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30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 16:28

 

 

 

Par RFI  Pierre Pinto 30-01-2015 à 14:06

 

Dans Appels sur l’actualité, les auditeurs veulent en savoir plus sur ce chef de milice anti-balaka arrêté à Bouca le 17 janvier par la Minusca, la force de l'Onu, à 300 kilomètres au nord de la capitale. Rodrigue Ngaibona dit «Andilo» était recherché depuis des mois pour meurtre, rébellion, viol ou pillage, selon le procureur général de Bangui, Maurice Dibert Dollet, qui n'exclut pas que le suspect soit jugé devant la Cour pénale internationale qui enquête sur les exactions en République centrafricaine.

 

Qui est ce chef de milice anti-balaka arrêté la semaine dernière en Centrafrique ?


Le « Général Andilo », de son vrai nom Rodrigue Ngaibona, fait un peu figure d’électron libre - difficilement contrôlable. Il a d’ailleurs souvent eu maille à partir avec d’autre chefs de milice anti-balaka. On trouve pour la première fois sa trace en 2012 dans un rapport d’International Crisis group. Andilo n’a pas 25 ans, mais il est déjà connu dans la région de Batangafo pour être un coupeur de route, un voleur de bétail, dont les autorités tchadiennes auraient d’ailleurs demandé la neutralisation à Bangui.

 

Quel est son parcours ?

 

Avec son groupe, le 5 décembre 2013, celui qui ne se prétend alors que « colonel », participe à la vaste offensive sur Bangui. C’est déjà un des leaders important de la mouvance anti-balaka, mais les mois suivants, Andilo monte en puissance. S’il fuit les médias, il apparaît dans un reportage de l’AFP effectué après le 5 décembre à Bangui. Il est décrit comme sous l’emprise de drogues ou de médicaments - répétant à l’envi qu’il est là pour chasser Michel Djotodia du pouvoir. Et quand le journaliste l’interroge sur le massacre des musulmans, il élude la question… Mais si Andilo est donc peu visible dans les médias, il est souvent mentionné dans les rapports du groupe d’experts des Nations unies sur la Centrafrique !

 

Que lui reproche-t-on ?

 

En avril 2014 à Bouca, il inflige une cuisante défaite à un lieutenant du puissant chef Seleka Mahmat Al Khatim. En juillet et en août, son groupe, très actif dans cette zone, est à la pointe de l'attaque contre les Seleka à Batangafo. Quelques jours plus tard, il affronte avec ses hommes à Bangui une autre faction anti-balaka commandée par d'anciens militaires dans le 4e arrondissement. Ces affrontements violents ne s'arrêtent qu’en échange de plusieurs véhicules… En septembre, il est soupçonné d'être à l'origine de l'incendie d'un village entre Damara et Bouca, où un proche a été tué la veille. En octobre, il s'en prend à un convoi de la Minusca à Bangui : un casque bleu pakistanais est tué. Début janvier 2015, Andilo joue les stabilisateurs, lançant un ultimatum aux braqueurs et voleurs de son fief de Boy Rabe. Mais quelques jours plus tard, peu avant son arrestation à Bouca, on le soupçonne d'avoir braqué une église du 4e arrondissement de Bangui pour voler le véhicule du diacre ! On le voit, le « Général Andilo » est un homme puissant, violent, beaucoup craint car toujours aux confins de la lutte armée et du banditisme. Et également détesté au sein-même de la mouvance anti-balaka, justement parce qu’incontrôlable.

 

Son arrestation pourrait-elle avoir un impact sur le processus de réconciliation ?


Les faits auxquels on a assisté ces derniers jours sont une réponse à cette question… Andilo est soupçonné d’être derrière une attaque qui a coûté la vie à un casque bleu pakistanais. Et s’en prendre à un casque bleu, en droit international, c’est un crime de guerre que la mission onusienne ne veut pas laisser passer. En l’arrêtant il y a une dizaine de jours, il y avait un message clair de lutte contre l’impunité dans le pays. Enfin, on a assisté à la prise d’otage de la Française Claudia Priest et du religieux Gustave Reosse par les hommes d’Andilo… Si les otages sont restés si longtemps aux mains de leurs ravisseurs, c’est que manifestement le frère d’Andilo exigeait sa libération en échange de celle des otages. Il y a donc bien un impact sur le processus de réconciliation dans la mesure où ses hommes sont capables de prendre en otage des humanitaires ou des religieux… C’est dangereux pour la paix car le signal donné, c’est que quand on a un groupe puissant et armé, on peut faire ce qu’on veut !

 

En RCA, fin de parcours pour «Andilo», chef de milice anti-balaka

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