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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 11:34

 

 

 

APA-Bangui (Centrafrique) - 2014-12-14 12:12:44 La conférence des maires de Centrafrique, réunis au sein de l’Association des maires de Centrafrique (AMCA), s’ouvre lundi au siège du Conseil national de transition (CNT) à Bangui sous le patronage de la présidente de transition, Catherine Samba-Panza.


Placée sous le signe de la paix, de la réconciliation nationale et le retour des déplacés internes, la manifestation qui jouit de l'appui de l'Association internationale des maires francophones (AIMF), verra la participation des quelques maires africains ainsi qu'une délégation de l'AIMF.


‘'Cette conférence est une occasion pour les maires centrafricains de partager leurs vécus, de dresser l'état des lieux de leurs communes respectives mais également de regarder résolument en avant par rapport à ce qu'il y a lieu de faire'', a indiqué la maire de Bangui, Hyacinthe Wodobode.


Trois jours durant, les participants à cette conférence aborderont plusieurs thématiques telles que la paix, le rôle des autorités locales, la reconstruction pour le développement local et le retour des déplacés internes.


L'agenda de la délégation de l'AIMF conduite par le député-maire de Brazzaville, Hugues Ngouelendelé, prévoit en marge des travaux, des visites de terrain et des remises des kits à des familles de personnes déplacées internes de la capitale.

La conférence des maires de Centrafrique a été reportée à deux reprises et le denier rendez-vous reculé était celui du 17 au 20 octobre derniers.

 

 http://apanews.net/news/fr/article.php?id=812116#sthash.yObakY8u.dpuf

 

 

Centrafrique : « les maires sont les acteurs clés de la réconciliation »

 

http://afrikarabia.com   14 déc 2014 par Christophe RIGAUD

 

Ce lundi s’ouvrira à Bangui la première Conférence des maires de Centrafrique. Yacinthe Wodobodé, la maire de Bangui, estime que ses collègues « peuvent influencer positivement le processus de réconciliation ». Tout en reconnaissant « qu’il y a des zones du pays dont nous ignorons pratiquement tout ». Interview.

 

Afrikarabia – Entre le 7 et le 17 octobre 2014, un regain de violence à Bangui faisant 6 morts et plus de 240 blessés vous poussait à reporter la tenue de la Conférence des maires de Centrafrique. Deux mois plus tard, quelle est la situation dans la capitale centrafricaine ?

 

Yacinthe Wodobodé – Bangui est beaucoup plus calme qu’au début du mois d’octobre. Nous avons pris des dispositions avec les éléments de la Minusca, de Sangaris et d’Eufor pour sécuriser la capitale. Tout devrait bien se passer.

 

Afrikarabia – Vous êtes à l’initiative de cette Conférence des maires de Centrafrique. Pourquoi une telle réunion et quelles sont ses objectifs ?

 

Yacinthe Wodobodé – L’idée vient de Catherine Samba-Panza lorsqu’elle était maire de Bangui et j’ai poursuivi le projet. Les maires sont plus proches des populations et sont les mieux informés de tout ce qui se passe sur le territoire national. L’objectif est de faire un état des lieux de la situation. Les médias parlent beaucoup de ce qui se passe à Bangui, mais le plus important c’est l’intérieur du pays. Il y a des zones reculées dont nous ignorons pratiquement tout du drame que vivent les populations. Nous allons donc faire le point avec tous ces maires pour préparer l’avenir et reconstruire notre pays. Des décisions seront prises afin d’anticiper le Forum de Bangui de janvier 2015. Nous allons voir comment les maires peuvent contribuer au mieux dans la préparation des futures élections. Les maires sont également en lien avec les acteurs économiques, les notables, les chefs coutumiers, les familles, les autorités religieuses, la société civile… Ce sont donc des atouts considérables pour organiser la réconciliation et la cohésion sociale. Les maires sont des acteurs clés dans leurs localités. Ils peuvent influencer positivement le processus de réconciliation.

 

Afrikarabia – Il y a des fortes disparités entre les villes de l’Ouest du pays qui sont encore sous la coupe des anti-Balakas et celles de l’Est où les ex-Séléka sont encore très présents. Que sait-on de ces zones ?

 

Yacinthe Wodobodé – Fin septembre par exemple, le maire de Ngakobo a été lâchement assassiné par un membre de l’ex-Séléka. Vous évoquez les anti-Balakas, vous évoquez les ex-Séléka, mais il y a aussi la LRA (Lord Résistance Army de Joseph Kony, ndlr) qui sévit encore dans l’extrême Sud-Est de la Centrafrique. D’une manière générale, l’arrière-pays n’est pas suffisamment sécurisée par rapport au dispositif des Nations unies qui est en train de se mettre en place. Notre voeu, c’est que ces contingents se déploient rapidement pour pouvoir redonner confiance aux populations rurales.

 

Afrikarabia – Est-ce que vous craignez comme certains, un risque de partition de la Centrafrique ?

 

Yacinthe Wodobodé – Je ne le crains pas, tout simplement parce que je ne veux pas de partition de mon pays. C’est un projet funeste. Je ne veux même pas y penser. Ceux qui veulent la partition ont trouvé un pays entier en arrivant, pourquoi maintenant veulent-ils des morceaux de pays ?

 

Afrikarabia – Des élections présidentielle et législatives sont prévues pour juin 2015. Au regard de la situation actuelle, ce délai est-il tenable ?

 

Yacinthe Wodobodé -  Une chose est d’organiser des élections, une autre chose est de savoir ce que l’on veut obtenir de ces élections ? Est-ce que le Centrafricain qui ne mange pas suffisamment à sa faim, qui dort à la belle étoile, dont l’enfant ne peut pas aller à l’école… est-ce que l’expression de son suffrage peut lui ouvrir un horizon meilleur ? C’est la question que l’on peut se poser.

 

Afrikarabia – Qu’attendez-vous de la montée en puissance de la mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca) qui se met progressivement en place depuis septembre ?

 

Yacinthe Wodobodé – Je suis de ceux qui fondent un grand espoir sur la mission des casques bleus en République centrafricaine. Mais il y a une forte impatience de la population. Le drame que vivent les Centrafricains aujourd’hui appelle une méthodologie des opérations beaucoup plus efficace pour soulager les souffrances du peuple.

 

Propos recueillis par Christophe RIGAUD – Afrikarabia

Ouverture lundi à Bangui de la conférence des maires de Centrafrique

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