce lundi à Nairobi, un tête-à-tête Bozizé-Djotodia se tenu à 11h du matin dans un hôtel en présence (entre autres) de Jean-Francis Bozizé, Nourredine Adam et Moustapha Saboune. Les deux ex-présidents « se seraient promis de se nommer à la présidence de l’Assemblée nationale si l’un des deux arrivait au pouvoir ». Un « deal » qui en dit long sur les intentions des signataires des accords de Nairobi. De son côté, Michel Djotodia semble ne pas avoir digéré son éviction de la présidence en janvier 2014. Pour l’ex-Séléka, la « partition du pays » et « l’option fédéraliste » sont toujours d’actualité… ainsi que son retour aux affaires pour « finir les 18 mois de présidence de la transition qu’il lui restait à effectuer ».

 

Nairobi, « un mal nécessaire » selon Washington

 

A Bangui, on ne décolère pas sur ces « négociations de substitution » imposée par Sassou. Conséquences de ces « accords », qui rappelons-le, seront signés en dehors de tout cadre légal : c’est l’affaiblissement de la présidente de transition, Catherine Samba-Panza et le « brouillage » du futur Forum de Bangui, prévu fin mars. La relative confusion qui entoure la signature du texte de Nairobi illustre enfin les rapports de force et les divergences de vues entre la France les Etats-unis sur le dossier centrafricain. Selon nos informations, Washington aurait soutenu les négociations de Nairobi, « un mal nécessaire ».

 

« Blanchiment politique »

 

Vu de Bangui, le possible retour de François Bozizé et Michel Djotodia est « une demande audacieuse » pour Thierry Vircoulon, responsable de l’Afrique centrale à International Crisis Group (ICG), et actuellement en mission dans la capitale centrafricaine. « Pour l’homme de la rue, ce sont eux les responsables de la crise actuelle, explique le chercheur. Ils sont tous les deux discrédités aux yeux de la plupart des gens ». Le retour aux affaires des deux ex-présidents constitue « le but ultime de Djotodia et Bozizé, qui voient cela comme une opération de blanchiment politique ». Concernant le rôle de Denis Sassou Nguesso, Thierry Vircoulon voit dans l’initiative de Nairobi, une volonté de combler l’échec de l’accord de Brazzaville. Ce bon spécialiste de la région note toutefois une mauvaise appréciation de la « dynamique du conflit » par le président congolais. Selon lui, « la Séléka est très fragmentée et ne se limite plus au FRPC, à Nourredine Adam et Djotodia. Et de nombreux anti-Balaka n’obéissent pas à Bozizé ». Une lecture de la situation qui nous a été confirmée par d’autres sources. Selon nos informations, l’accord devrait être signé en milieu de semaine en présence des présidents Kagame, Museveni, Sassou Nguesso et Kenyatta.

 

Christophe RIGAUD- Afrikarabia

 

Lu pour vous : Centrafrique : les dessous de l’accord de Nairobi
Lu pour vous : Centrafrique : les dessous de l’accord de Nairobi

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