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14 octobre 2014 2 14 /10 /octobre /2014 13:12

 

 

 

 

14/10/14 (Guineeconakry.info)

 

Contrairement à ce que penserait la présidente de la Transition, en Centrafrique, sa négociation d’avec une frange de la milice des anti-balaka ne semble pas suffire pour le retour de la quiétude dans la capitale, Bangui. Versant de plus dans le banditisme le plus ordinaire, les miliciens à dominante chrétienne, prenant goût aux prébendes qu’ils prélèvent sur les pauvres citoyens au niveau de leurs innombrables barrages, n’entendent visiblement pas honorer leur engagement de les enlever. Au risque d’aller en guerre contre les forces armées régulières.

 

Si Catherine Samba-Panza comptait sur la stratégie de la main tendue pour faire entendre raison aux anti-balaka, elle semble s’être quelque peu trompée. Dans le meilleur des cas, elle ne peut en tirer que sa propre fragilisation, à travers la perversion de son autorité.

 

Le samedi dernier, en rencontrant les responsables des anti-balaka, elle a donné l’image d’une responsable prête à renoncer à toutes les convictions pour conserver son fauteuil. C’est ainsi qu’elle avait promis d’examiner favorablement les requêtes de la milice chrétienne. Ces requêtes, elles-mêmes, allant de la libération de détenus à l’entrée de cadres de la rébellion au sein du CNT, en passant par la nomination de certains d’entre eux à des postes de responsabilités au sein même de l’administration centrafricaine ou à la présidence de la République. Toutes ces concessions, les miliciens les ont obtenues en contrepartie de leur menace de faire partir Catherine Samba-Panza.

 

Or, en retour, ils ne paraissent pas disposer à honorer leur part du contrat. Alors qu’ils avaient promis de faire en sorte que la capitale centrafricaine soit débarrassée des barrages qu’ils y ont érigés pour rançonner les populations, ils s’y sont catégoriquement refusés hier dimanche. Au point où les Forces armées centrafricaines (FACA) ont été obligées d’intervenir. Mais ne voulant pas renoncer à cette activité plutôt lucrative, les rebelles ont opposé une farouche résistance notamment dans les quartiers sud de Bangui.

 

Et quand ils ont senti qu’ils ne pouvaient pas tenir devant l’adversaire, ils se sont tournés vers les populations des quartiers environnants dont ils ont littéralement pillé les maisons. Avec de graves violences infligées à certains des habitants, femmes, enfants et personnes âgées compris. Au niveau du commandement des anti-balaka, on attribue ces violences à une frange incontrôlée du groupe ou à des éléments qui ne partageraient pas l’approche du dialogue avec le régime en place. Mais c’est à se demander, si tout cela ne participe pas d’une savante mise en scène destinée à replonger le pays dans le chaos ?

 

La suspicion est d’autant plus permise que d’ores et déjà, des musulmans centrafricains, à leur tour, commencent à s’élever contre la détention de personnes qui leur sont proches. Catherine Samba-Panza ayant démontré qu’elle est vulnérable à l’intimidation, elle ne risque plus de demeurer tranquille. Réalisant que le langage de la force est plus audible, tous les groupes armés devraient désormais s’en servir pour se faire comprendre. Ce qui retournerait naturellement le pays dans le cycle des violences inouïes que l’on croyait pourtant révolu.

 

Bouba Sanso BARRY pour GuineeConakry.info

 

 

NDLR : Il est vraiment à déplorer que la technique improductive de remise systématique d'enveloppes aux chefs de ces bandes armées à l'issue de leur rencontre avec la présidente, ce qui ressemble à de la corruption, dans l'espoir d'obtenir d'eux et leurs troupes de déposer les armes et cesser les violences, ne paie absolument point. C'est comme le paiement des rançons aux preneurs d'otages  qui entretient et renforce les ravisseurs et les incite aux futures prises d'otages.  

 

Lu pour vous : Centrafrique : le jeu risqué de Catherine Samba-Panza

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