Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

10 janvier 2015 6 10 /01 /janvier /2015 01:08

 

 

Par Cyril Bensimon et Christophe Châtelot  LE MONDE


La cavale meurtrière de Dominic Ongwen s’est achevée dans le nord-est de la Républicaine centrafricaine (RCA), à des milliers de kilomètres de son point de départ, il y a vingt-cinq ans, dans le septentrion de l’Ouganda. Ce chef militaire de l’Armée de résistance du Seigneur (Lord’s Resistance Army, LRA), recherché depuis dix ans par la justice internationale, ne se serait pas rendu volontairement, comme l’ont annoncé Washington puis l’armée ougandaise. Il aurait été capturé par des éléments de l’ex-Séléka, la rébellion centrafricaine qui contrôle la zone, puis remis aux soldats américains. Les Etats-Unis ont déployé depuis 2011 une centaine de soldats en Afrique centrale pour appuyer les armées de la région dans la traque de la LRA.

 

« Le 2 janvier, un villageois est venu nous prévenir que la LRA allait nous attaquer à Sam Ouandja, raconte le commandant Amat Mounir. Je suis alors parti avec deux sections, soit soixante hommes, pour les intercepter. Vers 18 h 30, nous avons eu un accrochage au niveau du village de Koto 3, à 35 kilomètres plus au nord. Ils ont perdu trois hommes dans les combats, nous avons fait prisonnier leur chef. » Selon cet officier de l’ex-Séléka, le captif a ensuite été emmené à la base militaire de Sam Ouandja où un détachement des forces spéciales américaines est venu le chercher le 5 janvier au matin.

 

« Si j’avais su, je l’aurais tué sur place »

 

« Nous les avions prévenus et ils sont arrivés avec deux hélicoptères. L’un est resté en l’air et de l’autre sont sortis neuf soldats. Dominic Ongwen croyait que c’étaient les Ougandais et qu’ils allaient le tuer. Il refusait catégoriquement d’être livré, même aux Américains », poursuit le commandant Amat Mounir, contrarié que les Etats-Unis n’aient pas salué son travail et plus encore de ne pas avoir empoché la prime de 5 millions de dollars (4,2 millions d’euros) promis par Washington pour la capture effectuée. « Si j’avais su, je l’aurais tué sur place », conclut-il fermement.

 

Transféré sur une base de l’armée américaine à Obo, dans l’extrême sud-est de la RCA, Dominic Ongwen attend désormais d’être fixé sur son sort judiciaire. Sera-t-il remis à la Cour pénale internationale (CPI), qui l’a inculpé en 2005 pour crimes contre l’humanité, ou à l’Ouganda, son pays, pour un éventuel procès ? En dépit des attaques verbales répétées du président Yoweri Museveni contre la CPI, un membre du bureau du procureur se dit plutôt confiant dans l’extradition prochaine à La Haye de Dominic Ongwen. « Les Américains ont pris des engagements sur l’arrestation des leaders de la LRA. Les Centrafricains sont prêts à nous faciliter la tâche et avec les Ougandais, malgré les déclarations du président, ça se passe bien jusque-là, confie cette source. On est en train de dépoussiérer le dossier, mais sur cette affaire on est très solide. » Début décembre 2014, la CPI avait abandonné ses poursuites contre le président kényan Uhuru Kenyatta, faute de preuves. Le cas d’un commandant d’une milice moribonde, dont la renommée mondiale s’est construite sur la violence de ses crimes, est moins complexe à régler que celui d’un chef d’Etat en exercice.

 

Le parcours de Dominic Ongwen est jalonné de crimes, subis et infligés. Sasha Lezhnev, de l’ONG américaine Enough Project, rappelle qu’avant de gravir les échelons au sein de la LRA, celui qui est suspecté d’avoir notamment commandé, en février 2004, le massacre de plus de 200 civils, dont 67 enfants, dans le camp de déplacés de Barlonyo, dans le nord de l’Ouganda, fut enrôlé de force à l’âge de 10 ans. A ce titre, Kampala pourrait lui offrir une amnistie.

 

Les attaques de la LRA en baisse

 

Depuis des années, le mouvement fondé par Joseph Kony ne représente plus une menace pour le pouvoir ougandais. Ses quelques centaines de combattants maraudent en petits groupes entre la RCA, la République démocratique du Congo, le Soudan et le Soudan du Sud. « Ils ne font que piller et brûler les villages », décrit le commandant Amat Mounir. « La mobilisation internationale commence à porter ses fruits. Le nombre d’attaques de la LRA a chuté de 90 % par rapport à la fin des années 2000 et les redditions ont augmenté. Mais on note simultanément une reprise des enlèvements ces derniers mois », ajoute Sasha Lezhnev.

 

Le chercheur s’inquiète également d« un regain d’activité, en collaboration avec des éléments de l’ex-Séléka, dans le commerce illicite d’ivoire, de diamants et d’or dont s’occuperait tout particulièrement Ali Kony, l’un des fils de Joseph Kony ». En 2013, Michel Djotodia, le chef de la Séléka alors au pouvoir en RCA, avait prétendu disposer du contact direct du chef rebelle et d’être en mesure d’obtenir sa reddition. Ses déclarations étaient restées sans effet. Des cinq cadres de la LRA inculpés par la CPI, Joseph Kony serait aujourd’hui le seul survivant toujours en fuite. Seule sa capture semble en mesure de mettre un terme définitif à l’errance criminelle de ce groupe armé politico-mystique.

 

A Sam Ouandja, le commandant Amat Mounir veut encore croire à une carrière de chasseur de primes. « Dominic Ongwen n’était pas sûr mais il m’a montré sur la carte un village à environ 300 km de là où serait Kony. J’ai proposé aux Américains de les aider à l’attraper. J’attends. »

 

Cyril Bensimon


 

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/01/09/un-chef-rebelle-ougandais-capture-en-centrafrique_4552639_3212.html#ObAGJFYMHyvpoHvT.99

 

 

LRA : interrogations sur le sort d'Ongwen

 

Le Monde.fr avec AFP


L'Ouganda et les Etats-Unis discutent du sort de Dominic Ongwen, un des principaux chefs de la sanglante rébellion LRA recherché à la fois par la Cour pénale internationale (CPI), Washington et Kampala. L'armée ougandaise a pu « le voir alors qu'il était encore détenu par les Américains, et des discussions sont en cours pour déterminer s'il nous sera remis bientôt », a expliqué le ministre de la défense ougandais, Crispus Kiyonga.

 

Dominic Ongwen, un des principaux chefs de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA), s'est rendu cette semaine aux forces spéciales américaines en Centrafrique. Il est recherché par la CPI pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre, notamment pour esclavage d'enfants.

 

INTERROGATIONS SUR LE SORT RÉSERVÉ À OGWEN

 

Les Etats-Unis, qui ne sont pas membres de la CPI, offraient 5 millions de dollars pour sa capture.

 

Si Ongwen était remis à l'Ouganda, membre de la CPI, il serait tenu de lui livrer le rebelle. Mais le président ougandais Yoweri Museveni ne cesse de tirer à boulets rouges sur la Cour, l'accusant de ne viser par principe que des Africains.

 

Le ministre de la défense ougandais ne s'est pas prononcé sur ce que ferait Kampala si Ongwen lui était livré. « Nous menons des consultations avec les autorités concernées, l'ONU et l'Union africaine », a-t-il dit, rappelant que l'Ouganda a lui-même « mis en place des chambres spéciales pour juger les crimes de guerre ».

 

TRAQUE DANS LA FORÊT ÉQUATORIALE

 

Selon le ministre, la reddition du rebelle est le fruit de « pressions constantes » de la force de l'Union africaine, pilotée par Kampala et appuyée par les forces spéciales américaines, qui traque les derniers combattants de la LRA éparpillés dans les forêts équatoriales de la région.

 

La LRA a été créée dans le nord de l'Ouganda en 1987 sur les ruines du Mouvement du Saint-Esprit de la prêtresse Alice Lakwena, qui serait apparentée au chef de la milice, Joseph Kony. Le mouvement, chassé en 2006 de l'Ouganda par l'armée, s'est alors scindé en petits groupes.

 

Selon l'ONU, cette rébellion a tué plus de 100 000 personnes depuis 1987 en Afrique centrale et a enlevé plus de 6 000 enfants. Selon l'armée ougandaise, Joseph Kony, également poursuivi par la CPI, reste le dernier dirigeant de la LRA toujours en liberté.


http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/01/08/un-chef-de-la-lra-remis-a-l-ouganda_4551254_3212.html#P2Gp5Qwtuge0RLYB.99

 

Lu pour vous : Un chef rebelle ougandais capturé en Centrafrique

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com