Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

3 décembre 2014 3 03 /12 /décembre /2014 19:53

 

 

 

 

http://www.franceinter.fr  jeudi 4 décembre 2014

 

Il y a un an l’opération Sangaris - et ses 2000 hommes - se déployait en Centrafrique. Le pays venait alors de plonger dans l’horreur. Un déferlement de violences qu’on a souvent résumé à un affrontement entre milices chrétiennes et musulmanes. La réalité est plus complexe. Dans le centre du pays, comme à Bangui, Sengaris et intervenu et la situation semble s’améliorer mais reste assez tendue.

 

A Dekoa, une petite ville perdue dans la brousse, à sept heures de route de Bangui, on remarque que le marché a rouvert très récemment, premier signe tangible d’amélioration. D’autant qu’il y a six semaines seulement, la ville a subi une attaque des Séleka, ce groupe armé à majorité musulmane.

 

Les Séleka s’en sont pris à la paroisse et on fait huit morts et une dizaine de blessés, que des civils - il y a encore des impacts de balles sur la façade de l’église -.

 

Une journée terrifiante, racontée par celui qui l’a vécue en première ligne, le père Brésilien de la paroisse, Everaldo de Suza. Il a tenté de sauver un maximum de personnes, en les cachant dans sa mission catholique, et lui-même a été blessé par un éclat de grenade.

 

Everaldo de Suza 

 

« Ils ont entouré la mission et on tiré en direction des pièces où j'avais fait entrer les gens pour les protéger »

 

Pendant quelques temps les militaires français sont restés aux abords de l’église de Dekoa, désormais ils patrouillent régulièrement en proximité mais n’y sont plus en permanence depuis qu’ils ont cantonné les miliciens Séleka dans leur caserne,  en fait une bâtisse en mauvais état qui se trouve très près du centre-ville et de l’église qu’ils ont attaqué .

 

Il reste 22 combattants Séléka, ils sont dirigés par le général Comix

 

Le général Comix rit et ce rire fait comprendre beaucoup de choses. Lui il ne parle pas de conflit religieux, mais une guerre pour le pouvoir, seulement le pouvoir, dit ce combattant.

 

"Si les Séléka n'agissent pas, les anti Balaka n'ont pas de raisons d'agir"

 

Pour les soldats de l’opération Sangaris, l’un des objectifs, c’est de faire respecter des consignes très précises pour contrôler ses rebelles, ce qu’on appelle les "mesures de confiance". Le capitaine Christophe commande les 150 soldats français à Dekoa. Il parle des Séleka comme des "rebelles en sommeil".

 

Capitaine Christophe

 

Tous les samedi matin on compte leur effectif et leur armement

 

Les choses s’améliorent lentement. Dans le quartier musulman de Dekoa, 70 des 1059 personnes sont revenues. L’adjoint au maire, lui-même musulman, assiste à la messe tous les dimanches, pour montrer que les deux communautés ont toujours vécu côte à côte…

 

 A Sibut, à 70 km et deux heures de piste 

 

Ici on est surpris de l’apparente normalité dans la ville. L’église est pleine, le marché animé, c’est une ville stratégique, un carrefour commerçant. Mais ce sentiment de normalité est très vite dissipé quand on rencontre Nelson, il est pharmacien.

 

Nelson

 

« Les musulmans sont des mauvais gens on les a dégagés, ils sont partis chez eux et on pille leurs mosquées »

 

De leur côté, les hommes de Sangaris ne peuvent que constater l’exode des musulmans de Sibut, comme le confie ce soldat qui a préféré ne pas donner son identité

 

« Ils se sont fait tellement de mal entre eux qu'ils estiment que si tout le monde est séparé c'est  mieux comme ça »

 

Ces deux situations, très différentes et à si peu de distance, montrent bien la complexité de ce conflit plus ethnique que religieux, en réalité. Conflit qui continue d’exploser sporadiquement dans des zones de plus en plus localisées.

 

La Centrafrique n’est plus en guerre, mais elle est très très loin d'être en paix.

 

La Centrafrique un an après Sangaris
La Centrafrique un an après Sangaris

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com