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11 janvier 2015 7 11 /01 /janvier /2015 00:06

 

 

afrikarabia.com  10 janv 2015

 

La stratégie autour du possible come back de Jean-Pierre Bemba se met en place au MLC. Fidèle Babala, un proche du « chairman », prévoit son retour avant la présidentielle de 2016.

 

2015 sera-t-elle l’année du retour de Jean-Pierre Bemba en République démocratique du Congo (RDC) ? C’est ce qu’espère Fidèle Babala, le secrétaire général adjoint du parti. Selon lui, le dénouement est proche pour le président du Mouvement de Libération du Congo (MLC), actuellement emprisonné par la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye. « Au plus tard, nous serons fixés en mars 2015 » explique ce proche de Bemba, qui verrait bien son patron libéré courant 2015… soit un an avant la présidentielle prévue fin 2016. « C’est une évidence que Jean-Pierre Bemba reviendra, nous confie Fidèle Babala, le procès est maintenant terminé et je n’ai aucun doute sur son issu, le dossier est complètement vide ».

 

La responsabilité de Jean-Pierre Bemba reste à établir

 

Jean-Pierre avait été arrêté en 2008, poursuivi par la justice internationale pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre pour des exactions qu’auraient commis ces hommes en Centrafrique entre 2002 et 2003. A cet époque, le chef du MLC, avait envoyé des troupes pour soutenir le président centrafricain Ange-Félix Patassé, attaqué par la rébellion de François Bozizé. Si la participation des hommes du MLC aux combats en Centrafrique est désormais établie, la responsabilité de Jean-Pierre Bemba fait débat. Le patron du MLC n’était pas en Centrafrique à l’époque. Pour Fidèle Babala, « Bemba était le chef du MLC au Congo et non en Centrafrique ». Les proches de Bemba ont toujours dénoncé un « procès politique », visant à écarter un challenger gênant pour le président Joseph Kabila. Dans ce dossier centrafricain, Bemba a été le seul à être inquiété. Le président centrafricain de l’époque, Ange-Félix Patassé, aujourd’hui décédé, n’avait d’ailleurs jamais été convoqué par la justice internationale.

 

Une longue absence

 

Misant sur une libération de Jean-Pierre Bemba avant les élections générales de 2016, le MLC tente de se mettre en ordre de bataille pour préparer un retour réussi de son poulain, possible candidat à la prochaine présidentielle. La tâche est lourde. En 16 ans d’existence, le MLC a été privé de son leader pendant 8 ans. Pendant cette longue absence, plusieurs cadres ont quitté le navire et se sont rapprochés de la Majorité présidentielle, comme Olivier Kamitatu, aujourd’hui ministre ou François Muamba, actuellement coordonnateur du Mécanisme national de suivi de l’accord d’Addis-Abeba. Dernier départ en date : le numéro 2 du parti, Thomas Luhaka, qui rejoint le gouvernement de cohésion nationale, souhaité par le président Joseph Kabila. Fidèle Babala n’a pas de mots assez durs pour dénoncer cette « trahison ». « C »est juste du débauchage, le MLC n’a jamais signé d’accord de gouvernement. Thomas Lusaka a fait croire à Kabila qu’il amenait avec lui le MLC, c’est bien entendu faux. Selon nos statuts, Thomas Lusaka ne fait plus parti de notre mouvement. C’est une démission tacite. Le débat est clos ».

 

« Aller aux élections »

 

Mais attention, le calendrier électoral, toujours très « fluctuant » en RDC, pourrait ne pas être tenu. Comme d’autres partis d’opposition, le MLC de Fidèle Babala craint que l’opération de recensement générale de la population, lancée dernièrement par Joseph Kabila, ne soit qu’un « échappatoire pour faire glisser le calendrier » et se maintenir au pouvoir au-delà de 2016. « Le recensement de la population ne doit pas être lié avec les élections » explique Babala. « Tous les habitants ne votent pas. Ce qui est important c’est l’enrôlement et la bonne tenue des listes électorales. Le problème c’est que l’audit du fichier n’a pas encore été réalisé ». La priorité pour le MLC, c’est donc « d’aller aux élections ».

 

Tshisekedi, Kamerhe… et les autres

 

Dans l’hypothèse (très optimiste) d’un scrutin présidentiel en 2016, quelle sera la stratégie du MLC ? Dans le camp de l’opposition, les candidats sont nombreux face à Jean-Pierre Bemba, qui avait échoué au second tour de la présidentielle de 2006 face à Joseph Kabila. A la différence de 2006, en 2016 le scrutin ne sera plus qu’à un seul tour… les places pour représentant l’opposition face à Joseph Kabila ou à un de ses poulains seront donc très chères. L’UDPS d’Etienne Tshisekedi présentera sans aucun doute un candidat. Le fils du « sphinx de Limete », Félix, est pour le moment le mieux placé, si son père, vieux et malade, renonce à se présenter. L’ancien directeur de campagne de Joseph Kabila, Vital Kamerhe,   passé dans l’opposition depuis 2009 sera également en lice avec son parti l’UNC. D’autres opposants tenteront sous doute leur chance, comme Martin Fayulu ou Samy Badibanga (et bien d’autres), mais un nouveau personnage pourrait changer la donne : Moïse Katumbi, le très riche et célèbre gouverneur du Katanga.

 

« La stratégie de Kamerhe n’est pas la bonne »

 

Pour le MLC, la stratégie avancée par Fidèle Babala pourrait être de présenter un « ticket » pour la présidentielle. Jean-Pierre Bemba s’afficherait avec une autre personnalité de l’opposition, qui à terme, pourrait devenir son Premier ministre. Vital Kamerhe, ne recueille visiblement pas les suffrages de Fidèle Babala. Il critique notamment la stratégie des « manifestations à répétition » lancées par Kamerhe et l’UDPS. « On fatigue tout le monde avec ces manifestations. Il faut attendre que Joseph Kabila change la Constitution pour descendre dans la rue. Avant, cela ne sert à rien. Kamerhe a perdu beaucoup de crédibilité. Tout le monde ne le suit pas. La stratégie de Kamerhe n’est pas la bonne ».

 

Bemba veut faire un « ticket »… avec qui ?

 

Pour savoir qui pourrait faire équipe avec le Sénateur Bemba, il faut demander à Fidèle Babala ce qu’il pense du discours de Moïse Katumbi, lors de son retour à Lubumbashi le 23 décembre 2014. Le très populaire gouverneur Katanga avait alors utilisé une métaphore sportive pour mettre en garde le président Kabila contre sa volonté de se maintenir au pouvoir. Le discours avait jeté le trouble dans la Majorité présidentielle, dont est censé faire partie Katumbi. Fidèle Babala salue un discours « courageux et légitime ». Katumbi est-il désormais dans l’opposition ? « Il est le bienvenu » affirme Babala qui note qu’il faut « une conjonction de force pour gagner les élections ». Un Bemba, venant de l’Equateur et faisant le plein des voix à Kinshasa et un Katumbi, très populaire au Katanga, pourrait donc former le ticket idéal. Jean-Claude Muyambo, président du Scode, qui a récemment quitté la majorité présidentielle avec fracas, recueille également les faveurs de Fidèle Babala.

 

Electrochoc ?

 

Le MLC redessine donc sa stratégie de conquête avec l’espoir de voir Jean-Pierre Bemba libre avant 2016. Mais une question reste encore en suspend : quel poids politique représente encore Jean-Pierre Bemba au Congo, après 8 années d’emprisonnement ? Fidèle Babala croit au retour gagnant du « chairman ». « Le retour de Bemba à Kinshasa sera un choc. Un choc qui pourrait donner le signal du départ de Kabila ». Sa popularité ne s’est-elle pas émoussée ? « Non, tonne Babala, il est encore très populaire, il remplira un stade dès son arrivée à Kinshasa ». Mais pour l’instant, le moment du retour triomphal est encore loin. La Cour pénale internationale pourrait encore faire traîner la procédure et Fidèle Babala, en liberté provisoire à la suite d’une accusation de subornation de témoins, n’en a pas fini avec la justice internationale. Il n’empêche qu’un retour de Jean-Pierre Bemba à Kinshasa constituerait sous doute un vrai électrochoc dans la classe politique congolaise. Les cartes seraient alors rebattues dans l’opposition, mais aussi dans les partis satellites proches de la majorité, ou le retour de Bemba pourrait constituer une bonne occasion de changer de camp.

 

Christophe RIGAUD – Afrikarabia

Lu pour vous : RDC : le retour programmé de Jean-Pierre Bemba

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