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5 octobre 2014 7 05 /10 /octobre /2014 21:29

 

 

 

GLV - Monsieur le Président, vous venez de réaliser une grande interview sur la problématique de la sécurisation et la paix en Centrafrique qui a suscité beaucoup de réactions des Centrafricains et surtout de la Jeunesse au niveau du pays et de la diaspora. Simultanément vous lancez un appel à la mobilisation générale. Qu’attendez-vous de cet appel à la mobilisation et particulièrement de la Jeunesse qui constitue 70% de la population centrafricaine ?

 

F.Z : – La parenthèse historique de la Transition politique, qui a débuté après le départ forcé de Michel Djotodjia Am Nondroko, s’est illustrée par un cafouillage monstre, un cocktail d’immobilisme et d’irréalisme sans précédent des Autorités légales de cette Transition à trouver une réponse à la situation que traverse la République. L’objectif de l’appel à la mobilisation est double d'une part, inviter les Centrafricaines et les Centrafricains à une prise de conscience de cette situation chaotique, dramatique et inédite et d'autre part, demander au peuple de prendre en main son destin et surtout à la Jeunesse de ne pas attendre que cela vienne d’une seule personne c’est à elle et à elle seule d'imposer le renouveau, de renverser la situation. Au jour d’aujourd’hui personne et personne d’autre que la jeunesse ne pourra changer la donne. Cette longue marche vers le changement, le vrai changement est en route.

 

GLV – Est-ce que votre message a impacté sur la famille politique centrafricaine dont l’UDECA fait partie depuis que votre formation politique a vu le jour ?

 

F.Z – Notre préoccupation est la situation actuelle de la République Centrafricaine que je crois doit aussi préoccuper tous les Partis Politiques qui souhaitent un véritable changement dans notre République. L’UDECA ne cherche pas à séduire, ni à plaire. L’UDECA cherche à mobiliser tous les Centrafricaines et les Centrafricains de toute opinion, de toutes confessions religieuses autour de la question SAUVER LA REPUBLIQUE. Ceux qui estiment que notre démarche est la bonne peuvent nous rejoindre pour SAUVER LA REPUBLIQUE : ce bien précieux que nous ont légué nos ancêtres et les pères de l’indépendance.

 

LGV – Votre message de mobilisation à la population centrafricaine meurtrie coïncide avec la prise de fonction officielle de la MINUSCA en Centrafrique. Est-ce qu’on peut dire que c’est une opération coup de poker ?

 

F.Z – Je vous en prie, ne minimisons surtout pas ce qui se passe en République Centrafricaine en parlant de coup de poker. Ne sous-estimons pas non plus ce désordre qui est voulu, qui est structuré, qui est devenu un système politique que tous les gouvernements qui se sont succédé depuis un quart de siècle dans ce pays ont cherché à le maintenir et à l’entretenir à tous les prix, pour employer ce terme de coup de Poker. Nous sommes meurtris face à l’incapacité de tout le monde je dis bien de tout le monde (Partis Politique, et Autorités de Transition) dont le silence en dit long face aux Centrafricaines et aux Centrafricains qui ne cessent de souffrir, de pleurer, de compter leurs morts dans un contexte ou l’État n’existe plus, ou l’Administration ne fonctionne plus sur toute l’étendue du territoire et que même les Autorités actuelles de Transition ont démissionné de leur mission ou alors elles l’ignorent royalement pour ne rien faire. L’UDECA veut seulement briser ce silence et en appelle aux Centrafricaines et aux Centrafricains à prendre conscience de leur avenir et leur destin, l’avenir de la République dépend désormais du peuple, rien que du peuple centrafricain.

 

GLV – Monsieur le Président, nous sommes à presque 60 partis politiques en Centrafrique pour 4 millions d’électeurs seulement. Et l’expérience a prouvé que bon nombre de ces partis politiques centrafricains qui n’ont pas de siège et qui ne se limitent qu’à leur famille respective sont à perpétuelle recherche des postes au sein du gouvernement. Est-ce que l’UDECA a été créé pour chercher des postes ou pour la conquête du pouvoir ?

 

F.Z – Oui vous avez peut-être raison l’expérience à prouver que nos Partis Politiques n’ont jamais fonctionné comme de véritables Partis Politiques d’opposition (sources d’idées novatrices, forces de propositions alternatives, terreaux de prospectives orientées vers la construction nationale), ils n’ont jamais pensé à la République, ils n’ont jamais pensé à l’intérêt général. On peut le constater au jour d’aujourd’hui où le pays connaît les pires périodes de son histoire, personne ne lève le petit doigt pour dénoncer les viols, les tueries, les massacres inter-communautaires à grande échelle et d’autres exactions dont les images traduisent le degré d’animalité dans lequel est tombé la République et la souffrance du peuple centrafricain. Face à cette situation, il devrait y avoir un sursaut patriotique, national je veux dire. Rien de cela, tous, ne pensent qu’aux élections bien que l’administration n’existe plus sur toute l’étendue du territoire, les archives des états civils ont été complètement détruites par la Séléka et les Anti-Balaka, bien que tout est en lambeaux, tous s’arque-boutent sur leurs propres intérêts, ceux des Centrafricains ils s’en servent comme tabouret. L’UDECA ne s’inscrit pas dans cette logique profité-situationniste.  L’UDECA veut mobiliser la Nation tout entière à prendre son destin en main. Nous voulons inverser tout simplement l’ordre des choses. La conquête du pouvoir doit désormais se faire avec les Centrafricaines et les Centrafricains. C’est au peuple centrafricain que nous nous adressons : le peuple centrafricain doit reprendre son pouvoir.

 

GLV – Le peuple centrafricain a trop souffert de la haute trahison et de la médiocrité notoire de l’ancienne classe politique. Si vous êtes candidat à la future présidentielle et que vous avez la chance d’aller au deuxième tour. Êtes-vous prêt pour l’alliance avec les jeunes partis politiques qui poussent à quelques mois des élections comme des champignons ?

 

F.Z -  Je vous en prie, ne parlons pas des élections dans ce pays meurtri. Dans ce pays ou la Séléka et les Anti-Balaka ont tout détruit, détruit ce qui pourrait être un embryon de l’État. L’UDECA se demande comment organiser des élections libres dans un tel contexte ou l’Administration ne fonctionne plus ou les services des états civils n’existent plus, par ce que détruits par la Séléka et les Anti-Balaka. Vous devriez vous en rendre compte avant de poser la question des élections, bref. L’objectif de l’UDECA est de remettre en marche les rouages du fonctionnement de l’État sur toute l’étendue du territoire, faire renaître la République avant de penser aux élections. L’UDECA ne cherche pas le pouvoir pour le pouvoir. L’UDECA cherche à instaurer un nouveau paysage socio-politique en Centrafrique, une politique de proximité, une politique proche des Centrafricaines et des Centrafricains, une politique qui désormais partira des villages. L’UDECA souhaite créer avec les Centrafricaines et Centrafricains  un espace démocratique moderne par la mise en place des collectivités locales pour la défense des libertés individuelles et la réconciliation du peuple centrafricain avec le politique.

 

GLV – Monsieur le Président, si on fait une comparaison des actions menées par l’ONU à Kosovo quand elle avait déployé 50 000 hommes alors que plus petit en superficie que la RCA qui fait 623 000 km². L’effectif des éléments de l’ONU avoisine seulement 12 000 hommes en Centrafrique. Qu’en dites-vous ? N’y a-t-il pas injustice ?

 

F.Z – Non, il n'y a pas injustice. C'est une question de lecture des différentes résolutions des Nations Unis. Le Kosovo a bénéficié du droit d’ingérence. La communauté internationale ne souhaitant pas la répétition de l’histoire je veux dire le déclenchement de la première guerre mondiale survenue après l’attentat de Sarajevo bien que les causes de cette guerre étaient plus profondes liées plutôt à une crise économique, elle a opté pour le droit d’ingérence pour stopper cette crise, ce qui a nécessité de gros moyens pour le Kosovo. En République Centrafricaine, les forces onusiennes viennent en appui pour accompagner les Autorités légales de la Transition à créer les conditions d’une normalisation. A partir de là, c'est aux Autorités de Transition de prouver qu’elles sont capables de faire le maximum pour faciliter la tâche aux forces onusiennes, et non pas le contraire. Cette situation est à mon avis, une chance extraordinaire que les Autorités de cette Transition doivent saisir pour prouver leur bonne volonté d’aller vers la PAIX.

 

 GLV – Les éléments des Forces Armées Centrafricaines (FACA) sont dotés de brouettes, pelles et autres outils des travaux de génie civil à la place des armes qu’il leur faut pour la reconstruction de notre armée ? Ce n’est pas de l’humiliation ? Comment voyez-vous cette nouvelle formule ?

 

F.Z – C’est une très bonne initiative pour encourager la paix et montrer à ceux qui ont des armes que la bonne solution c’est de reconstruire le pays avec ce que nous avons comme moyen. La Séléka et les Anti-Balaka devraient en faire autant pour reconstruire ce qu’ils ont détruit comme les centres administratifs, écoles, dispensaires, hôpitaux, etc., et là aussi, faire montre de leur bonne volonté d’aller vers la Paix. Nous n’avons pas besoin des armes, ce que la République a besoin c’est la Paix. C’est davantage de moyens pour la reconstruction nationale.

 

GLV – C’est étonnant pour un pays comme le nôtre voisin au République Démocratique du Congo (RDC), la Présidente n’a pas fait allusion à la fièvre hémorragique Ebola qui continue de décimer les populations en Afrique de l’Ouest et au Congo démocratique. Catherine Samba-Panza a ignoré cette préoccupation de l’heure qui est mondiale. Elle n’est pas à jour avec l’actualité ou bien la République Centrafrique a déjà trouvé sa propre solution à elle pour la lutte contre Ebola ?

 

F.Z - Je vous le dis le plus simplement possible : Mme Catherine Samba-Panza n’aime pas la République. Elle n’aime pas les Centrafricaines et les Centrafricains qui souffrent, qui pleurent, qui n’arrêtent pas de compter leurs morts. Une mère qui n’aime pas ses propres enfants les jette dans une fosse septique. EBOLA va lui faciliter le travail, voilà pourquoi elle ne s’en préoccupera jamais.

 

GLV – la Présidente de la Transition a aussi ignoré le rôle qu’ont joué les hautes personnalités des confessions religieuses, tels que le Mgr Dieudonné Nzapalainga, l’Imam Oumar Kobine Layama et le Pasteur Nicolas Guerekoyame-Gbangou, pour ne pas dire qu’elle a trop personnalisé son séjour onusien en l’écoutant prononcer son discours ?

 

F.Z – Elle a évoqué les efforts des confessions religieuses, mais pas avec assez de force, mais plutôt avec mépris, c’est comme si elle était obligée de le faire c’est ce qu’on peut dire. Il suffit de lire toutes les interventions faites par Mme Catherine Samba-Panza et de se rendre compte, à quel point elle n’aime pas la République, à quel point elle méprise ce pays qui lui a tout donné, à quel point elle tourne le dos au peuple Centrafricain.

 

GLV – En votre qualité de Président d’un parti politique, êtes-vous satisfait des textes du nouveau Code électoral adopté à Bangui, le 13 novembre 2013 ?

 

F.Z – La question n’est pas d’être satisfait ou non. Si c’était le cas, la République Centrafricaine ne serait pas dans cette situation. Il faut tout revoir dans ce pays. Je dis bien tout refaire. Il nous faudra repenser une autre manière de notre vivre ensemble avec les Centrafricaines et les Centrafricains. La question  du code électoral ne constitue nullement la priorité des priorités. Elle se fera que lorsque la situation en Centrafrique redeviendra normale. L'urgence reste l'objectif fondamental de l'UDECA à savoir la réussite de la Transition avec comme corollaire la restauration de l’État sur l'ensemble du territoire national.

 

GLV – Monsieur le Président, je vous remercie !

F.Z – L’UDECA vous remercie.

 

Fait à Douala (Cameroun) le 05 octobre 2014

 

Propos recueilli par Pierre INZA, Directeur de publication du Journal Globe le Visionnaire.

 

Seconde Grande Interview de Faustin ZAMETO MANDOKO, Président de l’UDECA

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