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19 janvier 2015 1 19 /01 /janvier /2015 00:17

 

 

La fin de la récréation gouvernementale annoncée tambour battant par Catherine Samba-Panza, Présidente de la Transition le jeudi 15 janvier à l’issue du premier conseil de ministres de l’année 2015 a comme un air de déjà vu à l’instar de François Bozizé qui, tous les mois prétendait que la récréation était finie alors qu’il n’en était rien.

 

Le réaménagement technique du gouvernement Kamoun 1- dont l’objectif annoncé devrait consister à se séparer des ministres qui n’avaient pas atteint les résultats attendus et fixés dans leur lettre de mission – qui a été rendu public 24 heures plus tard et qui devait prendre en compte, selon les propres termes de CSP, « les entités les plus représentatives des forces vives de la nation et l’équilibre régional » n’a pas obéi à ces considérations et n’a pas donné lieu aux consultations des dites forces.

 

Les sensibilités du Premier ministre et de la Présidente Samba-Panza y sont manifestes et posent, au-delà des personnalités promues, le problème des valeurs et critères qui ont présidé au choix desdites personnalités, laissant en définitive l’impression que la compétence et l’intégrité morale ne seront en bonne place en République Centrafricaine, même pas pendant la transition supposée jeter les bonnes bases de la refondation de cet Etat qui peine à exister.

 

Le jeu de chaise musicale entre l’ancien ministre des finances et celui des télécommunications qui ont juste permuté leur portefeuille respectif est scandaleux. C’était un secret de polichinelle que le demi-frère du PM, Abdallah Kadre, n’avait jamais fait mystère du fait qu’il n’avait pas apprécié de se retrouver au ministère des télécoms dans le gouvernement André Nzapayéké. Grâce à son demi-frère Kamoun, son rêve d’occuper pleinement le portefeuille des finances dont il a toujours rêvé devient réalité. Sous le règne de Bozizé, il fut ministre délégué au budget et même un moment jeté en prison pour détournement présumé de deniers publics dans l’affaire du prêt indien et de la SONATU.  Son prédécesseur aux finances, Bounandélé-Koumba, venait pourtant à peine de faire adopter son budget par le Conseil National de Transition). L’arrivée d’Abdallah Kadre au ministère des finances pose le problème  du verrouillage des circuits financiers de l’Etat par deux parents. Par ailleurs, la nomination comme ministre délégué aux finances du DG d’Ecobank, d’un personnage comme Célestin Yanindji aussi fortement décrié sur la place de Bangui pour sa gestion contestable de cette banque et l’arnaque des clients ainsi que de la mauvaise gestion de la Fédération de football, en dit aussi long sur l’objectif assigné à un tel personnage.

 

Tout aussi scandaleux est l’arrivée à la Justice d’un parent à CSP qui en un an de gouvernement, en est à son troisième portefeuille. Si ce ne à cause de sa proximité avec Catherine Samba Panza, son maintien dans le gouvernement avec un tel turn-over, est la preuve d’une certaine incompétence ou d’une incompétence certaine. Son remplacement à la tête du ministère de la Défense par Mme Marie-Noelle Koyara, une agronome dont les questions de sécurité ne sont pas forcément les points forts, laisse quelque peu songeur.

 

Le plus sidérant dans ce prétendu réaménagement technique de ce gouvernement de transition est l’arrivée épique d’un personnage sulfureux à la tête du ministère de la sécurité publique, Nicaise Karnou Samedi en remplacement d’un Officier Général, Thierry Marie Métinkoé, pose la question suivante : soit la Présidente de transition ne connait pas cet individu, soit elle a été induite en erreur par celui ou ceux-là mêmes qui le lui ont proposé. Dans l’un et l’autre cas, c’est grave et cette nomination n’honore pas l’Etat parce que s’agissant d’un repris de justice et truand notoire. Que comprend-t-il réellement dans les questions de sécurité pour échouer à la tête de ce département ? Que le ministre sortant soit incompétent, c’est possible. Mais de là à le remplacer par un personnage de cette trempe, il n’y a qu’un pas que seules les autorités de la transition peuvent franchir. Cette nomination est à revoir dans les plus brefs délais pour éviter le pire. Faut-il rappeler que sous le régime de Michel Djotodia, il a fait l’objet d’une arrestation par le DG de la gendarmerie sous l’autorité du ministre de la sécurité d’alors, Josué Binoua, mais rapidement relâché. Aujourd’hui, est-il concevable que ce Nicaise Karnou Samedi devienne le patron de l’ancien DG de la gendarmerie actuellement inspecteur central au sein du ministère de la sécurité !

 

En annonçant avoir demandé à son Premier Ministre d’évaluer les membres de son gouvernement et de lui faire des propositions de remplacement pour les moins méritants, Catherine Samba Panza laisse supposer logiquement que ces derniers quitteront purement et simplement le gouvernement. Le problème ici c’est que entre les moins méritants, il y a encore les plus méritants qu’on fait muter pour d’autres portefeuilles où on n’a aucune certitude que leur compétence explosera cette fois-ci. Ceux qui en doutent encore peuvent se le tenir pour dit : la fin de la récréation a encore de beaux jours devant elle. Mais pour l’image du pays, la crédibilité du gouvernement et son efficacité, il est urgent de revenir sur ce réaménagement technique. Les Centrafricains ne sont pas tous pourris. Loin de là.

 

Damien Guitongo

Tribune libre : Réaménagement technique du gouvernement de transition : La récréation continue ! par Damien Guitongo

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