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25 janvier 2015 7 25 /01 /janvier /2015 18:51

 

 

Un ministre enlevé en Centrafrique

 

Le Monde.fr avec AFP et Reuters

 

Le ministre centrafricain de la jeunesse et des sports, Armel Ningatoloum Sayo, a été enlevé dimanche 25 janvier par des hommes armés, a-t-on appris auprès de son épouse, Nicaise Danielle Sayo, qui a assisté au kidnapping.

 

« Mon mari [a été] effectivement enlevé au quartier Galabadja dans le 8e arrondissement [nord de Bangui]. C'était ce matin aux environs de 9 heures, alors qu'il se trouvait au volant de sa voiture de commandement. Nous étions trois dans le véhicule en train de rentrer de l'église. Les ravisseurs sont arrivés à bord d'un taxi non numéroté, ni immatriculé. »

 

Selon une source proche de la famille, « le ministre et son épouse rentraient du culte à l'église protestante de Galabadja, quand deux véhicules ont foncé sur sa voiture et bloqué sa progression ».

 

« Quatre hommes armés étaient à bord. Trois sont sortis et ont tiré des coups de feu en l'air. Le ministre leur a demandé “Quel est le problème ?”, mais ils lui ont intimé l'ordre de monter à bord du taxi. Il est donc monté, ils ont fouillé la voiture et pris le sac de son épouse. Puis ils sont partis en direction du 4e arrondissement [quartier de Boy-Rabe]. »

 

Des enlèvements en série

 

Le rapt n'a pas encore été revendiqué. C'est la première fois qu'un membre du gouvernement en fonction est kidnappé au Centrafrique. Armel Ningatoloum Sayo était le chef de la rébellion Mouvement Révolution-Justice basée dans le nord-ouest du pays. Il est entré au gouvernement après la signature de l'accord de cessation des hostilités du 23 juillet.

 

Cet enlèvement survient deux jours après la libération de l'humanitaire française Thérèse « Claudia » Priest, kidnappée lundi 19 janvier par des anti-balaka en compagnie d'un Centrafricain travaillant pour la même ONG médicale catholique, Codis. Une employée de la Mission des Nations-unies en République centrafricaine (Minusca) enlevée mardi par des individus armés dans la capitale a été elle aussi libérée.

 

La République centrafricaine est déchirée par les affrontements entre anciens rebelles musulmans de la Seleka et miliciens anti-balaka, qui ont fait des milliers de morts et près d'un million de déplacés.

 

La France a décidé de retirer progressivement ses troupes de la République centrafricaine, où les soldats de la Minusca sont en cours de déploiement.

 


 

Série d’enlèvements à Bangui

 

Par Cyril Bensimon   LE MONDE

 

Le rapt, de préférence d’expatriés, serait-il devenu un mode de revendication pour les groupes armés centrafricains ? Une employée irakienne de la Mission des Nations unies (Minusca) a été kidnappée, mardi 20 janvier, à Bangui, au lendemain de l’enlèvement d’une ressortissante française et d’un prêtre centrafricain. Ces deux actes ont été perpétrés par des miliciens anti-balaka qui entendent obtenir la libération d’un de leurs chefs, le « général Andilo », de son vrai nom Rodrigue Ngaïbona, arrêté samedi par des casques bleus à Bouca, une localité du centre-ouest du pays. « Dès le lendemain, on a compris que ça allait chauffer dans les quartiers nord de Bangui car Andilo avait fait une déclaration il y a quelques jours où il appelait à l’apaisement », explique une source sécuritaire.

 

Les craintes étaient fondées. Durant la nuit de dimanche à lundi, des tirs sont entendus, un mort est à déplorer, et dans la matinée, Thérèse « Claudia » Priest, une Française de 67 ans, trésorière d’« Imohoro », une petite association venant en aide à plusieurs villages, ainsi qu’un prêtre, Gustave Reosse, tombent dans une embuscade. « Quatre anti-balaka sont sortis et nous ont pointés avec leurs armes… Ils nous ont dépouillés de tout et ont pris deux otages, dont la dame française », raconte Elknana Dawatcha de la coordination diocésaine de la santé (Codis) qui a échappé aux ravisseurs. Très vite, Mgr Dieudonné Nzapalainga, l’archevêque de Bangui, entouré de personnalités religieuses et civiles, ouvre des discussions avec des responsables de la mouvance anti-balaka dans une paroisse de Boy Rabe, le quartier où sont retenus les otages bouclé par les soldats français de l’opération Sangaris. En fin d’après-midi, leur libération est annoncée comme « imminente » par des sources officielles françaises mais les pourparlers n’aboutissent pas, principalement en raison de l’intervention du frère du général Andilo qui promet d’autres enlèvements si ses exigences ne sont pas satisfaites.

 

« Contre la réconciliation »

 

Mardi matin, la menace est mise à exécution : un groupe d’anti-balaka attaque cette fois un minibus de l’ONU aux abords de l’aéroport. Une employée irakienne de la Minusca est emmenée. Les Nations unies précisent qu’« une tentative similaire avait échoué un peu plus tôt ». La fonctionnaire de l’ONU sera finalement libérée dans l’après-midi. « Nous condamnons l’arrestation d’Andilo qui ne va pas dans le sens de la réconciliation mais nous travaillons à l’apaisement et essayons de convaincre ceux qui détiennent encore les deux otages », précise Igor Lamaka, un porte-parole des anti-balaka, certain que « ça va aboutir ». Mercredi matin, cette prédiction ne s’était toujours réalisée.

 

Si les ex-rebelles de la Séléka ont été les premiers à mener des enlèvements après leur prise du pouvoir en mars 2013, en séquestrant, pour de courtes durées et contre de modiques rançons, des hommes d’affaires, voire de simples citoyens, humanitaires et diplomates s’accordent à dire que ces rapts sont à mettre en relation avec le précédent Abdoulaye Miskine.

 

Le 27 novembre, le chef du Front démocratique du peuple centrafricain avait été relâché de la prison camerounaise où il était détenu depuis plus d’un an en contrepartie de la libération de 26 otages, dont un prêtre polonais, retenus pendant près de deux mois par ses hommes. Les négociations avaient été menées par les services du Cameroun, dont 15 ressortissants figuraient parmi les otages, du Congo et par un ancien ministre centrafricain, Karim Meckassoua. Aussitôt après sa sortie de cellule, le chef de guerre, accusé de multiples crimes commis entre 2002 et 2013, s’était envolé pour Brazzaville pour y être reçu par le président congolais Denis Sassou Nguesso, le médiateur de la crise centrafricaine. La Fédération internationale des droits de l’homme avait alors dénoncé ce traitement de faveur qui démontre « comment s’est construite l’impunité en Centrafrique ».

 

Cyril Bensimon

Série d’enlèvements à Bangui

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