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30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 21:20

 

 

 

 Paradoxe : opinion qui va à l’encontre de l’opinion commune 

A l’heure ou la crise Centrafricaine cherche  des réponses pour s’en sortir entre familles Centrafricaines,  les pays énergivores, les pays émergeants, les pays de fortes populations et autres pays ayant des intérêts en RCA, par la représentation de leurs opérateurs économiques,  affutent leur dictature économique, et confirment le coup d’état économique contre   notre Pays. L’économie parallèle qui existe depuis toujours en RCA s’est accentuée depuis  l’embargo sur les armes et la suspension du processus de Kimberley.

 

 Les manœuvres de diversion qui consistent à nous distraire par la barbarie, et la peur, juste pour permettre aux prédateurs de la RCA de s’installer… J’attire l’attention de tous les Centrafricain sur le fait  que les guerres ont toujours rendu l’étranger plus  riche et un centrafricain qui meurt aujourd’hui est remplacé par un étranger qui profitera du Centrafrique à sa place.

 

J’ai écrit en 2007  « les larmes du Centrafrique, l’alarme de l’humanité, une arme pour reconstruire »[1] 

 

Mon texte d’alerte, était  une analyse des faits,  suite au rapport accablant de Human Rights World Watch qui avait pour sous-titre « crimes contre l’humanité »[2] . Alerte a été donnée avant le dialogue inclusif de 2007 pour que ce dialogue soit plus juste, bon et utile, réel et  responsable,   Il n’en a pas été ainsi !  Nos responsables politiques ont simulé  une réconciliation de surface, leur permettant d’échapper, pour tous, au jugement du peuple, et pour certains, à la Cour Pénale Internationale. Profitant de l’ignorance du peuple, ils ont manœuvré  pour  se porter candidat au suffrage présidentiel, car une fois adoubés, ils se considèrent de facto comme blanchis de leurs crimes.

 

 Mais encore ? En 2012 avant les tueries ! J’ai écrit «une crise mal gérée conduit inévitablement à la guerre »[3] décrivant avec justesse ce qui allait malheureusement se passer et  je crains  que la suite logique qui persiste aille vers  la disparation de la RCA telle que nous la connaissons ! Là encore ! Ce n’est  pas une vision prophétique, mais une triste réalité connue de toute réflexion élémentaire sur les conséquences d’une dérive en sécurité. Là encore, aucune prise de conscience des dirigeants centrafricains en matière de prévention. 

 

 A oublier l’histoire elle recommence !

 

Comme dit l’adage, l’homme ne se construit que lorsqu’il est au bord du précipice, au moment du dernier  soupire de sa vie ! C’est la situation actuelle de la  RCA, et pourtant il ne se passe  rien ! Les hommes de pouvoir restés vivants s’enlisent dans leur autisme chronique, crachant sur la  misère et les morts centrafricains, et tentent sans relâche de revenir en simulant, une fois de plus, une réconciliation fugace dans les quatre coins du monde pour décider du sort des Centrafricains  sans les Centrafricains au nom de leurs forces de nuisance, tenant en otage le peuple meurtri et pétrifié par la peur.  La seule alternative pour eux serait la division de notre pays, ou la main mise sur nos matières premières pour faire des mines à ciel ouvert, dont les vraies et seules victimes sont, une fois de plus, les familles Centrafricaines   « les sans voix ceux que l’on n’écoute jamais, les sans grades ceux qui ne peuvent pas se défendre, les sans famille ceux qui ont tout perdu » [4].

 

Considérant que les politiques rescapés, dans la phase du dernier souffle de la RCA avant de mourir  ont pour souci premier  la sortie de la crise, ils doivent se faire harakiri comme dans d’autres civilisations nobles ou alors respecter la transition  qui comme son nom l’indique est un temps pour passer d’un mode pensée destructrice  à un mode de pensée constructrice, un temps pour rompre avec les mauvais gestes du passé, et mettre en place des mécanismes pour résoudre le problème de la confiance, le problème du partage des pouvoirs et des richesses. Comment faire ? La question est ouverte.   Le forum de Bangui  s’impose sous forme d’assises nationales souveraines où le thème de la réconciliation doit prendre toute sa place bien entendu, mais où il  sera impérativement question de discuter aussi de la refondation du pays à travers des réformes courageuses à entreprendre pour que notre pays ne connaisse plus jamais les affres du chaos qu’il a enduré.

 

 La réconciliation ne se décrète pas ! Elle se construit !  Comment ?  Le bons sens voudrait que soient mises en  avant  des personnes qui ont œuvré avec conviction et disposition au soutien des victimes ou encore des personnes de bonne moralité, reconnues comme personnalités de renommée rassurante et qui ont fait leurs preuves dans la recherche des solutions en faveur de la paix pour tous, à l’instar des hommes de culte qui ont excellé dans le soutien et l’assistance aux familles en détresse (archevêques, évêques, prêtres, imams, pasteurs) des chefs traditionnels (chefs coutumiers, chefs de village) des hommes éveilleurs de consciences, des guides, des professeurs, des personnes ayant une capacité de rassurer, des médecins ayant eu le mérite d’accompagner le Centrafrique malade.

 

Voilà les acteurs qui aujourd’hui  doivent être mis en avant lors de ce forum, pour trouver des solutions viables, garantissant la sortie de crise, et  pour désarmer le cœur des Centrafricains, ils représentent réellement aujourd’hui la véritable force vive de la Nation. 

 

La réconciliation dans sa définition, consiste à reconstituer quelque chose de cassé, on dit souvent que l’on se réconcilie plus facilement avec les morts ! C’est beaucoup plus difficile avec les vivants. Les amitiés renouées demandent plus de soins que celles qui n’ont jamais été rompues. Cette crise au départ qui était politico-militaire  a muté pour devenir une crise sociale généralisée, donc les réponses à trouver lors de ce forum doivent prendre en compte la détresse morale, matérielle  et psychologique des Centrafricains, non pas par des mots, mais par des décisions, suivies d’actes, qui vont rendre impossibles les comportements nuisibles du passé, et surtout, mettre en place des structures génératrices de richesses, pour donner de l’emploi à la population. Car il n’y a rien de tels que des projets économiques pour occuper l’esprit des Centrafricains en détresse, les mettre à la tâche, et permettre l’amorce d’une réconciliation par étapes, tel le schéma du deuil et par objectif pédagogique.

 

 C’est le paradoxe de l’absurde, chose qui heurte le bon sens, une injure à l’intelligence humaine de ne pas  arriver à faire quelque chose. Il est vrai que la RCA devient une anomalie dans la structure mondiale du fait de son vaste territoire potentiellement riche rapporté à sa population faible et pauvre.

 

Cette situation exige une prise de conscience rapide afin de prendre des mesures de protection dues à la crise mondiale qui attise naturellement l’appétit des pays énergivores, des pays émergeants, et des pays de grandes populations et les incite à envahir un pays tel que le nôtre avec son potentiel incommensurable, en usant d’intelligence terroriste, ou par une occupation économique qui se transformera inévitablement en  colonisation économique, jouant sur  notre faiblesse chronique « la corruption ».

 

Pour une RCA qui résiste contre les puissances du mal, le forum, c’est l’occasion d’adopter une politique  favorable à  une démocratie centrafricaine adaptée, qui consiste à faire grandir et élever les consciences, afin de protéger son peuple et son territoire, contre une intelligence économique sournoise étrangère, déjà active sur le terrain [5]

 

« Les paradoxes d’aujourd’hui sont les préjugés de demain »

 

Il est reconnu que tout pays frappé d’embargo, a été auteur d’actes de mauvaise gouvernance ou de fautes graves entrainant la destruction humaine par l’incompétence de ses dirigeants qui  ont conduit  leurs peuples  à la dérive matérialisée. Le problème, c’est que l’on prend toujours les mêmes et que l’on recommence, sans parler des causes ni des  conséquences. Le forum est l’occasion d’expliquer aux Centrafricains comment et pourquoi les forces étrangères sont sur le territoire.  Que veut dire la présence onusienne  en RCA et son déploiement dans tout le  pays ? Expliquer son contrat, ses missions, ses objectifs . Pour combien de temps ?  Les ONG sur place quel est leur bien-fondé ? La mise sous tutelle inavouée de la RCA. Quels sont les risques si perdure la situation de crise ? Et comment interpréter  les  sanctions internationales ? Et surtout comment s’en défaire ?

 

Laxistes chroniques, les décideurs centrafricains ne prennent pas en compte cette situation susceptible de perdurer et de nous conduire à un assistanat permanant puis, à terme, à une perte totale d’identité, de capacité d’initiative, et enfin de nous ôter toute possibilité de créer des richesses propres à la RCA. 

 

Nous sommes doublement victimes de l’embargo,  en raison de notre manque de connaissance et d’un nombre infime d’intellectuels d’une part, et d’autre part, à cause de la non maitrise de notre économie. Ce qui fait que  mal comprendre notre situation nous a conduits encore plus loin dans les abimes d’un trou noir débouchant sur la disparition du Centrafrique en tant que Nation ou sa colonisation et son occupation économique. « La RCA est entre la peste et le choléra »  dans tous les cas elle se meurt…Alerte !!!

 

Lionel SARAGA MORAIS

 

Cercle des Intellectuels Centrafricains Bangui, le 27 janvier 2015.

_______________________________

 

[1] texte disponible sur mon blog «centrafriquealert.wordpress.com »  

[2] http://www.hrw.org/french/

[3] texte disponible sur mon blog « centrafriquealert.wordpress.com »

[4] cf texte « l’appel des sans voix » écrit 02/2012

[5] Référence texte « la RCA n’est pas un jeu de hasard » 12/2014

ALERTE ! Le Centrafrique se meurt !!!  par Lionel Saraga Morais

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