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3 décembre 2014 3 03 /12 /décembre /2014 10:37

 

 

 

 

http://lepays.bf/  Mercredi 3 décembre 2014

 

En République centrafricaine (RCA), les différents acteurs de la scène politique affûtent leurs armes. En ligne de mire, l’élection présidentielle de 2015. Dans cette perspective, les Anti-balaka du nom de  cette milice armée qui a endeuillé des dizaines de familles centrafricaines, à travers notamment le massacre des musulmans, ont décidé de tourner la page de la rébellion et de se muer en parti politique. On se rappelle que leurs ennemis jurés, les Séléka, étaient parvenus à la même idée, en décidant  de transformer leur milice armée en parti politique. En décidant ainsi de tourner la page sombre de leur histoire et de se présenter désormais comme une entité politique fréquentable, les leaders de l’ex-milice armée opèrent un véritable changement, une avancée dans la bonne direction, celle souhaitée depuis longtemps par les autorités centrafricaines et la communauté internationale.

 

Toutefois, quelques inquiétudes subsistent, qui appellent en même temps à modérer les espoirs nés de cette annonce. En effet, en même temps que le coordonnateur de ce nouveau mouvement annonce qu’ « aucune personne  ne doit faire usage de ses armes pour quoi que ce soit »,  le porte-parole du même mouvement, Emotion Namsio, affirme le contraire. « Personne ne deposera les armes tant que notre acte de bravoure ne sera pas reconnu » a-t-il lancé. En termes clairs, les anti-balaka attendent des autorités centrafricaines, que les membres de leur milice soient reversés dans l’armée nationale centrafricaine. Des contradictions entre les objectifs déclarés du mouvement et la volonté affichée de ses leaders. Des contradictions qui, malheureusement, laissent planer un doute sur la possibilité réelle pour cette milice de se transformer en parti politique.

 

Si cette mue est opérée sous les conseils de Bozizé, le nouveau parti ne fera pas de vieux os

 

Par ailleurs, il est notoire que conquérir le pouvoir d’Etat, demande une mobilisation de moyens financiers énormes. Chose qui ne semble pas être garantie pour les ex-combattants, les anti-balaka, qui pourraient être tentés de faire un appel du pied à leur mentor Bozizé, afin qu’il mette la main à la poche. Pourtant, pour réussir cette mue et être vraiment crédibles, les  désormais ex-anti-balaka devraient tout faire pour s’affranchir de la tutelle de ce monsieur. Mais en ont-ils seulement les moyens ? Pas si sûr. Or, si cette nouvelle mue est opérée sous les conseils de Bozizé, il est certain que le nouveau parti ne fera pas de vieux os. Pourtant, s’il ne bénéficie pas d’un  appui financier solide, il ne fera que battre de l’aile pendant un temps, avant de mourir de sa belle mort.

 

Mais il y a des signes qui ne trompent point. Le fait que le coordonnateur de ce mouvement, Patrice Ngaïssona soit un ancien ministre de Bozizé en dit long sur le rôle que ce dernier est en train de jouer en coulisses. Comment pouvait-il en être autrement d’ailleurs? A partir du moment où Michel Djotodia prépare son retour sur la scène politique derrière une Séléka muée en parti politique, il fallait bien attendre la réplique de son ennemi intime François Bozizé. Quand l’un est quelque part, l’autre n’est jamais loin.

 

Dieudonne MAKIENI

Lu pour vous : RCA : Vers un renouveau politique

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