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7 novembre 2014 5 07 /11 /novembre /2014 12:41

 

 

 

 

http://lepays.bf/    Vendredi 7 novembre 2014

 

Le récent soulèvement populaire intervenu au Burkina inquiète   de nombreux régimes totalitaires, qui font usage de mandats présidentiels illimités pour se maintenir ad vitam aeternam.

 

Pourquoi donc les dirigeants africains sont-ils parmi les rares en ce monde, à vouloir s’éterniser au pouvoir ? Sans conteste, si l’Afrique ploie aujourd’hui sous le poids des mandats présidentiels illimités, la faute en incombe aux élites corrompues. Les raisons sont multiples. Dans plusieurs pays, elles sont à l’origine de systèmes iniques.   Des prétextes sont avancés : le président travaille fort, il est à l’écoute du peuple, et il est à la base de telles et telles réalisations. Il est salutaire de le reconduire à son poste, non seulement pour qu’il parachève les chantiers en cours, mais aussi afin qu’il en entreprenne de nouveaux. Le comble, c’est lorsqu’on présente le chef de l’Etat comme un homme très dynamique, qui a même rajeuni, alors qu’on le sait pertinemment au bord de la sénilité. Dès lors, les idées convergent. Etant le seul à pouvoir sauver le pays du chaos, et la seule intelligence en service, pourquoi donc hésiter à le reconduire à la tête de l’Etat ? Comme s’il n’existait que lui dans le pays, comme s’il était éternel !

 

 Il est indispensable d’assurer l’éducation politique du citoyen, pour espérer voir la démocratie avancer

 

 Que les textes aient été modifiés bien avant, ou qu’on ait l’intention de le faire pour pérenniser le maintien au pouvoir d’un individu convaincu d’être au-dessus du peuple, il n’est pas vain de souligner que la récente révolution survenue au Burkina Faso a désormais mis la barre très haut pour les apprentis sorciers de la démocratie en république bananière. Nul ne voudra plus voir sur ce continent, un dirigeant s’accrocher indéfiniment au pouvoir. Celui-ci appartient au peuple qui le reprendra le moment venu,  de la manière qui lui conviendra.

 

L’expérience montre que dans nombre de pays africains, l’idée de s’éterniser au pouvoir, outre le monarque qui s’ignore, vient généralement des courtisans parmi lesquels de nombreux intellectuels.   Ils sont d’autant plus aptes à convaincre qu’ils sont parfois membres de réseaux mafieux, prêts à venir en appui à tout moment. Mais, il y a lieu de faire la distinction entre le peuple et ceux qui aiment à parler en son nom. C’est bien connu : en Afrique, la grande majorité de nos populations a un faible niveau d’instruction. Or, du fait de l’opportunisme qui les habite, les élites dirigeantes répugnent à leur assurer l’éducation politique qui convient, dans les langues du milieu. Rédigés le plus souvent dans la langue de l’ancienne puissance coloniale, la plupart des messages relatifs à la vie de l’Etat et à la démocratie, ne sont donc pas accessibles à un nombre considérable de citoyens. Ainsi en est-il des Constitutions et divers documents didactiques sur la bonne gouvernance. Presque rien n’est vraiment traduit dans les langues que maîtrisent les populations. Or, il est indispensable d’assurer l’éducation politique du citoyen, pour espérer voir la démocratie avancer sur ce continent. Mais, maintenu dans son ignorance, le peuple dispose d’une faible capacité d’analyse. A cela s’ajoute la faim qu’on s’acharne à vouloir camoufler par des dons en vivres ou en espèces sonnantes et trébuchantes. L’ignorance dans laquelle on maintient volontairement le peuple, est exploitée à des fins inavouées par une élite corrompue qui préfère de loin parler en son nom. Voilà pourquoi elle est toujours  prompte à organiser des référendums, ou à aller en consultations électorales. La classe dirigeante saura toujours exploiter les pesanteurs socioculturelles à son profit exclusif.

 

 Les lendemains du changement sont toujours amers pour les partisans du prince

 

 Dans la catégorie des partisans où foisonnent de pseudo-cadres ou intellectuels, se recrutent les thuriféraires des régimes dictatoriaux. Très habiles dans l’art de manipuler le verbe et d’interpréter comme bon leur semble les textes de loi, ils savent aussi broder des écrits à usage maléfique. Par mille et une astuces, ils parviennent toujours à faire fabriquer le monstre sur le dos du peuple, et avec le consentement non éclairé de ce dernier. On ne condamnera jamais assez le code électoral et les listes électorales élaborés sur des bases non consensuelles, par ces individus sans foi ni loi.

 

Une fois assuré de tout, le monarque qui s’ignore, ne prend plus la peine de vérifier les faits, ses partisans lui ayant souligné plusieurs fois que tout est sous contrôle ! C’est pourquoi le réveil est toujours brutal, comme on l’a vu du reste avec Blaise Compaoré ! Ceux des dirigeants africains qui se croient toujours à l’abri, doivent se convaincre qu’un jour ou l’autre, le peuple frappera à leur porte. Il leur appartient de se donner des leçons de sagesse, et d’éviter de se laisser entraîner dans des dérives difficiles à contrôler.

 

Déplorable que les élites politiques en viennent à faire montre d’autant de cupidité et d’indifférence à l’égard des peuples qu’elles sont pourtant censées représenter et défendre. Certes, il y a les privilèges rattachés au poste. Les agissements de nos élites politiques sont contraires à l’éthique. Elles hypothèquent gravement l’avancée de la démocratie autant que l’avenir du continent. Triste en effet, que de mandat en mandat, de régime en régime, des individus de l’entourage des chefs d’Etats africains s’acharnent à les faire reconduire, même lorsque l’évidence crève les yeux. L’Afrique a besoin de sang neuf, et donc d’un leadership constamment renouvelé, pour relever les défis qui sont les siens. L’alternance est impérative ! Les lendemains du changement sont toujours amers pour les partisans du prince, adepte du pouvoir absolu.

 

Aussi faut-il s’abstenir de dire que les choses avancent, alors que le pouvoir qu’on prend plaisir à encenser s’obstine à faire reculer la démocratie, et à se détourner de la demande sociale.   C’est pourquoi, dans sa révolte, un peuple longtemps sevré, s’attaquera avec d’autant plus de férocité à ses bourreaux, que ces derniers ne l’auront pas ménagé tout au long du cheminement.  

 

Les mandats présidentiels illimités constituent en tout état de cause, de véritables boulevards pour la dictature.  A gouverner sans partage, et à écouter sans discernement leurs partisans à la bouche mielleuse, nos princes régnants finiront tous de la même manière : chassés tels des pestiférés par le peuple en colère. Tout simplement pour les avoir trop longtemps supportés.

 

« Le Pays »

 

 

RISQUES DE CONTAGION DE LA REVOLUTION BURKINABE : Peut-on nier l’évidence ?

 

http://lepays.bf/    Vendredi 7 novembre 2014

 

Le soulèvement populaire qui a chassé Blaise Compaoré du pouvoir fait des vagues au-delà  des frontières du pays, voire au-delà de la sous-région ouest-africaine. En effet, l’évolution de la situation politique au pays des Hommes intègres met  certains  chefs d’Etat africains en  alerte maximum, craignant une éventuelle contamination de leurs populations par le syndrome burkinabè. Ainsi, dans les deux Congo (RDC  et Congo Brazzaville), les autorités rivalisent d’ingéniosité pour  empêcher leurs populations de s’informer sur les péripéties ayant conduit le peuple burkinabè à prendre ses responsabilités face à la boulimie du pouvoir du désormais ex-président Blaise Compaoré. Brouillage de signal pour perturber la réception radio- télé, censure  de la presse étrangère, interdiction aux organes de presse publics de relayer les informations sur l’évolution de la situation au Burkina, menaces diverses, bref, rien n’a été épargné par  Denis Sassou Nguesso et Joseph Kabila pour empêcher leurs populations d’apprendre comment un peuple peut  chasser un dictateur. En RDC, les autorités ont même poussé le ridicule jusqu’à confisquer tous les postes téléviseurs et les radios qui étaient dans les cellules des prisonniers, « pour les empêcher de suivre l’évolution de la situation à Ouagadougou. »

 

Ironie du sort, une délégation de la RDC se trouvait au même moment dans la capitale burkinabè, pour étudier la stratégie utilisée par Blaise Compaoré pour faire modifier la Constitution de son pays.

 

 Toute volonté de maintenir un peuple dans l’ignorance est la plus utopique des manœuvres

 

 Ce qu’il faut retenir de cette fébrilité qui s’est emparée des capitales des deux Congo, c’est que les dirigeants de ces deux pays sont très loin d’être en phase avec les aspirations de leur peuple. Et, en bons dictateurs, leurs premiers réflexes  n’ont pas consisté à chercher à comprendre comment faire pour éviter la colère du peuple, mais plutôt comment faire pour le maintenir dans l’obscurantisme et la docilité. L’obscurantisme, c’est, du reste, l’arme de prédilection de tous les dirigeants dont le règne est bâti  sur le mensonge, la manipulation et les intrigues les plus sordides. Il faut dire d’ailleurs que de ce point de vue, tous les dictateurs se ressemblent, en ce sens qu’ils ne retiennent jamais aucune leçon susceptible de les ramener vers les peuples. Ainsi, au lieu de tirer leçon du soulèvement populaire qui a eu raison de « l’homme fort » du Burkina et actionner immédiatement le levier de l’alternance pour éviter que les mêmes causes qui ont conduit au soulèvement populaire au Burkina ne produisent les mêmes effets à Kinshasa et à Brazzaville, ils ont choisi plutôt la répression et la censure, comme s’ils cherchaient à cacher le soleil avec leurs doigts. Ces bidasses mal inspirés semblent toutefois oublier que nous sommes dans un monde de technologie, où toute volonté de maintenir un peuple dans l’ignorance est la plus utopique des manœuvres.

 

Et en cherchant à soustraire leur peuple des informations sur le comportement héroïque du peuple burkinabè, Sassou Nguesso et Kabila sèment eux-mêmes, sans le vouloir, les graines de la révolte dans leurs pays respectifs. Car « on peut tromper une partie du peuple pendant une partie du temps, mais on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps ». En attendant, plutôt que de ramener des leçons de despotisme, la mission congolaise à Ouagadougou ramènera dans ses valises les images d’un peuple en colère et de dirigeants aux abois, implorant l’indulgence de ceux qui n’étaient pour eux que du bétail électoral, taillable et corvéable à volonté. Demain, quand le soleil de la liberté se lèvera dans le ciel des deux Congo, les dictateurs en place se demanderont, comme leurs prédécesseurs, comment cela a pu arriver.

 

Dieudonné MAKIENI

Lu pour vous : MANDATS PRESIDENTIELS ILLIMITES EN AFRIQUE :Des boulevards pour la dictature
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