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21 octobre 2014 2 21 /10 /octobre /2014 13:22

 

 

 

 

21/10/14 (Afrikaweekly.com)

 

Tout le monde, ou presque, a donné son avis sur le don angolais depuis que l’affaire a éclatée, suite aux révélations de François Soudan. Les antibalaka, la milice dirigée par Patrice Edouard Ngaïssona, a exploité l’occasion pour exiger la démission de la cheffe de l’Etat, Catherine Samba Panza. Le Conseil National de la Transition, lui aussi, s’est mis sur ses ergots, pour demander au Premier ministre des explications. Un véritable imbroglio qui a donné à la Présidence de la République l’idée d’un coup d’Etat.

 

Le don angolais a l’air d’un cadeau empoisonné pour Catherine Samba Panza, la Cheffe de l’Etat de la transition centrafricaine, Catherine Samba Panza. Prétextant que la représentation nationale devrait avoir l’œil sur les fonds publics, Alexandre Ferdinand Nguéndet a secoué terre et ciel pour obtenir l’interpellation du gouvernement dirigé par Mahamat Kamoun le mardi 15 mars 2014. Son intention était d’apporter un « éclairci afin de laver le soupçon de prédation qui pèse sur le pouvoir exécutif ».

 

Intervenant à la tribune du Conseil National de Transition, le Premier ministre Mahamat Kamoun n’a pas varié d’un iota de ce que la Présidence de la République a clamé de tout temps. Le montant du don querellé, à savoir : les 2,5 millions de dollars américains, soit à peu près 1,3 milliards de francs CFA.

 

Pour les tenants de cette thèse, le quart du don angolais a servi aux fonds spéciaux. Les fonds spéciaux, quant à eux, ont été répartis dans les actions humanitaires, le social, l’action gouvernementale, le renforcement du confort à la Présidence de la République et le fonctionnement des institutions. C’est à ce stade que Mahamat Kamoun a épinglé le Conseil National de Transition, qui a bénéficié d’une partie de ce don à travers les fonds spéciaux et les caisses d’avances. Pour lui, il n’y a pas eu détournement mais plutôt de procédures qui n’ont pas été respectées.

 

Pas convaincu par les explications de M. Kamoun, le Président du Conseil National de Transition a ordonné l’institution d’une commission d’enquête parlementaire pour tirer au clair cette affaire. Cependant Mahamat Kamoun, au cours de ses interventions, a douté de la sincérité sinon de l’objectivité d’une commission parlementaires d’enquête.

 

Le lundi 6 octobre 2014, le coordonnateur des antibalaka, Patrice Edouard Ngaïssona, avait lancé un ultimatum de 48 heures à la Cheffe de l’Etat de transition, pour qu’elle rende son tablier. Les points de griefs ont concerné le flou autour de la fin de la transition, pourtant officiellement fixé au 15 février 2015 ; le limogeage des leurs à des postes de responsabilités, comme par exemple les conseillers à la Présidence de la République et au cabinet du Ministre de la Défense nationale ; la commande d’un bataillon de soldats tchadiens devant assurer la sécurité de la Présidente ; et, une fois de plus, la gestion du don angolais.

 

Pour donner un poids à leur mouvement, les antibalaka ont paralysé la ville de Bangui. Les taxis, bus et taxi-moto n’ont pu circuler, de peur de se voir déposséder de leurs moyens roulants.

 

Ayant fait la lecture des revendications et des évènements, la Présidence de la République n’est pas passée par le dos de la cuillère pour dénoncer un coup d’Etat institutionnel, à travers un communiqué de presse rendu public le 14 octobre 2014. Les antibalaka ont donné 48 heures à la cheffe d’Etat, fut-elle le produit du Conseil National de Transition, de démissionner. Ensuite, pour paralyser la ville, « la ville de Bangui a été secouée par des tirs d’armes lourdes et légères ».

 

S’agissant du bilan, le communiqué de la Présidence de la République fait porter le chapeau des faits suivants aux antibalaka : la mort d’un officier du contingent pakistanais, la mort d’un élément du contingent burundais, les assassinats d’un gendarme et de plusieurs civils centrafricains.

 

La Présidence de la République estime qu’en neuf mois de gouvernance assumée dans des conditions périlleuses par la Cheffe de l’État de la Transition, « des mensonges savamment distillées sont accompagnés de larges distributions nocturnes de dizaines de millions par coupures de billets de banque à ceux qui érigent des barricades dans les rues de Bangui et qui les tiennent munis de grenades pour dissuader la population de circuler, paralyser le pays et ainsi déstabiliser la transition. Des armes lourdes et légères sont également distribuées au sein de la population, notamment aux jeunes, pour semer la terreur dans le pays et réclamer la démission de la Présidente de la Transition et celle du Premier ministre ».

 

Le Forum des Ambassadeurs africains en République Centrafricaine, représenté par Gaspard Mugaruka Bin-Mubibi, Ambassadeur de la République Démocratique du Congo, Président ; Gabriel Entcha-Ebia, Ambassadeur du Congo Brazzaville, Vice-président, et Nicolas Nzouyoum, Ambassadeur du Cameroun, secrétaire permanent, a condamné avec fermeté les commanditaires et auteurs des actes de violence perpétrés dans la ville de Bangui.

 

La crise dénuée, les antibalaka vomis par la population

 

A la suite de la rencontre entre la Cheffe de l’Etat et quelques leaders des antibalaka, la crise qui a momentanément mais sérieusement perduré, s’est atténué à partir de jeudi 16 octobre. La vie a repris à la suite de la colère de la population qui manifesté sa lassitude. La paralysie du pays a suscité des mouvements de grogne au sein de la population, qui en veut réellement aux antibalaka.

 

Du 6 au 15 octobre, soit près de dix jours durant, tous les « débrouillards », ou presque, sont devenus des piétons. Les femmes notamment parcouraient de longues distances chargées de légumes, de poissons frais, de manioc pour les acheminer vers les marchés. Les jeunes « chargeurs » de taxi ou ceux qui en lavent se sont mis à tirer le diable par la queue.

 

Les antibalaka se sont mis à briller par les pillages et les braquages à visage découvert. Comme si l’on avait déshabillé Saint Pierre (ex-Séléka) pour habiller Saint Paul (antibalaka). Et la dernière victime reste la population civile Centrafricaine. Or, à l’origine du mouvement, les vrais antibalaka avaient été acclamés par la population, parce qu’ils ont fait le contre-pied des exactions des rebelles de l’ex-coalition Séléka. Seulement, le mouvement a été infiltré par des désoeuvrés et des gens de toute nature. Il est donc évident que les actes qui sont imputables aux antibalaka soient observés.

 

Des heurts entre antibalaka et de jeunes protestataires ont été signalés à Ouango dans le 7ème Arrondissement, forçant de nombreuses personnes à réintégrer le site des déplacés internes de l’Evêché ; des militaires du 6ème Arrondissement se sont attaqués aux antibalaka qui ont érigé de nombreuses barrières sur les voies publiques ; à Gobongo dans le 4ème Arrondissement censé être leur fief, des antibalaka ont été contrés par de jeunes « débrouillards » très agacés.

 

Avec la reprise de la vie, des convois de plus d’une centaine de camions provenant du Cameroun et bloqués à Boali, une localité située à environ 90 kilomètres de Bangui, sont entrés dans la capitale vendredi 17 octobre 2014. Sans plus tarder, les familles se sont mises à s’approvisionner en produits de première nécessité, farine, huile, savon, sel et autres, dont les stocks étaient épuisés.

 

Comme une cerise sur le gâteau, l’armée longtemps restée en quarantaine a repris ses fonctions, à l’initiative de quelques militaires, corroborée par un communiqué de l’Etat major général des armées. De son côté, le Premier ministre, Mahamat Kamoun, a annoncé le paiement de deux mois de salaires dès le 25 octobre 2014. Sur ce point seulement, des fonctionnaires et agents de l’Etat se frottent déjà les mains.

Lu pour vous : Centrafrique la vie a repris à Bangui malgré les querelles autour du don angolais

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