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24 novembre 2014 1 24 /11 /novembre /2014 21:18

 

 

 

 

http://www.adiac-congo.com   Lundi 24 Novembre 2014 - 18:14

 

Le Père Bernard Kinvi a reçu le Prix Alison Des Forges, décerné par l’ONG  Human Rights Watch (HRW) à cause de son courage à protéger et soigner les musulmans de la ville de Bossemptélé au nord-ouest du pays.

 

Le Prix Alison Des Forges accordé par l’ONG HRW récompense le courage d’individus qui mettent leur vie en danger pour défendre la dignité et les droits humains. Le Père Bernard qui dirige l’hôpital de la mission catholique à Bossemptélé a reçu cette distinction pour avoit sauvé la vie de centaines de musulmans assiégés dans leur quartier, qu’il a réunis et hébergés dans son église lorsque les violences intercommunautaires ont éclaté dans le pays en 2013. En décernant ce Prix à l’Abbé Bernard Kinvi, l’ONG HRW entend l’honorer pour son courage sans faille et son dévouement dans la protection des civils, surtout musulmans de sa localité.

 

« L’ONG américaine collabore avec ces courageux défenseurs des droits humains pour créer un monde dans lequel les personnes pourront vivre sans violence ni discrimination et oppression », souligne un communiqué de HRW annonçant l’attribution du Prix au Père Bernard Kinvi.  Le lauréat a été présenté au public à l'occasion du Dîner « Voix pour la justice » organisé par le bureau de HRW à Paris le week-end dernier.

 

 D’après les organisateurs du Prix, l’assistance du Père Kinvi aux musulmans est frappante comme en témoignent des faits palpables. L'une des attaques les plus meurtrières a eu lieu à Bossemptélé, où les anti-balaka  ont tué plus de 80 musulmans. Le Père Kinvi a passé des journées entières à chercher des survivants musulmans, dont la plupart étaient des enfants, et les a emmenés à l’église catholique pour qu’ils soient à l’abri des violences. Alors que le conflit battait son plein, il a hébergé des centaines de musulmans dans l’église et ce, malgré les nombreuses menaces de mort de la part des anti-balaka.

 

En mars 2014, des soldats africains de maintien de la paix ont évacué la majorité des musulmans restants de Bossemptélé au Cameroun, en plus de quelque 100 000 musulmans ayant déjà fui le pays. Environ 70 personnes, y compris plus d’une dizaine d’enfants handicapés, se sont retrouvées bloquées dans l’église catholique. L’Abbé Bernard n’a pas chômé. Il a continué de s’occuper des musulmans à sa charge et a réussi à les ramener à leurs proches.

 

Pour rappel notons qu’en mars de l’année dernière 2013, la Séléka, à dominante musulmane avait renversé le pouvoir à Bangui. Les musulmans qui étaient nombreux dans la coalition rebelle ont déclenché une vague de violences, brûlant de nombreux villages et tuant plusieurs personnes. En réponse à ces actes, des milices dites « anti-balaka », recrutées par la majorité chrétienne, ont commencé à attaquer les bases de la Séléka ainsi que des minorités musulmanes.

 

Alors que les leaders de la Séléka ont été chassés du pouvoir et forcés de fuir, les civils musulmans ont dû faire face à la colère des forces anti-balaka. De ville en ville, les musulmans ont été attaqués et massacrés, et leurs maisons et mosquées détruites.

 

Fiacre Kombo (stagiaire)

 

 

Le père Bernard Kenvi, le Juste de Centrafrique

 

http://www.aleteia.org/  24.11.2014

 

Vous ne connaissez sans doute pas son nom. Pourtant cet homme de paix a sauvé plus d’un millier de musulmans menacés par les milices anti-balaka

 

« Quand je suis devenu prêtre j’ai dit que j’étais prêt à risquer ma vie pour mon prochain. Je l’ai dit mais je ne réalisais pas ce que cela signifiait », explique le père Kevin. Son courage a été mis à l’épreuve au mois de janvier, quand deux miliciens armés sont allés le voir dans sa mission catholique de Bossemptele.
 
Les jeunes gens étaient des anti-balaka, une milice d’autodéfense contre les musulmans de la Sélaka qui ont terrorisé le pays. Ils venaient plaider la défense d’un musulman qui avait été saisi et que leur groupe voulait exécuter : « Ils ne nous écoutent pas, mais ils ne voudront pas aller contre l’avis d’un prêtre », expliquaient-ils. Le père Kenvi a accepté, malgré sa peur : il connaît les anti-balaka et sait de quoi ils sont capables. Il arrive trop tard pour le pauvre homme, qui a déjà été exécuté. Mais sa résolution est prise, et il fera tout son possible pour arrêter le massacre.
 
À Bossemptele, les combattants musulmans de la Selaka ont fait régner la terreur jusqu’au mois de janvier, date à laquelle ils ont été repoussés par les anti-balaka qui massacrent à leur tour tous les musulmans. Pendant les combats du 18 janvier, le prêtre prend sous sa protection un garçon musulman de 14 ans que les miliciens veulent exécuter. On lui dit : « Il faut le tuer, sinon il va grandir et nous combattre ». Mais le prêtre répond que c’est impensable : « C’est un être humain. Pour le tuer il faudra d’abord me tuer. » Finalement on les laisse aller tous les deux.
 
Ce prêtre médecin de 32 ans a parcouru les deux camps, soignant les uns comme les autres, aidant les musulmans à se cacher des miliciens. Son aube de prêtre lui permet de passer partout et les anti-balaka couverts de grigris attribuent à ce vêtement une aura magique. Groupe par groupe, il a aidé les musulmans à fuir vers le Cameroun. Mais il ne désespère pas de voir ses concitoyens se réconcilier. «​ Au début, explique-il, les miliciens tuaient tous les musulmans qu’ils rencontraient. Mais des gens de plus en plus nombreux se sont opposés à ce massacre. Certains en ont cachés et nous ont ensuite contactés pour les faire sortir du pays », explique-t-il. Salué par l’Human Rights Watch Award, le prêtre souhaite à présent voir le Centrafrique revenir à la raison : « Je voudrais que mes frères musulmans puissent revenir chez eux ». 

Centrafrique : un prêtre récompensé pour avoir protégé des musulmans

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