Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

13 janvier 2015 2 13 /01 /janvier /2015 20:43

 

 

 

Par   13-01-2015 à 09:31

 

Ce lundi 12 janvier, Boko Haram a essuyé un cuisant revers lors d’une incursion contre une position de l'armée camerounaise dans la région de Kolofata, dans l'extrême nord du pays. Les jihadistes, venus en nombre du Nigeria voisin, avaient pour cible un camp militaire tenu par des militaires camerounais. L'assaut s'est soldé par 143 morts côté Boko Haram et un soldat camerounais tué, selon le gouvernement.

 

Les chiffres officiels font état de 143 islamistes tués. Un important arsenal de guerre a été saisi, comprenant notamment des fusils d’assaut de différentes marques, des armes lourdes, des munitions de tous les calibres, et des terminaux de transmission.

 

Le ministre de la Communication, qui signe le communiqué au nom du gouvernement, précise que c’est de loin la plus lourde perte subie par la secte islamiste depuis qu’elle a entrepris ses attaques contre le Cameroun. L’assaut de Kolofata est intervenu à 6h30 (heure de Yaoundé), précise le porte-parole du gouvernement. Les assaillants, profitant de la brume, ont essayé de prendre par surprise les forces de défense camerounaises qui y tiennent un camp.

 

Les combats qui s’en sont suivi ont duré plus de cinq heures, et les jihadistes neutralisés sont retournés en débandade vers la frontière avec le Nigeria. Le bilan fait état, côté Cameroun, d’un soldat mort et de quatre autres blessés. Quelques photos particulièrement effroyables des combats ont été diffusées sur les réseaux sociaux.

 

Troisième attaque depuis juillet

 

Cela fait trois fois depuis juillet que la ville de Kolofata est attaquée. La dernière attaque remontait tout juste au lundi 5 janvier dernier. RFI a réussi à joindre un fonctionnaire de Kolofata. Il avait déjà mis sa famille à l'abri après l'attaque sanglante de juillet. Mais cette fois-ci, il a lui-même plié bagage pour venir se réfugier à Maroua, plus au sud. Il témoigne de ces événements tragiques :

 

« J'étais dans ma chambre et à 6h44, j'ai commencé à entendre des coups de feu [...] Finalement, ça a perduré et c'est devenu un brasier de tirs terribles. J'ai vécu ce calvaire, ainsi que tous ceux qui étaient encore dans Kolofata, pendant une heure et 26 minutes. On se demandait quand tout cela allait finir et ce qu'il  se passait. »

 

« Finalement, j'ai appelé un peu partout, explique-t-il, et on m'a dit que les Boko Haram étaient arrivés et qu'ils avaient attaqué la base militaire. Ils ont voulu pénétrer en ville, mais comme la base militaire est juste au-dessus de Kolofata, donc du côté nord, ils ont été stoppés net. Je crois qu'il y a eu aussi un renfort, venu de la ville de Maroua. La population a fui. Presque tout le monde est parti. Ceux qui vont vivre à Kolofata, ce sont des vieillards qui ne savent plus où aller, ni quoi faire. »


■ Témoignage

 

L'archevêque de Jos, ville nigériane régulièrement touchée par des affrontements confessionnels, juge que la communauté internationale n'en fait pas assez pour lutter contre Boko Haram. Ignatius Kaigama plaide pour que le concert des nations s'inspire de la mobilisation entrainée par les attaques ayant frappé la France depuis mercredi dernier. Pour l'homme d'Eglise, les évènements camerounais démontrent que toute la région est menacée. Ci-dessous, son appel sur les antennes de RFI :

 

« Cela démontre à quel point la situation est grave. Mais aujourd'hui, cela ne touche pas seulement le Nigeria ; les pays voisins aussi. Et là-bas, ils vont faire la même chose qu'ici. C'est pour ça que nous appelons à des efforts concertés pour régler cette question de Boko Haram. Là, ils s'en prennent au Cameroun, ensuite ce sera le Tchad ou le Niger. Bref, tous les pays voisins... Et quand ils en auront fini avec ces pays-là, ils iront sûrement au-delà. Donc, nous appelons à ce qu'une solution efficace soit trouvée, qui doit être mise en œuvre d'abord par le Nigeria, mais ensuite le soutien de la communauté internationale est nécessaire. »

 

 

Boko Haram est en train de mettre le feu (au Cameroun)

 

Yaoundé (AFP) - "Boko Haram est en train de mettre le feu (au Cameroun) et personne ne bouge le moindre petit doigt", constate, amer, un responsable militaire camerounais après un nouveau raid meurtrier des islamistes armés nigérians contre une ville de la province de l'Extrême-Nord.

 

Pose d'explosifs, attaques de véhicules de transports en commun et de bases militaires, incendies dans les villages, vols de bétail: la multiplication depuis des mois des actes de la nébuleuse Boko Haram dans cette région du Cameroun inquiète les autorités militaires et civiles et effraie la population locale.

 

Lundi, d'intenses combats ont éclaté autour d'un camp militaire à Kolofata, à une dizaine de kilomètres de la frontière, opposant soldats camerounais à des centaines d'islamistes venus du Nigeria voisin. Selon le gouvernement camerounais, "143 terroristes" et un soldat ont été tués tandis qu'un important arsenal de guerre a été saisi.

 

Il s'agit de la première attaque d'envergure menée dans l'extrême-nord du Cameroun depuis que le chef du groupe islamiste, Abubakar Shekau, a, dans une vidéo postée début janvier sur Youtube, mis en garde le président camerounais Paul Biya.

 

"Paul Biya, si tu ne mets pas fin à ton plan maléfique, tu vas avoir droit au même sort que le Nigeria (...) Tes soldats ne peuvent rien contre nous", a-t-il déclaré.

 

Boko Haram a lancé depuis plusieurs mois une série d'attaques dans la région de l'Extrême-Nord qui partage une longue frontière avec le nord-est du Nigeria où la secte progresse à un rythme fulgurant, semant la terreur sur son passage.

 

Le principal axe routier du nord du Cameroun, reliant Maroua à Kousseri, poste-frontière avec le Tchad, est désormais sous le menace permanente d'attaques de Boko Haram.

 

Dans les zones situées près des frontières, les villageois migrent vers l'intérieur de la région, redoutant les exactions des islamistes armés.

 

"Ils (les islamistes) circulent tous les jours et partout (en territoire camerounais). Ils vont dans les villages, prennent les boeufs et les moutons. Ils rançonnent les gens", relate une source proche des autorités traditionnelles de la région.

 

"Les gens souffrent. Boko Haram circule facilement parce qu'ils disposent d'éclaireurs (camerounais) qui les renseignent", rapporte cette source, qui demande l'anonymat pour des raisons de sécurité.

 

Du côté du Nigeria, le groupe islamiste a pris le 3 janvier le contrôle de la ville de Baga, sur les rives du lac Tchad, où il était prévu de positionner une force multinationale chargée de la combattre.

 

Des jours plus tard, il est revenu raser la ville et une quinzaine de villages aux alentours, perpétrant la tuerie "la plus meurtrière" de son histoire, selon l'armée nigériane. Depuis son début en 2009, l'insurrection et sa répression ont fait pas moins de 13.000 morts.

 

- 'Séisme venu du Nigeria' -

 

Au Cameroun, l'attitude du Nigeria et de la communauté internationale face à la progression de Boko Haram est très critiquée.

 

"Les soldats nigérians désertent leurs positions en abandonnant leurs armes. Ce sont avec leurs armes que nous sommes attaqués", accuse le responsable militaire camerounais.

 

"L'ONU a condamné la situation dans l'extrême-nord du Cameroun, mais elle ne doit pas se contenter d'une simple condamnation. Elle doit agir", demande cet officier.

 

"Le séisme vient du Nigeria et nous nous battons seuls pour contenir la menace", se désole pour sa part un chef du Bataillon d'intervention rapide (BIR), une unité d'élite de l'armée camerounaise en première ligne de la guerre contre Boko Haram.

 

"Le Nigeria est irresponsable", tranche, ferme un lamido (chef traditionnel) de la région.

 

Le Cameroun a longtemps été considéré par le Nigeria comme le maillon faible de la lutte contre les islamistes nigérians ceux-ci, utilisant son territoire comme base arrière et comme axe de transit d'armes. En décembre, Yaoundé a fait intervenir pour la première fois son aviation contre Boko Haram.

 

Actuellement, plus de 2.000 hommes sont déployés dans l'extrême-nord du Cameroun pour combattre les islamistes nigérians, mais des responsables militaires estiment à environ 30.000 le nombre de soldats qu'il faudrait pour mieux contrôler cette région où la frontière avec le Nigeria est très poreuse.

Le Cameroun fait état d'un lourd revers subi par Boko Haram à Kolofata

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com