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6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 00:30

 

 

 

 

http://www.la-croix.com   5/12/14 - 12 H 10

 

Un an après le lancement de l’opération française en Centrafrique, le 5 décembre 2013, une mission qui devait être courte et efficace, le bilan est mitigé.

 

Samedi 7 décembre 2013, François Hollande préside la conférence de presse de clôture du sommet sur la paix et la sécurité en Afrique, à Paris. L’avant-veille, le jeudi 5 décembre, la France a engagé l’armée en Centrafrique.

 

Nom de code de l’opération : Sangaris, du nom d’un papillon centrafricain. Devant la presse nationale et internationale, le président français détaille l’opération. Une mission « rapide, efficace » qui devra « désarmer toutes les milices et groupes armés qui terrorisent les populations », afin de « retrouver la stabilité, et permettre le moment venu des élections libres et pluralistes ».

 

Et d’affirmer, confiant : « Dans un délai je crois court, nous pourrons faire cesser toutes les exactions et les massacres. » Paris engage 1 600 soldats dans cette opération pour un pays aussi grand que la France et la Belgique. Au printemps, l’effectif monte à 2 000.

 

Le pays est coupé en deux

 

Les promesses élyséennes ont-elles été tenues ? Un an plus tard, les forces françaises sont toujours là. Les exactions et les massacres n’ont pas cessé. Et les groupes armés n’ont pas tous été désarmés.

 

Par ailleurs, l’immense majorité des musulmans ont quitté Bangui et l’ouest du pays. Leurs maisons, leurs commerces, leurs mosquées ont été pillées, détruits et souvent totalement rasés.

 

La Centrafrique est désormais coupée en deux grandes parties. Le nord est sous le contrôle de groupes plus ou moins liés à la Séléka (le mouvement se fractionne en sous-groupes hostiles). Le sud, l’ouest et le centre sont entre les mains de groupes armés rivaux, plus ou moins liés à la galaxie anti-Balaka.

 

A Bangui, les musulmans vivent retranchés

 

Aucune avancée, donc ? Non, bien entendu. En termes de sécurité, la vie quotidienne des Centrafricains s’est nettement améliorée dans la capitale : la vie a repris sous toutes ses formes… sauf pour les musulmans, enfermés dans le réduit de PK5.

 

L’activité économique du pays a redémarré. Parmi les choses nouvelles dans les rues de Bangui, les casques bleus de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en République centrafricaine (Minusca) et les soldats de la force européenne (Eufor RCA). Les premiers sont 6 500, les seconds, 750.

 

 « Nous avons rempli la mission, nous avons été efficaces malgré la situation extrêmement difficile à laquelle nous avons été confrontés dès les premiers jours de l’opération », analyse le colonel Gilles Jaron, porte-parole de l’état-major des armées françaises.

 

« favoriser le retour des humanitaires »

 

Une mission dont les buts, un an après, ne sont cependant plus du tout formulés dans les mêmes termes que ceux présentés par François Hollande le 7 décembre 2013. « Nous avions deux objectifs : restaurer une sécurité minimale en Centrafrique et faciliter la montée en puissance et le déploiement opérationnel de la Misca, de la communauté internationale », explique le colonel Jaron.

 

Que faut-il entendre par « restaurer une sécurité minimale » en RCA ? « Pour nous, répond-il, c’était enrayer la spirale des exactions telles qu’elles se produisaient à Bangui et dans le pays. Et favoriser le retour des humanitaires. » Sur le second point, « sans Sangaris, il n’y aurait pas de Minusca présente aujourd’hui en RCA ».

 

L’opération a été éprouvante pour les soldats, admet le colonel Jaron : « Ils ont été confrontés à un niveau de violence inouï. » Trois soldats ont perdu la vie, une centaine, blessés, « beaucoup par des éclats de grenades », ces grenades chinoises que l’on achète 50 centimes d’euro au marché. L’opération s’est déroulée dans une zone hautement paludéenne : « 260 de nos soldats ont attrapé le paludisme », regrette Gilles Jaron.

 

 « Nos ordres ? Ne pas mettre le feu aux poudres »

 

De retour de RCA, le moral des soldats français ne semble pas exactement au beau fixe : vétusté et manque de matériel, effectifs trop modestes, sentiment d’impuissance.

 

 « Nos ordres ? Ne pas mettre le feu aux poudres, éviter les clashs afin de ne pas refroidir l’engagement de l’ONU en RCA, témoigne un officier. Là où j’étais déployé, nous savions qui était qui, où se trouvaient les chefs de guerre, les caches d’armes, les combines par lesquelles les armes leur arrivaient. Au lieu de faire vraiment le job, nous avons toujours été en mode mineur vis-à-vis de ces groupes. »  

 

Parmi les jugements les plus sévères portés sur Sangaris, celui du général Vincent Desportes : « Si la force projetée n’est pas adaptée aux caractéristiques géographiques et humaines du théâtre d’opérations, la mission n’a aucune chance d’être  remplie. C’est exactement ce qui s’est passé en Centrafrique. » 

 

LAURENT LARCHER

Lu pour vous : Centrafrique, un an après, le bilan contrasté de l’opération Sangaris

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