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9 décembre 2014 2 09 /12 /décembre /2014 21:16

 

 

 

 

09/12/2014 à 19:31 www.jeuneafrique.com  

 

François Bozizé Yangouvonda, ancien président de la Centrafrique (2003-2013).

 

Centrafricaines, Centrafricains,

 

Mes chers compatriotes,

 

Le 10 Décembre 2014, le monde entier célèbre la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme adoptée et proclamée par l’Assemblée Générale des Nations Unies dans sa résolution 217 A (III).

 

Aux termes de son article 30, la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme proclame que "Aucune disposition de la présente déclaration ne peut être interprétée comme impliquant pour un État, un groupement ou un individu un droit quelconque de se livrer à une activité ou d’accomplir un acte visant à la destruction des droits et libertés qui y sont énoncés."

 

Le 10 Décembre 2014, voila aujourd’hui deux ans, jour après jour, qu’éclataient dans le Nord de notre pays précisément dans la ville de Ndélé, les hostilités de la Coalition SELEKA qui a fini par s’emparer du pouvoir de l’État le 24 Mars 2013 de manière Anticonstitutionnelle.

 

La célébration  de ces deux journées est l’occasion pour moi de livrer ma vision et ma position sur la situation socio-économique et politique de notre pays, la République Centrafricaine, traverse depuis le 10 Décembre 2012 jusqu’à ce jour corrélativement aux droits proclamés par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme d’une part, et d’interpeller la communauté nationale et internationale à prendre les mesures qui s’imposent afin de faciliter le retour de la paix et la cohésion nationale d’autre part.

 

Je voudrais, ensemble avec vous,  placer cette commémoration sous le signe du recueillement et de la prière en souvenir de dizaine de milliers de nos compatriotes et de tous ceux lâchement fauchés par la barbarie criminelle des forces négatives qui ont soumis notre pays à l’arbitraire et aussi en témoignage de mes solidarités et compassions avec toutes les familles qui vivent comme des bêtes sauvages à Bangui et dans toutes nos provinces.

 

Chers compatriotes,

 

Mon destin a rencontré le vôtre en 2005 quand vous m’aviez accordé votre confiance en m’élisant au second tour de l’élection présidentielle pour accéder à la Magistrature Suprême de notre Pays.

 

Vous m’avez renouvelé cette confiance à l’occasion des élections groupées de janvier 2011.

Pendant dix (10) ans de gestion du pouvoir de l’État, ensemble nous avions écrit de nombreuses pages de notre histoire dans le rassemblement, la concorde, la cohésion nationale et la promotion des idéaux démocratiques.

 

Après la proclamation des élections de janvier 2011, dont certains résultats contestés avaient été validés par la Juridiction Compétente, certains leaders politiques vont s’employer à saper tous les efforts des gouvernements successifs de la République, soutenus par la communauté financière internationale et les réalisations entreprises.


L’année 2015 se profilait comme celle de l’essor de l’économie centrafricaine avec un fort impact social au bénéfice des populations.

 

De nombreux projets de développement étaient en instance d’aboutissement afin d’éradiquer l’extrême pauvreté des populations centrafricaines tout en rehaussant leur niveau de vie.

 

C’est alors, que le 10 Décembre 2012, les hostilités de la Coalition SELEKA ont éclaté.

 

Dans sa marche pour la conquête du pouvoir, dans les conditions ci – dessus évoquées, les éléments de la Coalition SELEKA ont commis des exactions contre la vie, la liberté et la sécurité des personnes, soumettant celles – ci à la torture et aux traitements cruels et inhumains ou dégradant.

 

Les biens appartenant à l’État, aux collectivités, aux  particuliers ainsi qu’à ceux des églises ont été pillés, saccagés et vandalisés.

 

Il en a été ainsi à l’égard de tous les chantiers entrepris durant mon mandat.

 

En effet, le pétrole centrafricain, longtemps considéré comme un rêve, était sur le point d’entrer dans sa phase d’exploitation. Le libre choix de débuter les activités d’exploitation pétrolière sur le site de Boromata dans la région de Vakaga témoignait justement  des urgences du développement de cette partie du territoire national. Le coton centrafricain était appelé à dépasser son record de production.

 

Par ailleurs, les négociations étaient en cours avec le géant Groupe Énergétique Français AREVA pour un calendrier réaliste de l’exploitation de l’uranium de Bakouma, en souffrance depuis 50 ans.

 

En outre, la RCA était en négociation avec d’autres partenaires en vue de l’exploitation industrielle de l’Or de Ndassima dans la Ouaka.

 

La livraison annoncée de deux (2) turbines destinées à renforcer les capacités de l’Usine de BOALI III allait résoudre les récurrents problèmes de coupure d’électricité à Bangui et favoriser l’opérationnalité de la cimenterie de Bimbo.

 

La RCA allait enfin produire du ciment à bon prix pour offrir au peuple centrafricain la construction à moindre coût de son habitat.

 

Tous ces projets, grâce à l’effort national, de la coopération internationale ainsi que la disponibilité des richesses et ressources naturelles,  avaient pour objectifs d’abord de favoriser aux centrafricaines et aux centrafricains le droit à la sécurité sociale pour leur permettre d’obtenir la satisfaction de leurs droits économique socio et culturel indispensables à leur dignité et à leur libre développement.

 

Ensuite, de contribuer à rendre effectif le droit au travail de toute centrafricaine et de tout centrafricain, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisante de travail et à sa protection contre le chômage.

 

Ce droit étant devenu effectif, chacune et chacun devrait donc avoir droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien être et ceux de sa famille à travers les cinq (5) verbes chers au Feu  Barthelemy BOGANDA, Président Fondateur de la République Centrafricaine à savoir : nourrir, vêtir, loger, soigner et instruire.


Malheureusement, mes efforts ont été stoppés par cette crise militaro – politique.

 

Centrafricaines, Centrafricains,

 

Mes chers Compatriotes,

 

Les échos du pays qui me parviennent font état de ce que jusqu’au 1er Décembre dernier, date anniversaire de la proclamation de la République Centrafricaine (RCA), les cours n’avaient pas encore commencé dans les établissements publics censés assurer la gratuité aux enfants en ce qui concerne l’enseignement élémentaire et fondamental. Par ailleurs, l’année académique qui va s’écouler est encore hantée par le spectre de l’année blanche.

 

En outre, les salaires de plusieurs mois ont été gelés en dépit de leur caractère alimentaire et du fait que les mois concernés par cette mesure étaient échus.

 

Les étudiants et les fonctionnaires et agents de l’État admis à faire valoir leur droit à la retraite continuent de compter le nombre de plus de plus élevé des arriérés de pensions et bourse.

 

La bancarisation qui permettait la traçabilité des recettes de l’État et assuraient le paiement à termes des salaires, pensions et bourses a été abandonnée pour des raisons non – maitrisées. Par contre, cette mesure salutaire a cédé le pas à ce qui est appelé désormais la "Bancorisation", système qui consiste à trimbaler les recettes de l’État dans des sacs.

 

A cause de l’insécurité grandissante dans l’arrière pays, grenier des produits agricoles est devenu invivable pour les paisibles citoyens dont l’activité principale a toujours été l’agriculture.

 

Les peulhs reconnus jadis pour leur activité d’élevage, se préoccupant maintenant des armes dont ils sont dotés, ont définitivement oublié cette activité économique qui faisait de la RCA le deuxième pays de l’élevage dans la sous région.

 

La cause de ces destructions économiques, sociales et morales réside dans l’atteinte aux résultats de l’exercice du droit des centrafricaines et des centrafricains à prendre part à la direction des affaires publiques de leur pays à travers leurs représentants choisis en occurrence moi – même et les députés de 5e législature.

 

Et pourtant, la Constitution de la République Centrafricaine adoptée par référendum et promulguée le 27 Décembre 2004 proclamait que : "La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par voie de referendum ou par ses représentants. Aucune fraction du peuple ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice ni l’aliéner. L’usurpation de la souveraineté par Coup d’État ou par tout moyen constitue un crime imprescriptible contre le peuple centrafricain. Toute personne ou tout État tiers qui accomplit de tels actes aura déclaré la guerre au peuple centrafricain."

 

Centrafricaines, Centrafricains,

 

Chers Compatriotes

 

Le regain de violences à Bangui et dans l’arrière-pays auquel vous assistez ces derniers temps met en évidence le caractère inopérant de l’Accord de Cessation des Hostilités signé à l’issue du Forum de Brazzaville, pourtant censé créer un climat plus propice à une normalisation de la situation.

 

C’est pourquoi, me trouvant éloigné de notre terre ancestrale, je n’ai cessé de prôner la nécessité de la tenue d’un Dialogue Inclusif Inter – Centrafricain afin de permettre à notre pays de retrouver le chemin de la sécurité, de l’ordre constitutionnel, de la paix et du bien – être pour nos populations tant meurtries.

 

J’ai été particulièrement heureux de constater que la Communauté Internationale toute entière se penche enfin résolument sur la question du Dialogue que j’ai longtemps souhaité. Car, le Dialogue reste et demeure la seule issue de sortie durable de la crise que traverse le pays.

 

Tout en évoquant la nécessité de ce Dialogue Inclusif, j’ai une pensée profonde pour les victimes des exactions atroces et inhumaines qui ont été perpétrées sur le territoire de notre pays pendant cette crise.

 

C’est pourquoi, je souscris entièrement au projet de création en Centrafrique de la Cour Criminelle Spéciale, compétente pour enquêter, instruire et juger les violations graves des Droits Humains et du Droit International Humanitaire notamment, les violences sexuelles liées au conflit ainsi que les violences graves contre les droits des enfants tels que le recrutement et l’utilisation d’enfant dans les conflits armés.

 

Je suis convaincu que seule cette juridiction que je souhaite indépendante et impartiale, permettra aux victimes et aux auteurs d’avoir droit, en pleine égalité, à ce que leur cause soit entendue équitablement et publiquement.

 

Centrafricaines, Centrafricains,

 

Mes chers Compatriotes

 

Il a été porté à ma connaissance que beaucoup de compatriotes ont été touchés à l’annonce du dépôt au Parquet du Tribunal de Paris en FRANCE, d’une plainte contre mes proches et moi – même.

Je suis particulièrement sensible à cette marque de compassion exprimée à mon égard et celui de mes proches. 

 

Cependant, cette procédure n’a aucun effet sur mon engagement patriotique et citoyen à contribuer pour la paix et la cohésion sociale dans mon pays.

 

Bien au contraire, j’avais bien voulu affronter la justice de ce pays si je n’avais pas été empêché par la mesure restrictive de liberté adoptée contre moi par le Conseil de Sécurité des Nations Unies.

 

Néanmoins, je suis disposé à coopérer dans une justice juste et équitable dès que l’opportunité se présentera ce qui me permettra de faire les démonstrations ci – après.

 

-    D’abord, du fait qu’en son Article 104, la Charte Constitutionnelle de la Transition proscrit le port du Titre de Président de la République par le Chef d’État de Transition, la plainte déposée par un Avocat à la demande des Autorités de la Transition doit être déclarée irrecevable pour défaut de qualité. Pour cause, étant entendu que jusqu’à l’investiture du futur Président de la République, Chef de l’État de la République Centrafricaine, je reste et le demeure, bien que contraint en exil.

 

-    Ensuite, à travers la plainte déposée au parquet du tribunal de Paris, les Autorités de Transition exposent les autorités françaises devant la justice de leur pays. En effet, il serait difficile si non, impossible de ne pas évoquer à l’occasion des débats qui pourraient être organisés, les questions de la réciprocité des accords et conventions relatifs aux matières premières et stratégiques après la ratification des textes fondateurs de  l’Union Européenne qui avait nécessité l’abrogation des Article 77 à 87 de la Constitution Française du 4 Octobre 1958 et du conflit résultant de la coexistence de ceux – ci  avec les accords et convention concernant ces matières et produits toujours applicables en République Centrafricaine.

 

La multiplication de cette manœuvre et de cet artifice juridiques visant à me disqualifier politiquement m’ébranle en rien.

 

Il faudra bien passer par un dialogue avec moi, en présence de tous ceux qui sont responsables du chaos centrafricain, à commencer par Michel Djotodia. Sinon, je ne vois pas comment la RCA pourra en sortir.

 

Je rappelle qu’au nom de la paix, j’ai en mon temps, amnistié beaucoup des leaders politiques, notamment le défunt Président Ange Félix PATASSE en exil à Lomé (TOGO); ce qui avait rendu possible sa participation aux travaux du Dialogue Politique Inclusif de 2008 ainsi qu’à l’élection présidentielle de 2011. Par ailleurs, sans mon implication personnelle, Michel Djotodia, alors, prisonnier à Cotonou au Benin n’aurait été libéré.

 

Fort de ce qui précède, je demande à la Médiation Internationale de tout mettre en œuvre pour assurer le caractère strictement inclusif de ce Dialogue et de veiller à l’indépendance et l’impartialité de la future Cour Criminelle Spéciale.

 

A la Communauté Internationale, et plus particulièrement à la MINUSCA, je leur demande de faire appliquer les résolutions onusiennes afin d’abréger les souffrances du peuple centrafricain à travers le désarmement de tous les groupes armés non conventionnels qui continuent de sévir librement sur le territoire de la République Centrafricaine. Car, ne pas agir dans ce sens reviendrait à alimenter les rumeurs relatives à l’existence des agendas cachés que détiendraient la Communauté Internationale.

 

Centrafricaines, Centrafricains,

 

Mes chers Compatriotes

 

Pour finir, nous devons comprendre que quelque soit la bonne volonté de la Communauté Internationale, à aider notre pays en proie à cette profonde crise, elle ne pourra, en aucune manière, se substituer à nous.

 

Ayons foi en nous – mêmes pour sortir notre pays de l’ornière. Car, l’histoire nous enseigne que tous les moments de décadence dans la vie d’une nation ont été suivis de la période de renaissance.

 

Aujourd’hui, plus que jamais, nous devons nous engager résolument et collectivement dans l’effort de redressement socio – économique, sous peine de devenir un peuple périmé, dédaigné et marginalisé.

 

Vive la paix

 

Vive la Réconciliation Nationale

 

Vive la Cohésion Sociale

 

Vive la République Centrafricaine, Une et Indivisible

 

Je vous remercie !


 

Tribune libre de François Bozizé Yangouvonda : Pour un dialogue strictement inclusif en Centrafrique

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