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1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 22:18

 

 

 

CONFÉRENCE DES ÉVÊQUES DE CENTRAFRIQUE

 

(CECA)

 

AMEN, VIENS SEIGNEUR JÉSUS

 

(Ap 22,20c)

 

Bangui, Novembre 2014

 

Nous, membres du Conseil Permanent de la Conférence des Évêques de Centrafrique, nous nous adressons à tous les fidèles du Christ Jésus et à tous les hommes et femmes de bonne volonté au début de ce temps fort de l’Avent. Que la grâce et la paix de Dieu soient toujours avec vous.

 

La question du temps n’est pas optionnelle, elle est essentielle. Aujourd’hui, il semble que nous ne prenons pas le temps au sérieux. Quand nous perdons le temps, le futur change sa signification. De promesse, il devient synonyme de menace. Ainsi, il suscite la peur plutôt que l’espérance, l’angoisse plutôt que l’assurance.

 

  1. L’attente joyeuse du Messie

 

Pendant le temps de l’Avent, ce qui nous distingue en tant que chrétiens, c’est l’attente joyeuse de QUELQU’UN. Le chrétien qui vit « éveillé » est porté en avant vers QUELQU’UN, comme l’amoureux vers l’être aimé qu’il désire accueillir. Cette attente est au cœur du Christianisme. Attendre quelqu’un est un mouvement dynamique de tout l’être, un engagement de toutes les ressources personnelles. Celui qui vient n’est pas un Dieu vague que nous-mêmes avons forgé ou fabriqué. Il dépasse l’homme, et le transcende. Il est avant l’homme et au-dessus de lui. La Parole de Dieu nous le présente comme « Emmanuel » (Is 7,14) ; « Conseiller merveilleux, Dieu fort, Prince de la paix » (Is 9,5) ; « Rameau de la souche de Jessé » (Is 11,1) ; « Fils de David, Celui qui vient au nom du Seigneur » (Mt 21,9) ; « Fils du Très Haut » (Lc 1,32) ; « Fils de l’homme » (Lc 12,8) ; « Celui qui baptise dans l’Esprit Saint » (Jn 1,33) ;  « Messie » (Jn 1,41) ; « Fils de Dieu » (Jn 1,49) ; « Sauveur du monde » (Jn 4,42) ; « Alpha et Omega, Premier et Dernier, Commencement et Fin » (Ap 22,13). C’est le Seigneur Jésus Christ qui vient sauver de l’angoisse du lendemain et des ténèbres de la mort.

 

Certains de nos compatriotes semblent hébétés devant le mystère de la vie et de la mort. Ils n’attendent plus rien, ni de la religion, ni de Dieu. Pour eux, le Christ n’est pas venu. Il n’y a rien de changé. Le mot Dieu est pour eux vide de sens, et la religion qui a vocation de le faire connaître et aimer, apparaît comme une utopie, voire une aliénation. Ceux qui n’attendent pas Dieu transposent leur espérance dans l’attente d’un monde meilleur qui vient du seul effort de l’action collective des hommes. Dans cette perspective, les promoteurs de l’humanisme athée pensent que « l’homme et la société peuvent atteindre un état de perfection au terme d’évolutions seulement humaines ».

 

  1. Jésus vient nous donner la paix
  2.  

Quand il voulut entrer à Jérusalem, à la vue de la ville, Jésus pleura sur elle « en disant :   ‘‘Ah ! Si en ce jour tu avais compris, toi aussi, le message de paix ! Mais non, il est demeuré caché à tes yeux’’ » (Lc 19,42). Ces derniers temps, le mot « paix » et l’expression « cohésion sociale » sont fréquemment employés par des acteurs politiques, militaires ou religieux. Mais avons-nous vraiment compris le message de paix ? La paix du monde est différente de la paix du Christ. La paix du monde se veut absence de conflits, fin des hostilités, rejet de la haine. Elle est fondée sur les lois, la reconnaissance mutuelle des droits humains, les accords et alliances politiques et militaires, les répressions, les forces de défense et de sécurité. Mais la paix du Christ ne va pas de soi et n’appartient pas aux données évidentes et natives de la nature humaine. Elle ne se trouve pas dans nos mains. Elle est tout d’abord un don de Dieu, la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus Christ (Rm 5,1). Jésus Christ, notre paix, détruit les barrières qui séparent les peuples, supprime en sa chair la haine, crée un Homme nouveau, réconcilie avec Dieu, proclame la paix, donne l’Esprit d’amour (Ep 2,14-18). Pendant son ministère public, Jésus était conscient qu’il y a des tensions entre les hommes. Il a travaillé à la réconciliation des êtres humains par son enseignement, ses miracles, le pardon des péchés et l’accueil des pécheurs. Dans son message de paix, Jésus exhorte ses disciples à la conversion, à l’amour du prochain et de l’ennemi (Mt 5,43-48 ; Mc 1,15 ; Jn 13,34-35).  Il proclame heureux « les doux », « ceux qui ont faim et soif de justice », « les miséricordieux », « les cœurs purs », et « les artisans de paix » (Mt 5,5-9). Au malade guéri ou au pécheur pardonné, Jésus dit « va en paix » (Lc 7,50 ; 8,48). À ses disciples, il dit : « Ayez du sel en vous-mêmes et soyez en paix les uns avec les autres »    (Mc 9,50).  Aux disciples qu’il envoie en mission, il dit : « En quelque maison que vous entriez, dites d'abord : ‘‘Paix à cette maison !’’ » (Lc 10,5).  Aux apôtres vers qui il vient après sa résurrection, il dit : « La paix soit avec vous » (Jn 20,19.21.26).

 

Jésus Christ qui est venu, qui doit venir, nous est présent et habite parmi nous. En tant que serviteurs du Christ Jésus, nous reconnaissons que Lui-seul scrute les cœurs. Pour cela, nous vous exhortons à orienter votre vie vers le Christ, à être plus proches de lui, et à vous laisser instruire par lui pour discerner ce qui est essentiel et faire de vos vies des espaces d’humilité et de respect, de service et d’amour. Chaque jour, chacun est invité à choisir entre deux chemins : vie et mort, bonheur et malheur, sagesse et folie, confiance et méfiance,  amour et haine, pardon et vengeance. Le Seigneur lui-même nous exhorte à choisir la vie, le bonheur, la sagesse, la confiance, l’amour et le pardon pour mettre en valeur nos talents (Dt 30,15-20). En dépit de sa souveraineté, Dieu ne s’impose pas. Il nous permet de vivre comme des êtres humains libres et responsables de leur épanouissement ou de leur malheur. Les derniers tristes événements survenus en Centrafrique montrent qu’il y a encore des gens qui s’opposent à la volonté de Dieu, dévalorisent leurs talents et s’autodétruisent en optant pour la mort, le malheur, la folie, la méfiance et la vengeance. 

 

  1. La montée du grand banditisme

 

En toute vérité, nous nous inquiétons de la montée du grand banditisme. Le peuple est encore pris en otage par des groupes armés qui battent le pavé et occupent le devant de la scène. La liberté de vaquer à ses occupations et de subvenir honnêtement à ses propres besoins devient une pure illusion pour beaucoup de nos compatriotes qui sont entravés dans leurs aspirations sur une large portion du territoire national. En effet, l’insécurité contraint encore de nombreuses personnes à fuir leurs maisons et villages et à se réfugier dans des camps de fortune comme c’est le cas à Bangui, à Bambari, à Batangafo... Nous avons dénoncé à plusieurs reprises ces conditions de précarité auxquelles sont soumis injustement les Centrafricaines et les Centrafricains depuis le début de cette crise militaro-politique dont nous ne cessons de déplorer les victimes innocentes. On dirait une lente descente aux enfers.

 

Par ailleurs, nous condamnons avec la plus grande fermeté les actes de banditisme orientés avec acuité ces dernières semaines contre le personnel pastoral. L’abbé Mateusz DZIEDZIC, fidei donum polonais à la paroisse de Baboua dans le diocèse de Bouar, pris en otage par le Front Démocratique du Peuple Centrafricain (FDPC) au mois d’octobre, vient d’être libéré par ses ravisseurs. Il semblerait que certains se plaisent même à disséminer des armes au sein de la population. C’est un jeu extrêmement dangereux qui ne favorise guère la cohésion sociale. Privilégions plutôt le dialogue, la médiation et la diplomatie pour la résolution de nos différends. Aussi, exhortons-nous les forces de sécurité nationale, la Minusca, les Sangaris et l’Eufor-RCA à redoubler de vigilance quant à la sécurité et à la protection des populations civiles.

 

  1. Pour construire une société de paix

 

Il est impossible de bâtir la paix avec la terreur, la méfiance réciproque, et avec un esprit, un cœur et des mains armés. Même si la paix durable et véritable est un don du Christ, elle dépend aussi de chacun de nous. Chacun a la possibilité et le devoir de s’engager et de collaborer pour la paix. En règle générale : chacun doit renoncer à se faire justice soi-même en suivant ses propres convictions. L’instrument idéal pour résoudre les hostilités c’est le dialogue raisonnable, la confrontation verbale, le débat constructif : se parler pour arriver à des compromis de paix basés sur le respect réciproque. Nous exhortons les médiateurs à croire davantage à leur capacité à promouvoir la paix. Qu’ils soient toujours à l’écoute du peuple et des belligérants pour établir des points de repères  et coopérer à trouver des solutions consensuelles aux divergences. Comme vous le savez, dans toute société humaine, la loi n’a pas d’efficacité sociale sans la figure de celui qui décide de la conformité ou non aux normes avec le pouvoir de sanctionner la transgression. Que les juges se chargent  donc de gérer les conflits entre les citoyens pour sauver le droit et le bien des citoyens, et pour consolider la paix sociale.

 

Loin de céder au fatalisme, croyons donc fermement à notre capacité, en tant que peuple, à nous relever de la déchéance dans laquelle nous sommes tombés. Les défis sont certes nombreux, mais ils ne sont pas de l’ordre de l’impossible. N’avons-nous pas su maintenir les liens de la cohésion sociale en dépit des blessures que chacun porte en lui-même ? Nombreuses sont en effet les initiatives que nous avons engagées en ce domaine. Elles ont davantage besoin d’être consolidées.

 

La détermination dans la recherche de la paix durable et de la cohésion sociale par le pardon et l’acceptation de l’autre dans sa différence est un caractère propre des forts. Allons-nous nous laisser décourager par les embûches qui entravent nos chemins ? Désormais, il est temps de nous poser les véritables questions. À quoi cela nous servirait-il de continuer à nous entretuer ? Prenons appui sur le Seigneur pour comprendre que le relèvement économique de notre pays et son développement ne se feront pas sur les dépouilles mortelles de nos frères et sœurs. Toutefois, dans ce contexte de grande fragilité, nous exhortons le gouvernement, à créer avec l’appui de la communauté internationale, les conditions idoines de sécurité pour tous les citoyens, à lutter contre l’impunité, à rétablir l’autorité de l’État, pour consolider la cohésion sociale, le dialogue et la paix.

 

Le Christ vient. La sortie de cette crise est à notre portée, pourvu que nous y croyions. C’est à ce niveau que nous sommes interpellés en tant que croyants. Apprenons donc à faire le bien et la Centrafrique vivra en paix. MARANATHA !

 

Prions ensemble :

 

            Jésus Christ, Prince de la paix,

            Incarnation de l’Amour infini du Père,

            Salut toujours invoqué et toujours attendu,

            Unique espérance des Centrafricains,          

            Toute l’Église crie vers toi et t’attend !

 

            Viens Seigneur Jésus !

            Viens nous sauver de la haine.

            Viens nous donner le goût de vivre ensemble.

            Viens nous apprendre à faire le bien aux autres.

            Viens nous transformer en artisans de paix.

 

En la Solennité du CHRIST ROI, CECA, le 23 novembre 2014

 

 

Le Conseil Permanent 

 

       
  Mgr NZAPALAINGA    
 

 

 

Mgr Dieudonné NZAPALAINGA                           Mgr Nestor-Désiré NONGO           

Archevêque de Bangui                                              Évêque de Bossangoa

 

 
  Mgr Cyr Nestor


Président de la CECA                                                           Vice-Président de la CECA

 
   


                                                                              

Mgr Guerrino PERIN                                                           Mgr Cyr-Nestor YAPAUPA

Évêque de Mbaïki                                                     Évêque d’Alindao

 

 

Message du Conseil Permanent des Évêques pour le temps de l’Avent

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