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22 décembre 2014 1 22 /12 /décembre /2014 13:57

 

 

 

Invité Afrique

 

Par Sonia Rolley RFI lundi 22 décembre 2014

 

Va-t-il y avoir des opérations militaires contre les FDLR ? Les rebelles hutus rwandais ont jusqu’au 2 janvier 2015 pour désarmer. C’est l’ultimatum que leur avaient fixé la CIRGL, l’organisation sous-région pour les Grands Lacs et la SADC, la Communauté économique des Etats d’Afrique australe. Mais, depuis six mois, leur désarmement n’a guère avancé. Pour en parler, Sonia Rolley reçoit Georges Rebelo Pinto Chikoti, ministre angolais des Relations extérieures, qui préside la CIRGL. Il était de passage à Paris ces derniers jours. L’occasion également d’évoquer le situation en Centrafrique où l’Angola envisage d’envoyer des casques bleus.

 

RFI : Avec le peu d’avancées dans le désarmement volontaire des FDLR, pensez-vous que les opérations militaires soient aujourd’hui inévitables ?

 

Georges Chikoti : Oui, il est prévu qu’à partir du 2 ou 3 janvier on puisse avoir déjà la mobilisation de la brigade des Nations unies en attendant que le sommet se réalise éventuellement aux environs du 15 janvier. La brigade devrait initier l’opération militaire avec l’armée congolaise comme c’est prévu.

 

Du côté des Nations unies, on pense qu’il y aura peut-être des réticences. Est-ce que vous pensez que réellement les pays de la SADC, qui sont contributeurs de troupes de la bridage d’intervention, sont aujourd’hui prêts à lancer ces opérations ?

 

Le mandat n’appartient pas aux pays de la SADC. Le mandat est un mandat des Nations unies. La résolution des Nations unies est déjà claire sur la question. Donc en principe, il n’y a aucun pays qui ne remplirait pas l’ordre lorsqu’il sera donné, puisque les troupes ne sont pas aux mains de pays, elles sont aux mains des Nations unies.

 

Concrètement, une fois qu’il y aura le sommet des chefs d’Etat de la CIRGL et de la SADC qu’on attend donc pour la mi-janvier, ces opérations pourront démarrer ?

 

Oui, effectivement.

 

Dernièrement, le mouvement du 23-Mars (M23) a dénoncé une opération de rapatriement forcé contre ses troupes, ils s’en sont plaints à la CIRGL ?

 

Ces rebelles sont restés pratiquement abandonnés à leur propre sort pendant très longtemps. Aujourd’hui la loi d’amnistie a été effectivement passée, il y a quelques uns parmi eux qui bénéficient déjà de cette loi et d’autres n’en bénéficient pas. Il y a un très grand retard, ça suppose d’autres progrès. Une bonne partie de ces responsabilités doivent être assumées par l’ensemble des opérateurs et surtout la République démocratique du Congo.

 

Vous comptez pousser le gouvernement congolais à aller plus vite. Ça leur a déjà été demandé plusieurs fois, mais jusqu’à présent, ça ne s’est pas passé ?

 

Effectivement traiter cette question rapidement est important parce que le M23 a été battu en 2013. Donc si on va maintenant en 2015 et que la question n’est pas traitée, ça fera deux ans.

 

Cela signifie que vous ne craignez pas la création d’une nouvelle rébellion puisqu’on parle en permanence d’une résurgence du M23. Ce n’est pas un sujet d’inquiétude ?

 

Nous sommes inquiets mais il n’y a pas de conditions militaires pour que ceci puisse se faire avec facilité. Jusque là, si on peut se ressaisir, il nous faut traiter cette question le plus vite possible.

 

Le président Paul Kagame s’est rendu à Luanda en Angola dernièrement. Il a rencontré le président José Eduardo dos Santos. On a assisté ces derniers mois à un rapprochement entre les deux pays. Qu’est-ce qui est à l’origine de ce rapprochement ? Et qu’est-ce que vous attendez de cette coopération avec le Rwanda ?

 

Nos deux pays et nos deux chefs d’Etat partagent une vision d’un certain nombre de problèmes, nos deux pays peuvent faire aussi un certain nombre de choses ensemble en terme de développement, en termes d’échanges, mais aussi pour construire une paix régionale importante notamment en République démocratique du Congo. Cette rencontre, je la vois comme une rencontre historique pour donner une autre vision de notre région, mais aussi manifester une volonté pour la consolidation de la paix dans la région.

 

L’Angola avait donné dix millions de dollars en liquide aux autorités de la transition en Centrafrique. Pourquoi cette somme d’argent avait-elle été donnée et pourquoi en liquide ?

 

L’important c’est de donner de l’aide. Nous avons non seulement donné de l’aide en liquide mais nous avons donné aussi de l’aide pour accélérer la question du dialogue politique en République centrafricaine.

 

Sur ces dix millions, deux millions et demi n’ont pas été reversés dans les comptes de l’Etat. Est-ce que ça ne vous a pas inquiété ces informations-là ?

 

Ça ne nous inquiète pas, on fait confiance à la présidente Catherine Samba-Panza.

 

Vous allez aussi participer aux opérations de maintien de la paix sur la Centrafrique ?

 

C’est une question qu’il faut bien étudier parce qu’il faudrait qu’il y ait un mandat politique des Nations unies très clair pour aider le gouvernement à réaliser les élections, faciliter la participation de toutes les mouvances politiques locales à participer au processus électoral. Donc les forces des Nations unies doivent être là pour garantir la paix sur toute l’étendue du territoire.

 

Il faut des règles d’engagement plus fortes ?

 

On trouve qu’il y a un peu de la fragilité. Donc on hésite encore si on y va ou si on n’y va pas. Il faut d’abord que tous les partis politiques soient clairement engagés avec la paix en Centrafrique, que ce soit la Seleka, Djotodia, Bozizé, Balaka ou anti-Balaka.

 

Vous seriez favorable au fait que l’ancien président François Bozizé et l’ancien président Michel Djotodia participent par exemple aux discussions ?

 

Eventuellement oui. Il faut que ça soit clair. On ne sait pas qui s’oppose à quoi et qui n’est pas d’accord avec quoi. Il faut que le dialogue soit inclusif comme ça on garantit effectivement la paix.

 

 

NDLR : Les autorités angolaises ne sont pas censées ignorer que Bozizé est sous sanctions onusiennes et Djotodia sous sanctions américaines. Il n'est pas exclu que tous les deux fassent en outre l'objet de poursuites judiciaires pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité. La soif de revenir au pouvoir de l'un et l'autre est une des causes de la perpétuation de la crise centrafricaine par anti-balakas et Séléka interposés. C'est une raison suffisante de contre-indication pour leur participation à un quelconque forum de réconciliation des Centrafricains. On peut difficilement en faire fi sous prétexte d'inclusivité du dialogue. On croyait comprendre jusqu'ici que c'est par solidarité sous-régionale que l'Angola, qui avait pourtant déjà annoncé qu'il allait envoyer deux bataillons en Centrafrique, avait décidé de participer aux forces de la MINUSCA. La position exprimée ici par le ministre des affaires étrangères est désormais très en retrait par rapport à ce qui avait été annoncé par l'ANgola depuis la tribune des Nations unies en septembre dernier et on doit le regretter.

 

Invité Afrique - Georges Chikoti: «La brigade de l'ONU va se mobiliser contre les FDLR»

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