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18 novembre 2014 2 18 /11 /novembre /2014 00:10

 

 

 

Après le chapitre sur le mouvement de rébellion « Révolution et Justice » d’Armel Sayo et le mercenaire belge François Toussaint, la rédaction poursuit la publication des principaux extraits du rapport du groupe d’experts des Nations Unies du 29 octobre dernier avec cette fois-ci la localisation des bastions et zones principales d’influence et d’action de ces bandes armées.

 

La rédaction

 

B. Groupes armés

 

47. La ligne séparant les milices anti-balaka et la «nouvelle» Séléka, également dénommée «ex-Séléka» ou «Forces républicaines»32, s’est légèrement déplacée vers l’est et le nord depuis la publication du rapport d’activité du Groupe d’experts (voir S/2014/452, par.37), le 1erjuillet 2014, du fait de la pression exercée sans relâche par les groupes anti-balaka sur les villes considérées comme stratégiques et toujours contrôlées par l’ex-Séléka (voir la carte ci-après). Le principal fait nouveau depuis juillet 2014 concerne l’apparition de graves dissensions entre les chefs anti-balaka rivaux et les factions ethniques de l’ex-Séléka, dans leurs bastions respectifs

 

48. Le Groupe d’experts a été en mesure de suivre les conditions de sécurité et les activités des principaux responsables politiques et chefs militaires du mouvement anti-balaka et des différentes factions de l’ex-Séléka dans la capitale et dans les provinces où il s’est rendu. À son avis, la plupart des atteintes à la sécurité résultent de différends entre les anti-Balaka et l’ex-Séléka concernant le contrôle des territoires, ou de la dynamique interne au sein des deux groupes armés, qui est liée à la lutte pour le pouvoir politique ou militaire ou au partage des ressources.

49. Le Groupe d’experts communique à la section III des données de référence concernant les armes et munitions actuellement utilisées par les groupes armés en République centrafricaine et recense aux sections IV et V les actes qui entravent l’acheminement de l’aide humanitaire et les violations du droit international humanitaire que les groupes armés auraient commis.

 

50. Les principales zones de tension au moment de l’établissement du présent rapport sont les suivantes: i) Batangafo (préfecture de l’Ouham), où les groupes anti-balaka placés sous le commandement de Rodrigue Ngaïbona, connu également sous les noms de «Andilo» (utilisé dans le présent rapport), «Général Andilo», «Colonel Andilo», «Angilo», «Angelo», «Andjilo», «Andilou» ou «Andiyo», ont eu des accrochages avec les forces de la Séléka du général de brigade Mahamat Alkhatim en juillet et août 2014; ii)Bambari (préfecture de la Ouaka), où les tensions entre les forces internationales, les groupes anti-balaka et les factions de la Séléka sont vives.

 

51. La situation à Batangafo et Bambari montre comment la dimension nationale du conflit entre les anti-Balakaet l’ex-Séléka peut s’ajouter à la dynamique locale, aux actes de vengeance et à la lutte pour le contrôle des ressources. Le Groupe d’experts a notamment recueilli des informations montrant que la Coordination nationale des libérateurs du peuple centrafricain (CLPC) de Patrice Édouard Ngaïssona, également connue sous le nom de Mouvement des patriotes anti-balaka, ainsi que des groupes anti-balaka de Bangui jusque-là inconnus, participent directement aux affrontements à Batangafo, Bambari et Boda (voir par.201, 202 et 215 et annexe63).

 

Batangafo

 

52. Les tensions sont vives dans le nord-ouest de la préfecture de l’Ouham, depuis avril 2014, lorsqu’une série d’offensives et de contre-offensives ont été lancées à Bouca et en raison d’affrontements entre les groupes anti-balaka placés sous la conduite d’ Andilo» et les forces de la Séléka du général de brigade Alkhatim (voir S/2014/452, annexe 5). Le 26 avril 2014, à Bouca, Andilo a infligé une grave défaite au colonel Mahmat Issa, qui relève du commandement d’Alkhatim, ce qui a permis aux anti-balaka d’attaquer Batangafo.

 

53. En juin et juillet 2014, Andilo a renforcé ses capacités militaires, principalement en transférant à Bouca des camions volés à Bangui33,en créant des camps d’entraînement à la périphérie de Batangafo et en installant son quartier général à Bolom34. La principale attaque contre Batangafo a été menée le 29 juillet 2014 et fait 20 morts. Le Groupe d’experts estime qu’entre 100 et 150 combattants anti-balaka ont participé à l’offensive et a été informé par les forces internationales que les éléments anti-balaka avaient même utilisé un camion pour transporter des combattants de Bouca sur la ligne de front35. Selon des informations obtenues par le Groupe d’experts, l’attaque a été repoussée par le Colonel Saleh Zabadi36, qui a ensuite été promu général et affecté à Kabo (voir S/2014/452, par.53 et annexe 5.5)37.Andilo serait retourné à Bangui le 6 août 2014, laissant au «Colonel Simplice» la direction des opérations. Par ailleurs, deux soldats de la MISCA ont été tués lors d’un autre affrontement avec un groupe placé sous la conduite du colonel Mahamad Zine, commandant de zone de la Séléka à Batangafo.

 

54. Le 4 août 2014, les forces françaises, qui allaient vers le nord en direction de Batangafo pour prêter renfort à la MISCA, sont tombées dans une embuscade tendue à trois kilomètres au sud de la ville par des forces aguerries de la Séléka.

 

Comme indiqué par le Ministère français de la défense sur son site Web38, un appui aérien, fourni notamment au moyen d’avions de chasse français basés à N’Djamena, a été demandé au cours des combats, comme cela avait été le cas pendant l’affrontement entre les membres de l’opération Sangaris et les forces fidèles à Alkhatim le 5 mai 2014 sur la route reliant Bémal à Boguila (préfecture d’Ouham)(voir S/2014/452, par. 52). Malgré de lourdes pertes, la Séléka a lancé le lendemain une contre-offensive contre l’unité de commandement mobile des forces françaises, qui avait de nouveau amené les forces aériennes à intervenir.

 

55. Selon Radio France Internationale, une soixantaine de combattants de la Séléka ont été tués pendant l’affrontement, alors que les chefs locaux de la Séléka ont fait état de seulement sept morts dans leurs rangs39. Par la suite, les forces françaises ont pris des mesures de confiance et tenté de cantonner les forces de la Séléka(voir plus loin, par.177, et annexe 56).

 

56. Zine a également été tué pendant les combats contre l’opération Sangaris. Lors d’une réunion avec le Groupe d’experts, le colonel Mohamed Assil s’est présenté comme le nouveau commandant de zone par intérim, avec le colonel Ahmad Ibrahim Ahmad pour adjoint. Toutefois, un autre colonel dénommé Moussa Maouloud s’est également présenté au Groupe d’experts comme le commandant de zone de Batangafo, chargé des négociations avec les forces internationales, et a prétendu avoir été envoyé dans la zone par le général Zoundeko en juin 2014, mais Maouloud n’est manifestement pas reconnu comme chef par ses pairs(voir annexe6 pour les photographies des commandants de la Séléka à Batangafo).

 

57. Le 14 août 2014, l’opération Sangaris a décidé de mettre en œuvre des mesures de confiance pour trois groupes anti-balaka qui contrôlaient Bouca, deux d’entre eux relevant de l’autorité d’Andilo et le troisième étant plutôt considéré comme une milice d’autodéfense. La décision a été annoncée aux responsables locaux en présence du Groupe d’experts.

 

Bambari

 

58. Il ressort des entretiens que le Groupe d’experts a tenus et de ses observations sur le terrain au cours de missions à Bambari du 20 au 23 mai et du 2 au 4 juillet 2014 que différents groupes anti-balaka participent au conflit qui a éclaté à Bambari et dans ses environs, notamment des milices locales d’autodéfense et diverses factions de la «nouvelle» Séléka, ainsi que des groupes de Peuls armés. De l’avis du Groupe d’experts, les Peuls armés à Bambari ne sont pas tous sous les ordres du général Ali Darrassa Mahamat alias «Ali Daras», issu des Ouda, sous-groupe peul connu pour l’élevage de moutons et non de gros bétail. Plus généralement, en raison du manque de transparence qui caractérise le processus de décision au sein de ces groupes, y compris pour les personnes bien informées des fluctuations rapides des alliances politiques ou militaires, principalement en fonction d’intérêts à court terme et aux fins du contrôle des recettes tirées de l’exploitation des ressources naturelles et des postes de contrôle (voir plus loin, par.111 à 150), il est parfois difficile de comprendre la dynamique locale et les facteurs exogènes qui attisent le conflit au niveau local.

 

59. Toutefois, le Groupe d’experts a établi à partir de plusieurs témoignages de première main que des groupuscules anti-balaka, connus comme venant de l’extérieur ou de Bangui, étaient présents à Bambari(voir annexe7). Ainsi, alors qu’il observait l’un de ces groupuscules, un dignitaire local lui a dit que ces miliciens venaient de «l’extérieur». Il a également été informé par des sources locales de la présence d’au moins deux chefs anti-balaka de Bangui, ayant appartenu aux Forces armées centrafricaines et connus sous le nom de «Douze couteaux» et «Riskeur».

 

60. Ces témoignages semblent confirmer la participation d’anti-balaka basés à Bangui dans ce qui pourrait passer à première vue pour un conflit local, et pourraient donner à penser qu’une stratégie est mise en œuvre au niveau national contre les forces de l’ex-Séléka.

 

61. En ce qui concerne la Séléka, le Groupe d’experts a obtenu une lettre signée par Darrassa, commandant de la 5erégionmilitaire (Ouaka) de la République centrafricaine, par laquelle le général Zakaria Santiago et le colonel Amadou Bello Hissen étaient nommés à des postes de responsabilité (voir annexe 8).

 

62. Son autorité étant contestée par des factions rivales de l’ex-Séléka, Darrassa a perdu le contrôle du chef-lieu de la préfecture de la Ouaka suite à la décision de la nouvelle «Séléka» d’établir son quartier général à Bambari (voir S/2014/452, annexe6)40. Le général Zakaria Damane, qui contrôle la faction goula de la Séléka à Bambari et a créé l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR) de Djotodia, s’est rendu de Bria (préfecture de Haute-Kotto) à Bambari le 22 mai 2014, accompagné de Zoundeko, chef d’état-major de la «nouvelle» Séléka et ancien chef d’état-major de l’UFDR, et du général Tom Adam, également connu sous le nom de «Ben Laden», ancien commandant de zone avant la nomination de Darrassa par Djotodia en 2013, qui contrôlait antérieurement la mine d’or de Ndassima (voir annexe9 pour la photographie d’Adam).

 

63. Les tensions entre ces deux factions de la «nouvelle» Séléka ont atteint leur paroxysme le 25 août 2014. Le lendemain, l’Agence France-Presse et Reuters, entre autres, ont indiqué que 17 combattants de la Séléka ont été tués lors d’affrontements entre Peuls et Goulas. L’origine du conflit, qui varie selon les sources, tient au désir de contrôler les recettes provenant de l’exploitation des ressources et à des questions de politique interne, qui ont surgi à la suite de la fusion des composantes peule et «arabe» de la Séléka et de l’alliance entre Darrassa et Alkhatim, qui est issu de la tribu nomade des Salamat au Tchad et auSoudan41. En représailles, Nourredine Adam aurait alors ordonné le désarmement des Peuls par les Goulas de Damane, d’Adam et de Zoundeko.

 

64. Le Groupe d’experts pense que les querelles intestines au sein de l’ex-Séléka à Bambari sont liées au partage des recettes tirées de l’exploitation des ressources. Un commandant de haut niveau d’origine peule lui a dit que le conflit avait éclaté après que les forces des Goulas eurent tenté d’extorquer de l’argent à la succursale d’une société de télécommunication à Bambari, puis créé un point de contrôle pour assurer l’entretien de leurs propres forces sur place. Darrassa aurait cherché à démanteler ce point de contrôle, ce qui aurait conduit aux dissensions entre les deux groupes. Un accord a été conclu et, au moment de l’établissement du présent rapport, les Goulas et les Peuls contrôlaient conjointement le point de contrôle situé dans le nord de Bambari42.

 

65. Dans un communiqué qu’ils ont signé le 17septembre 2014, Alkhatim et Darrassa ont annoncé la scission de l’ex-Séléka et dénoncé «l’irresponsabilité et l’incompétence» des dirigeants politiques du FPCR.Les signataire, qui ont l’intention de mettre en place une nouvelle structure politique, considèrent que ni la partition du pays ni le retour de Michel Djotodia ne permettront de régler la crise actuelle. 

RCA : Rapport du groupe d'experts onusien (suite)

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